La filière hippique, les élus locaux et les riverains affichent leur unité pour la sauvegarde de saint-cloud

Autres informations / 15.03.2015

La filière hippique, les élus locaux et les riverains affichent leur unité pour la sauvegarde de saint-cloud

LA FILIÈRE HIPPIQUE, LES ÉLUS LOCAUX ET LES RIVERAINS AFFICHENT LEUR UNITÉ POUR LA SAUVEGARDE DE SAINT-CLOUD

Dimanche 14 février, Bertrand Bélinguier, le président de France Galop, et les maires des communes de Saint-Cloud, Suresnes, Rueil-Malmaison et Garches se sont exprimés à l'occasion d'une conférence de presse. Des associations sportives et les riverains se sont déplacés pour afficher leur soutien. Le Syndicat national des Propriétaires de Chevaux de courses au galop, les PP et le Club des Gentlemen-Riders et des Cavalières de France étaient également présents. Nous vous proposons un extrait des interventions des différents élus qui se sont succédé au micro, dans l'ordre des prises de parole.

ÉRIC BERDOATI

" POURQUOI DÉNATURER UN SITE AUX NOMBREUSES VERTUS ALORS QUE D'AUTRES POSSIBILITÉS EXISTENT ? "

Après l'ouverture de la conférence de presse par Bertrand Bélinguier, Éric Berdoati, le maire de Saint-Cloud, a pris la parole : " C'est une actualité en deux temps. Au mois d'octobre 2014, la presse s'est fait l'écho d'un projet de construction sur l'hippodrome. Le préfet de région et le préfet des Hauts-de-Seine nous avaient contactés en disant que ce projet n'était pas d'actualité.

Fort de ces réponses, il ne m'était pas apparu nécessaire de lancer une mobilisation. Le 17 février 2015, les services du ministère du Logement ont réactualisé leurs données et ont produit un certain nombre de documents dont l'objet est la résorption de la crise du logement. L'un d'entre eux prévoit la construction de 6.000 logements sur l'hippodrome de Saint-Cloud. Il m'a alors semblé nécessaire, avec mes collègues des villes voisines, de lancer une mobilisation. La pétition que nous avons mise en place rassemble déjà plus de 3.700 signatures. Nous n'avons aucune nouvelle de l'État. Le site de l'hippodrome de Saint-Cloud est classé depuis 1998 dans son intégralité. Sept de ses bâtiments sont inscrits à l'inventaire. Il jouit donc d'une double protection. L'hippodrome est administrativement rattaché à la commune de Saint-Cloud et dans le plan local d'urbanisme ce site est aussi à protéger. J'observe que la fiche du Ministère veut remettre en cause cela pour réaliser ce projet par le biais d'une Opération d'intérêt national qui permet de s'affranchir du plan d'urbanisme. Nous sommes mobilisés contre cela. Et ce d'autant plus que l'État dispose d'un site sur la commune, la caserne Sully, près du pont de Saint-Cloud, où il y a la possibilité de construire ou de rénover sans exproprier. Cet espace appartient à l'État et il est vacant depuis plus de huit ans. Le problème n'est donc pas de savoir s'il y a besoin de logements sur Saint-Cloud, il est de savoir pourquoi on va dénaturer un site magnifique aux nombreuses vertus alors que d'autres possibilités existent. L'identité de la commune s'est bâtie autour du domaine national de Saint-Cloud et de l'hippodrome. "

PATRICK OLLIER

" C'EST LE COMBLE DE LA TECHNOCRATIE. "

Patrick Ollier s'est exprimé en tant que  maire  de  Rueil-Malmaison  :

" Ce qu'a fait le gouvernement est inacceptable sur le plan du principe et de la méthode. Une Opération d'intérêt national doit se faire dans la concertation, en consultant les personnes directement concernées. On ne le fait pas en catimini, en sortant une fiche des ordinateurs de l'État. Les quatre maires ici présents et le président de France Galop l'ont appris à la suite de la sortie de la fameuse fiche. Nous n'avons même pas eu un coup de téléphone. Par ailleurs, vous avez devant vous des municipalités vertueuses, car nous sommes dans les clous au niveau des logements sociaux. Nous n'avons pas de leçons à recevoir sur ce point. Certaines communes ont même de l'avance sur ce qui est requis. Nous sommes signataires du contrat de développement territorial qui cadre la construction des logements sociaux. Les communes ici présentes ont donc accepté d'accélérer la cadence des constructions. Il y a d'ailleurs un projet d'écoquartier avec deux mille logements à huit cents mètres d'ici. Encore une fois, nous avons accepté. Dans ce contexte, le projet de construction sur l'hippodrome est farfelu. Les personnes qui ont lancé cela ne regardent pas ce qui se passe autour, elles ne s'occupent pas du reste, ni des courses hippiques, ni des efforts des municipalités, ni du cadre de vie des populations... La population doit pouvoir profiter de ce poumon vert autour duquel les municipalités investissent depuis longtemps dans cet objectif. Il y a donc de l'indécence dans la méthode. Monsieur Berdoati expliquait que l'hippodrome est deux fois classé. Je pense que l'on peut ajouter qu'il l'est trois fois. Il fait en effet partie d'un parc naturel urbain des Hauts-de-Seine. Nous avions fait cela pour protéger ces espaces. Nous mettrons toute notre force et notre détermination pour défendre cela. Nous allons donc mettre en place un comité d'action et un programme pour agir. Le gouvernement aura fort à faire s'il veut passer en force. Notre comité d'action se mettra en marche d'ici quelques jours, dès que les élections seront terminées. L'État n'est pas venu nous voir. C'est donc nous qui allons voir le Gouvernement. Les élus locaux ne se laisseront pas écraser. Ils ont lancé ce projet sans regarder la courbe de niveau, en se basant sur la proximité de la gare de métro de Suresnes. Or, cette dernière est de l'autre côté du mont Valérien. Il faut donc que les gens franchissent le mont pour venir ici. C'est le comble de la technocratie... ils ont oublié que sur un plan il y a des courbes de niveau. "

