Jean-christian raymond, de decize à cheltenham

Autres informations / 19.03.2015

Jean-christian raymond, de decize à cheltenham

Jean-Christian Raymond est un éleveur aux multiples casquettes. En effet, à trois kilomètres de Decize, il possède un élevage de charolais parmi les plus reconnus au niveau mondial. Mais il a aussi six poulinières pur-sang. C’est lui l’éleveur de Juntico (Robin des Champs), vainqueur du Prix Juigné (Gr3) 2009, mais aussi d’un certain Qualando (Lando), lauréat du Fred Winter Juvenile Handicap Hurdle (Gr3), l’un des très gros handicaps pour les 4ans en Angleterre. Focus sur cet éleveur passionné et reconnaissant.

UN PREMIER SUCCES A CHELTENHAM

Jean-Christian Raymond n’a pas été à Cheltenham en personne, la semaine dernière, mais il n’a pas raté une miette du Festival sur Equidia Life. Il a ainsi pu suivre la victoire de son élève Qualando dans le Gr3 anglais. « Vraiment, Equidia a été à la hauteur, nous avons pu voir les gagnants du poteau jusqu’au rond... C’était très bien », nous a-t-il confié.

Tombé pour ses débuts dans le Prix Grandak à Auteuil, alors qu’il pouvait lutter pour les premières places, Qualando s’est placé par deux fois ensuite, toujours sur la butte Mortemart. Puis il a été vendu à Seamus Murphy. Après une deuxième place à Exeter, il a gagné sur ce même hippodrome, avant de remporter le "Fred Winter" dans un très bon style, mercredi dernier. « J’étais assez ému après ce succès... Il s’agit de ma première victoire à Cheltenham en tant qu’éleveur. Cela fait quelque chose. Cela remet du baume au cœur. Il l’a fait à la mode, il a vraiment bien gagné. Cela donne envie d’y aller une autre année. » Si ce n’est Jean-Christian Raymond allant voir Qualando, c’est peut-être le fils de Lando qui ira retrouver son éleveur puisqu’il pourrait courir le Prix Alain du Breil (Gr1) à Auteuil.

« MON PROFESSEUR, C’EST NICOLAS DE LAGENESTE ! »

Jean-Christian Raymond travaille en concertation avec Nicolas de Lageneste et c’est d’ailleurs à ce dernier qu’il a acheté Qualité Contrôlée (Poliglote) aux ventes d’élevage 2010, pour 14.000 euros. Qualité Contrôlée est devenue ensuite la mère de Qualando. « Lorsque, néophyte, je suis allé à Deauville, je ne pensais pas acheter. Mais j’en ai parlé avec David Powell, qui me conseille également. Il m’avait recommandé Qualité Contrôlée. Pour mes croisements, je me fie aux résultats des courses, aux croisements qui marchent. Je suis aussi conseillé par Nicolas, David ou encore Pascal Deshayes, qui est également quelqu’un de sérieux, qui élève dans l’est. Pour revenir à "Qualité", elle est bientôt à terme de Kapgarde. Cette année, elle ira finalement à Saint des Saints. Je ne voulais pas remettre trop de Pistolet Bleu car c’est une jument tendue. Après Qualando, elle a donné Qui Ira Loin, un hongre par Laveron, qui est chez Emmanuel Clayeux pour monsieur Papot. Je l’ai appelé Qui Ira Loin car j’essaye toujours de donner aux chevaux un nom commençant par la première lettre du nom de la mère. En 2013, elle a produit un mâle de voix du Nord, Cap du Nord, et l’an dernier, elle a eu un autre mâle, Quoi de Neuf, par Anzillero. C’est Seamus Murphy qui l’a acheté pour monsieur Connors. Elle a eu cinq produits et ce sont cinq mâles. Son dernier produit était déjà vendu trente-six heures après sa naissance.

Celui de Kapgarde, cela fait six mois qu’il est retenu. » Jean-Christian Raymond nous a indiqué qu’il comptait aussi procéder par foal sharing avec Nicolas de Lageneste pour les prochains produits de Qualité Contrôlée : « Mon professeur, c’est Nicolas de Lageneste ! C'est quelqu’un de très bien, il est sérieux, discret et ne pense pas qu’à lui. Dans notre région, c’est une sacrée locomotive. Et dans le monde du cheval, tout le monde n’est pas comme lui. »

COMMENT ETAIT LE JEUNE QUALANDO ?

Quand on l’interroge sur le comportement de Qualando lorsqu’il était jeune, Jean-Christian Raymond vous répond du tac au tac : « C’était un beau poulain, fier et bien fait, même s’il n’était pas très épais. Sa mère est une plus petite jument, mais elle a du bec, elle est racée. »

ELEVEUR DEPUIS TRES LONGTEMPS

Jean-Christian Raymond a commencé l’élevage il y a plusieurs dizaine d’années. « Mon voisin de l’époque était Luc Cacquevel, qui était également entraîneur. Un jour, j’ai été le voir, nous avons discuté et il m’a dit que nous irions tous les deux aux ventes à Deauville.

J’avais alors acheté ma première jument là-bas. Je m’étais aussi inscrit au Syndicat des éleveurs de pur-sang. J’avais gagné une saillie de Matahawk et le produit a couru, monté par Marc Pimbonnet... À cette époque, j’étais conseillé par Jean-Marie Mercier et Maurice Rohaut, qui me connaissaient par le biais du charolais. Je suis longtemps resté avec une ou deux juments. Ensuite, j’en ai eu trois, puis quatre et ainsi de suite... J’avais aussi acheté Junta à Bernard Barthe. Junta est ensuite devenue la mère de Juntico. J’ai acquis plusieurs poulinières à Bernard Barthe et je continue maintenant l’élevage avec trois sœurs de Juntico notamment. »