L’avenir des courses francaises a l’automobile culb de france

Autres informations / 11.02.2015

L’avenir des courses francaises a l’automobile culb de france

Le 23 décembre 2014, le service de presse de France Galop avait envoyé aux journalistes le compte-rendu du dernier Comité de l’année. Ce texte se terminait par ces mots : « [Le calendrier 2015] s’est enrichi d’une réunion du Comité supplémentaire, le 11 février prochain – commune au Trot et au Galop – pour étudier la préconisation du groupe de travail sur le marketing commun des courses. » Ainsi, de manière discrète, France Galop annonçait un événement historique : pour la première fois, ce mercredi 11 février, le Comité des deux sociétés mères ainsi que les représentants des sociétés de courses membres du PMU vont tenir assemblée commune. Cette réunion du "Congrès" aura pour cadre le très sélect Automobile Club de France, installé sur la Place de la Concorde… et le mot "concorde" est bien choisi puisqu’il s’agit de faire travailler main dans la main les deux frères ennemis des courses françaises – trot et galop – sous le regard de leur bras armé le PMU. Le PMU est une machine de guerre commerciale, mais c’est aussi, on l’oublie trop souvent, un trait d’union historique entre le trot et le galop, un patrimoine en indivision, une génétique partagée sans laquelle – qui sait ? – trotteurs et galopeurs seraient peut-être restés deux cousins qui connaissent vaguement leur lien de parenté, mais ne se voient jamais, pas même à Noël.

POUR EN FINIR AVEC LES « JE T’AIME MOI NON PLUS »

Les initiatives communes sont rares, même si elles existent. Récemment, les deux sociétés mères se sont ainsi alliées pour mettre un point final à la Mission Augereau. Cette alliance a débouché sur la création d’un Comité stratégique dont on sait qu’il réunit régulièrement les présidents du Galop, du Trot, et du PMU. Le proverbe dit : « Rien ne renforce plus l’amitié qu’un ennemi commun. » Cette fois, cet ennemi commun est le désintérêt croissant de la société française pour les courses de chevaux.

Désintérêt dont les symptômes sont généralisés et effrayants, à la fois par leur simultanéité, et par leur ampleur : baisse de la fréquentation des hippodromes, de l’audience des médias hippiques destinés aux parieurs, du chiffre d’affaires du PMU et, last but not least, du taux d’initialisation au pari PMU. Il y a quelques années à peine, 15 % de nos compatriotes étaient censés jouer au moins une fois par an aux courses ; ce chiffre avoisinerait aujourd’hui 10 %. D’où l’idée, lancée en 2014, de réfléchir à un marketing commun des courses. Pour faire comme si tout le monde avait enfin compris que le galop et le trot n’étaient pas le football et le rugby, mais un seul et même sport ; pour faire comme si tout le monde avait intégré le fait que le pari hippique n’est pas l’ennemi du sport hippique, mais son meilleur allié, le jeu et la course étant consubstantiels ; pour faire comme si notre filière n’allait plus jamais pâtir des guerres pichrocolines alimentées par les comparaisons péjoratives ou mélioratives entre trot et galop : nombre de naissances de partants de courses et de réunions, capacité à courir ou non le jour, la nuit, sous la neige, la grêle, dans les flaques par +40 °C et par -25 °C, masses salariales ou conventions collectives respectives, coût relatif d’entretien du mâchefer et du gazon, foi dans les entrées payantes ou gratuites, efficacité des animations de type fête à Neuneu tropicale ou Garden-party à l’anglaise, etc.

Bref, tous ceux qui aiment les courses (et qui ont envie que le Schmilblick avance) sont en droit d’attendre beaucoup de la réunion du 11 février sous les ors de "L’Auto".

UN REMÈDE DE CHEVAL…

Ainsi, aujourd’hui, les cent-cinquante invités – un tiers Comité de France Galop, un tiers Comité du Trot, et un tiers société membre du PMU – seront là pour prendre connaissance de la « préconisation du groupe de travail sur le marketing commun des courses ». Groupe formé, nous l’imaginons (mais ce n’est pas garanti), des salariés en charge de la communication et du marketing au sein des différentes composantes de l’Institution. D’après nos informations, Jean- Christophe Giletta (FG) et Isabelle Coltier (LeTrot) devraient prendre la parole pour le compte des deux sociétés mères. Pierre Préaud (désormais Secrétaire général de la Fédération nationale des courses, après un long mandat à la Direction des sites de France Galop) parlera aussi. Et un responsable marketing du PMU fermera le ban. Ils diront, du moins le supposons- nous, ce qu’ils recommandent pour redorer le blason des courses dans la société française. Un remède de cheval, pour le moins, si l’on juge par le recul très significatif de notre sport/pari dans les habitudes de consommation des Français.