 

CHRISTIAN DUPUY

" IL FAUT QUE NOUS RÉAGISSIONS AVEC LA PLUS GRANDE ÉNERGIE CONTRE CE PASSAGE EN FORCE. "

Christian Dupuy, maire de Suresnes, fut le troisième élu à intervenir :

" On nous a déjà fait avaler une densification excessive. Rueil et Suresnes sont la partie la plus dense du département des Hauts-de-Seine. Croyez-le ou non, mais c'est dans cette partie-là que le Gouvernement veut que l'on construise le plus. On nous affecte des exigences de construction qui représentent près du double de ce qui est imposé au reste du département. Nous ne sommes donc pas des maires qui sont contre le logement, et ce d'autant plus que nous sommes dans les clous. À proximité de l'hippodrome, il y a la cité des Jardins de Suresnes, un bel ensemble qui est inscrit au répertoire des sites pittoresques protégés par le ministère de la Culture. Il compte 3.000 logements sociaux. Au bord de l'hippodrome, de nombreux locataires à revenus modestes ont investi pour acheter leur logement. On va donc, par la force, imposer un bétonnage, déprécier ces biens acquis par des foyers modestes, ajouter de la misère à la misère... Nous assistons à un épisode de recentralisation massif. Le Gouvernement, qui réussit tellement de choses en ce moment, veut donc se substituer aux communes et aux élus locaux dans l'exercice de leurs compétences. On croit rêver. Il faut que nous réagissions avec la plus grande énergie contre ce passage en force. Qui va payer pour créer les écoles, les crèches et les infrastructures autour de ces logements ? Les communes sont étranglées. "

JACQUES GAUTIER

" NOUS SOMMES EN TRAIN DE PERDRE NOTRE QUALITÉ DE VIE. "

Jacques Gautier, maire de Garches, fut le dernier élu local à prendre la parole :  "  Ce  projet  représente

10.000 véhicules de plus aux heures de pointe et sans aucun plan de transport urbain pour répondre à ce problème. L'État devrait avoir une vraie réflexion d'ensemble, un projet d'aménagement du territoire. Il faut inciter les entreprises à s'installer à une heure de Paris pour faire

vivre des villes comme Compiègne ou Orléans. Nous sommes en train de perdre notre qualité de vie. Le site de l'hippodrome ne permet pas de faire du logement. Nos communes sont de bons élèves en termes de logements sociaux. De plus, une Opération d'intérêt national nécessite d'être un projet d'intérêt national. 6.000 logements à l'échelle de la France, ce n'est pas un projet d'intérêt national. Cela relève de la tricherie. Pendant ce temps, le projet du Grand Paris s'enfonce dans un imbroglio administratif. Ce n'est pas la peine d'en rajouter une couche, à moins de vouloir couler le navire. Nous ne souhaitons pas politiser le débat. Deux des élus ici présents sont candidats, et seront sans doute réélus dimanche prochain aux élections départementales. Nous attendons donc la fin des élections, le 29 mars au soir, pour lancer notre action. Il faut saluer ces deux candidats qui auraient pu vouloir tirer profit de ce combat. "

BERTRAND BELINGUIER

" L'ENSEMBLE DES PROFESSIONNELS ET DES COLLABORATEURS DE FRANCE GALOP SONT ATTACHÉS À L'HIPPODROME DE SAINT-CLOUD. "

Bertrand Bélinguier, le président de France Galop, a clôturé les interventions des élus locaux par ces mots :

" L'hippodrome de Saint-Cloud est essentiel à notre activité. Il est de renommée mondiale. Tout le monde connaît le Grand Prix de Saint-Cloud. De très grands champions ont couru sur cette piste. Cette épreuve concourt à la sélection du pur-sang. La piste est ici de grande qualité, en particulier grâce aux soins de tous ceux qui travaillent ici au quotidien. C'est pour cela que vous avez

40.000 spectateurs, 2.000 chevaux et 300 millions de paris qui passent par cet hippodrome chaque année. À côté de tous ceux qui travaillent au quotidien ici, l'hippodrome accueille de nombreuses autres activités, comme le golf, le tennis, le country club, les ventes Arqana, un restaurant, le club des gentlemen-riders... cent personnes travaillent en bonne intelligence ici chaque jour. C'est donc un ensemble qui a toute sa cohérence. Notre pays est reconnu pour la qualité de son élevage, qui s'exporte dans le monde entier. L'activité des courses est un pôle d'excellence reconnu dans le monde entier. Cela représente 70.000 emplois directs selon le ministère de l'Agriculture. Il y a quinze ans, la filière hippique ne représentait que 52.000 emplois. Notre filière est créatrice d'emplois. Il serait dramatique qu'un tel pôle d'excellence disparaisse. Je parle au nom de l'ensemble des professionnels des courses et des collaborateurs de France Galop qui sont tous attachés à l'hippodrome de Saint-Cloud. "