Wanted : roman chapa

Autres informations / 29.01.2015

Wanted : roman chapa

WANTED : ROMAN CHAPA

L'histoire devient rocambolesque. Le jockey américain Roman Chapa avait été photographié avec un buzzer dans la main lors d'une course le samedi 17 janvier, sur l'hippodrome de Houston. Il est actuellement sous le coup d'un mandat d'arrêt pour félonie, et plus précisément pour "influence illégale sur les courses" (unlawful influence on racing).

Il encourt jusqu'à dix ans de prison.  Il y a cependant un problème : Roman Chapa a tout simplement disparu de la circulation. Personne ne sait où il est et son agent, Toby Cathey, serait injoignable. Tebben Lewis, porte-parole du bureau du sheriff de Harris County, a expliqué : " Il y a un mandat contre lui mais il n'est pas en garde-à-vue. Il n'est                pas         dans      notre    prison. J'ignore s'il est en fuite, ou autre chose. Je sais juste qu'il y a un mandat contre lui. "

Le TDN a relaté les différentes étapes de l'enquête. Une histoire digne de Dallas et son univers impitoyable.

Tout est parti d'une " mauvaise " photo...

Selon les papiers remplis par l'agent Jeffrey Green, du département de police de Houston, Roman Chapa aurait vu cette fameuse photo où il tient un objet dans sa main. Le lendemain de la course, il aurait alors contacté le photographe de l'hippodrome, Jack Coady, qui a pris le cliché. Selon l'influent blog Paulick Report, le jockey aurait envoyé un texto précisant qu'il souhaitait que cette photo soit supprimée du site de l'hippodrome parce qu'elle était " mauvaise ". Cela aurait mis la puce à l'oreille du photographe, qui n'avait tout d'abord rien remarqué et ne comprenait pas en quoi cette photographie pouvait être ratée ! En observant cette " mauvaise photo " et en effectuant des agrandissements, Jack Coady s'est aperçu que Roman Chapa tenait un objet dans sa main...

Roman Chapa se défend :

" C'est une machination ! "

Le lundi 19 janvier, Paulick Report a dévoilé la photo. Les responsables de la sécurité de Sam Houston Race Park se sont parallèlement emparés de l'affaire et ont examiné des copies de la  photo. Roman Chapa a d'ailleurs été finalement suspendu par les commissaires de l'hippodrome. Le jockey a été interrogé par l'agent Jeffrey Green chez les responsables de la sécurité de Sam Houston Race Park.

Le policier lui a montré le cliché. Sa défense a été simple : il s'agissait d'un piège. Selon le TDN, l'agent Green a noté : " J'ai montré à l'accusé la photographie le montrant tenant un objet dans sa main gauche. L'accusé a immédiatement déclaré qu'il s'agissait d'un montage Photoshop et que quelqu'un essayait de le piéger. " Il a ajouté qu'il n'avait rien dans la main, contrairement à ce que la photographie montrait. Cela semble fort peu crédible et le policier a donc décidé de poursuivre un peu plus son interrogatoire. Et la technologie a trahi Roman Chapa...

Le policier a ensuite précisé : " L'accusé m'a verbalement autorisé à regarder dans son téléphone portable et j'ai trouvé une copie de la photographie dans les fichiers récemment effacés. L'accusé n'a pas su me donner de réponse lorsque je lui ai demandé pourquoi cela se trouvait dans son téléphone. "

Cet interrogatoire est digne d'une série TV américaine sauf qu'à Hollywood, les personnes incriminées sont en général au courant que les fichiers supprimés restent dans les ordinateurs, téléphones et boîtes mails en attente d'une suppression définitive.

Que risque Roman Chapa ?

Deux enquêtes sont en cours. La première est celle de la Texas Racing Commission. Cette dernière a précisé qu'elle travaille indépendamment des autres accusations légales. Roman Chapa est déjà suspendu et a fait appel de cette suspension. Une audience sur le sujet doit avoir lieu le 9 février prochain. Rappelons que, dans le passé, le jockey avait déjà été surpris deux fois en course avec un appareil électrique caché dans sa main. Ce fait avait d'ailleurs été relaté dans la vidéo de la PETA contre Steve Asmussen, Roman Chapa étant l'un des jockeys de l'entraîneur. Le jockey avait été suspendu pour sept ans en 2007, avant d'obtenir une licence probatoire en 2011. En 1993, il avait été suspendu pour dix-neuf mois au Texas, pour avoir porté un objet électrique. Jamais deux sans trois...

Concernant l'enquête menée par l'État du Texas, Roman Chapa est accusé d'avoir commis une félonie du troisième degré [voir l'aplat sur les félonies concernant l'influence illégale sur les courses au Texas]. Si l'enquête prouve que Roman Chapa a bien utilisé un objet électrique en compétition, et il a des antécédents en la matière, le jockey encourt de deux à dix ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 dollars.

Roman Chapa n'en est pas à son premier fait de maltraitance

Selon Paulick Report, le jockey a déjà eu affaire à la justice dans le passé. Il aurait été emprisonné dix jours en 2002, après qu'un accord en justice lui ait permis de réduire des charges de cruauté envers les animaux en délit mineur. Il aurait aussi été arrêté en 2001 pour un incident décrit par la police de la manière suivante : " avoir torturé de façon consciente un animal, et plus précisément un chien, avec une sangle ".

LES FÉLONIES DANS LES COURSES DU TEXAS

Que signifie unlawful influence on racing dans les courses au Texas ? Le texte officiel de la Section 14.10 des divers délits de félonie dans les statuts civils du Texas précise : Une personne commet une offense si cette personne possède un objet prohibé ou une substance prohibée sur un hippodrome, dans une enceinte ou dans un centre d’entraînement. Une offense provenant de la sous-section (a) de cette section est un délit mineur, sauf si la personne possé- dant cet objet ou substance a l’intention d’influencer ou d’affecter l’issue d’une course de chevaux ou de lévriers d’une façon contraire à cet Acte ou à une règle de commission, auquel cas il s’agit d’une félonie passible de prison. Une personne commet une offense si, avec l’intention d’influencer l’issue d’une course de chevaux et de lé- vriers d’une façon contraire à cet Acte ou à une règle de commission, cette personne : utilise ou propose d’utiliser un objet interdit, ou utilise ou propose d’utiliser une substance prohibée Une offense de la sous-section (c) de cette section est une félonie du troisième degré.