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Jour de Galop

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Dean lavy, le bâtisseur

Autres informations / 27.02.2015

Dean lavy, le bâtisseur

Depuis quelques années, Al Shahania, l’entité de Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, a développé un volet pur-sang anglais. L’Américain Dean Lavy a été recruté il y a deux ans pour le gérer, travaillant main dans la main avec Bertrand Le Métayer, racing manager de la structure. Dean Lavy est basé au Qatar, et sous son impulsion, le haras a beaucoup évolué ces dernières années. Son nom est bien connu dans le secteur économique du pur-sang. C’est même l’une des figures de l’élevage aux États-Unis. « J’ai travaillé pendant vingt-six années pour Gainsborough, la structure américaine du cheikh Maktoum Al Maktoum, explique-t-il. Quand il est décédé, son frère, le cheikh Mohammed, a repris ses activités. Ce sont des personnes très fidèles, aussi, structure et personnel Gainsborough ont-il été conservés. Mais forcément, mon rôle et mes responsabilités ont évolué… C’était en 2000, je me suis dit qu’il était peut-être temps de changer. Pendant un moment, j’ai pensé que je pourrais travailler dans un autre domaine que les chevaux. Mais ils m’ont vite manqué, car sans eux, je devenais fou. Alors j’y suis retourné ! J’ai vu cette annonce pour ce poste, posé ma candidature, et mes références ont dû plaire au cheikh Mohammed… Je n’avais jamais travaillé dans le domaine des pur-sang arabes, mais les courses sont des courses, que ce soit de pur-sang anglais ou de pur-sang arabes ! Et surtout, le cheikh Mohammed est une personne avec laquelle il est très agréable de travailler. C’est un vrai amoureux des chevaux. Je m’estime très chanceux d’être à ce poste, il s'agit d'un challenge vraiment passionnant. » Dean Lavy a plusieurs missions. À Doha, il joue le rôle de super intendant du haras. « Je m’occupe de toutes les infrastructures, de nos approvisionnements… Nous avons construit de nouveaux barns, rénové nos pistes et notre piscine. En revanche, l’entraînement des chevaux n'est pas de mon ressort. C’est le rôle de Julian Smart. Toutefois, nous discutons beaucoup pour identifier ce qu'il est possible d'améliorer. » L’an dernier, en compagnie du cheikh Mohammed, Dean Lavy s'est rendu à Keeneland où sept yearlings ont été acquis pour Al Shahania. « Nous avons quelques chevaux à l’entraînement aux États-Unis, chez Michael Stidham et Graham Motion, parce que le cheikh Mohammed est un grand amoureux des États-Unis et du Breeders’ Cup. La victoire de Flotilla à Santa Anita l’a beaucoup marqué. Il est possible qu’à l’avenir, nous placions quelques poulinières sur place, pour les croiser avec les meilleurs étalons américains. » Dean Lavy est aussi très impliqué dans l’élevage qu'Al Shahania est en train de développer en Europe, depuis sa base normande des Cruchettes. « Nous avons une petite vingtaine de poulinières, ainsi que leur descendance. L’objectif du cheikh Mohammed est de faire naître ses futurs chevaux de course, de créer un élevage sur la durée, avec ses propres juments base. Une victoire avec un cheval que l’on a pensé de A à Z n’a pas la même saveur qu’avec un cheval que l’on a acheté. Et l’élevage est justement ma grande passion. »