Le gouvernement veut rayer de la carte l'hippodrome de saint-cloud

Autres informations / 12.03.2015

Le gouvernement veut rayer de la carte l'hippodrome de saint-cloud

LE GOUVERNEMENT VEUT RAYER DE LA CARTE L'HIPPODROME DE SAINT-CLOUD

Depuis quelques jours, l'hippodrome de Saint-Cloud est menacé par un projet qui vise à construire des logements sociaux. Ce projet cumule les passe-droits. La filière hippique et ses élus n'ont pas encore réagi.

L'hippodrome de Saint-Cloud est-il menacé ?

La réponse est clairement oui. Il pourrait fermer ses portes d'ici 2020, et dans ce cas, 6.000 logements à vocation sociale y seraient construits. Alors même que le site est la propriété de France Galop, le risque d'expropriation est réel. En effet, ce projet entre dans le cadre d'une opération d'intérêt national (O.I.N.). Par la magie de ce procédé aux relents staliniens, l'État s'affranchit des règles de droit. Sur recommandation de l'Agence foncière et technique de la région parisienne, alias Grand Paris Aménagement, ce projet balaye d'un revers de la main l'ensemble des vertus du site. L'inscription au Répertoire des Monuments historiques paraît à ce jour le principal obstacle au projet de bétonnisation.

En quoi consiste ce projet ?

Sur l'extrait du plan de mobilisation pour le logement publié sur le blog de Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Grand Paris Aménagement annonce fièrement vouloir : " Ouvrir l'hippodrome, espace vert majeur peu utilisé et très qualitatif des Hauts-de-Seine, sur son territoire et au grand public. Introduire de la mixité au sein d'un territoire très bien desservi. Engager les discussions avec France Galop pour mettre en place un plan de regroupement des activités des hippodromes de l'ouest parisien. Permettre la mise en compatibilité des documents d'urbanisme pour réaliser le projet, et obtenir l'accord des

Monuments historiques. "

Si nos lecteurs s'y retrouvent dans ce jargon socialo-technocratique, qu'ils nous envoient leur traduction par email. Le meilleur texte gagne un panier garni...

Plus sérieusement, en passant au décodeur ces quelques phrases issues d'un langage détestablement bureaucratique, nous avons malgré tout réussi à extraire quelques grandes lignes. En français (honnête) dans le texte, cela fait froid dans le dos :

l'activité hippique a permis de sauver, depuis un siècle, un rare espace vert dont les vertus vont bien au-delà des courses. C'est un espace de respiration au cœur d'une région saturée en construction... et le gouvernement se propose de le bétonner. Allo, les écolos ?

Le projet densifie encore un peu plus la région parisienne et propose la création d'un ghetto de 6.000 logements sociaux en prolongation de la cité des Jardin à Suresnes :

le gouvernement bafoue la propriété de France Galop et suggère à mots à peine couverts le rassemblement des différents hippodromes parisiens en un seul site ;

le projet propose de remettre en cause la dimension historique du site.

Voilà qui fait beaucoup pour un seul projet !

Chronologie d'une mise à mort

Dans quel ordre ces événements sont-ils apparus sur la scène publique ?

Le site de la Direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement d'Île-de-France a publié le 25 février : " Le 24 février matin, Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité (MLETR), et Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional, ont installé le premier Comité ministériel de pilotage du plan de mobilisation pour le logement en Île-de-France. À cette occasion, la ministre a annoncé la mise en place des premiers ateliers du "Grand Paris du Logement" à compter du mois d'avril. Grâce à une concertation et un travail partenarial avec les élus, ces ateliers devraient permettre l'identification de sites prioritaires qui feront l'objet d'une attention particulière de l'État et de ses opérateurs d'aménagement. Cette mobilisation accélère ou débloque les projets les plus stratégiques, notamment près des gares du Grand Paris Express, pour construire plus de logements. "

Le 5 mars, Patrick Devedjian révèle les menaces qui pèsent sur l'hippodrome de Saint-Cloud.

On peut lire son texte en cliquant sur ce lien interactif :  http://www.patrickdevedjian.fr/le-projet-de-letat-sur lhippodrome-de-saint-cloud/726

Le weekend du 7 mars, la presse régionale, nationale et hippique se fait l'écho du projet.

Le début des travaux est envisagé pour 2020, avec 500 logements réalisés en année 1.

Fin 2030 : fin des travaux pour atteindre 6.000 logements.

Les courses hippiques une fois de plus malmenées

L'État n'a rien fait pour défendre la filière hippique, tant au niveau de la T.V.A. que de l'ouverture des jeux à la concurrence, du projet de mégadécharge à Nonant-le-Pin ou du plafonnement du paiements de gains en liquide aux joueurs...

À présent, Sylvia Pinel, au mépris de tout ce que la filière hippique apporte à l'État et aux Français, propose donc de rayer de la carte plusieurs hippodromes parisiens. Cette élue fait sans doute partie de ce que la politique est capable de produire de pire, adepte du changement pour le changement et ignorant ce que signifient les mots "bon sens". Le genre de ministre auquel Pompidou aurait répondu, alors que le scribouillard lui présentait un projet de loi : " Mais foutez donc la paix aux Français et laissez les travailler ! ".

Ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, elle a ainsi failli réussir à tuer le statut d'autoentrepreneur en France... avant que le Sénat, fort heureusement, ne mette un terme à son action néfaste.

Bref, pour en revenir au sujet, France Galop a chaque jour plus de pain sur la planche en termes de lobbying.

Les citoyens et le maire de Saint-Cloud montent au créneau

Éric Berdoati, maire de Saint-Cloud, organise une conférence de presse le samedi 14 mars à 15 heures sur l'hippodrome de Saint-Cloud. Elle rassemblera les maires des communes de Saint-Cloud, Rueil-Malmaison, Garches et Suresnes. