tim richardson, une carrière dans l’excellence

Autres informations / 09.02.2015

tim richardson, une carrière dans l’excellence

Entré au haras de Fresnay-le-Buffard en 1979, Tim Richardson en a été le directeur pendant trente-cinq ans. Il y a quelques semaines, il a pris sa retraite, mais reste très impliqué dans le monde de l’élevage, et Arqana a d’ailleurs souhaité le mettre à l’honneur en lui proposant de remettre l’un de ses Awards à l’entourage de Trêve, ce dimanche soir. Retour sur une vie consacrée à l’élevage… et qui continue de l’être !

Au moment où Tim Richardson prend ses fonctions au haras de Fresnay-le-Buffard, Stavros Niarchos vient d’acquérir le lieu où Marcel Boussac a fait naître tant de champions, car, victime de la crise du textile, ce dernier a dû son activité hippique. « Quand je suis arrivé à Fresnay, il y avait tout à faire, se souvient-il. Nous avons commencé avec trois juments, et la première année fut consacrée à rénover le haras. Nous avons alors acheté quelques pouliches, conseillés par François Boutin et Philip Payne-Gallwey. Roland de Chambure nous avait aussi confié une vingtaine de juments à nos débuts… »

« MES PLUS GRANDS SOUVENIRS ? COLLABORER AVEC DES PERSONNES REMARQUABLES »

L’élevage français de la famille Niarchos se met rapidement en place et les victoires ne se sont pas fait attendre. Tim Richardson a vu grandir dans les prés de Fresnay des champions comme Dream Well, Bago, Hernando, Sulamani, Six Perfections… Mais quand on lui demande ce qui l’a le plus marqué, ce n’est pas un nom de cheval qui lui vient en premier : « Mon plus grand souvenir, c’est d’avoir travaillé toutes ces années aux côtés de personnes remarquables. L’excellence était, sans jeu de mots, notre mètre étalon, et j’ai beaucoup appris en fréquentant les plus grands entraîneurs tels que François Boutin, François Mathet, ou Philip Payne-Gallwey. Ce dernier avait acquis Northern Trick en 1982, dont la petite-fille, Light Shift, allait gagner des années plus tard, en 2007, les Oaks d’Epsom. Ces personnalités marquent une vie, lorsqu’on a la chance de les croiser. »

 

« L’ÉLEVEUR, C’EST CELUI QUI PREND LES RISQUES… »

Tim Richardson se souvient aussi de l’arrivée au haras de l’étalon Nureyev : « Nous avions organisé une petite fête à cette occasion. Le cheval occupait l’un des boxes que Marcel Boussac avait aménagés pour les étalons, entièrement capitonnés ». Tim Richardson évoque aussi les champions élevés à Fresnay-le-Buffard. Il reste néanmoins discret, ce qui est caractéristique du personnage : «Nos chevaux ont gagné l’"Arc de Triomphe", le "Jockey Club", le "Diane", etc. Mais je ne me considère pas comme un éleveur. L’éleveur, c’est en réalité le propriétaire de la jument, celui qui va choisir l’étalon et qui prend les risques financiers.» Tim Richardson a aussi connu l’époque où le haras accueillait un nombre plus important d’étalons : « Nous avons eu parfois jusqu’à cinq étalons en même temps. Un nombre important de juments arrivait au haras pour la saison de monte. Par ailleurs, parmi nos nombreux gagnants de Gr1, une partie a été débourrée au haras, dont Miesque. » Le monde a beaucoup changé au cours des trente dernières années. Quand on lui demande ce qui, selon lui, a le plus connu de modifications, il explique : « Aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile de trouver des pedigrees de grandes souches dans les ventes publiques. Le marché est très dispersé et les plus beaux pedigrees sont vraiment rares… Je dirais aussi que les étalons sont beaucoup moins syndiqués qu’avant. Ils appartiennent dans leur grande majorité à un seul propriétaire, et c’est donc plus compliqué pour les éleveurs.»

UNE FORTE IMPLICATION AU SEIN DU SYNDICAT DES ÉLEVEURS

Tim Richardson a également oeuvré avec le Syndicat des éleveurs, et il continue de le faire. « Charles-Henri de Moussac m’avait demandé de le rejoindre lors de sa première présidence. À cette époque, il souhaitait améliorer les relations entre la France, la Grande-Bretagne et l’Irlande, et j’avais le profil pour créer un pont entre les pays. Cela n’a pas mal fonctionné… Ensuite, je me suis intéressé aux dossiers sanitaires. C’est sur la partie technique des dossiers que je pouvais apporter ma contribution. L’une des grandes avancées a été quand le stud-book français a pris en main le suivi sanitaire des étalons et des juments. Puis nous sommes entrés dans le Respe, un réseau créé par l’Association des vétérinaires. Nous avons essayé de travailler pour que les maladies infectieuses qui touchent les élevages ou les centres d’entraînement ne restent pas cachées. Nous pensions en effet que c’est en les déclarant que nous pouvions mieux les anticiper et les circonscrire. » Tim Richardson souhaite poursuivre son travail au sein du Syndicat, même si, comme il le rappelle : « Nous sommes dans une année d’élections, et il faudra donc que l’on veuille de moi ! Mais si c’est le cas, j’aimerais bien m’occuper du dossier européen. »

RESTER ACTIF

L’envie de rester sur le terrain est toujours bien présente. C’est pourquoi Tim Richardson a eu l’idée de créer une agence de consultant, Equine Advisory Agency : « J’ai la chance d’avoir rencontré beaucoup de monde, de connaître beaucoup de haras remarquables. J’ai pensé que les étrangers qui souhaitaient installer des juments en France pouvaient avoir besoin d’un relais sur place, où à la fois le français et l’anglais étaient parlés. Ma vocation première n’est pas d’être courtier. Mais je peux apporter un conseil, dans le choix d’un haras, dans les formalités administratives ou sanitaires, assurer le suivi de la production des juments en me rendant sur place… Je ne compte pas faire cela à grande échelle, mais si la demande est là, pourquoi ne pas essayer ? »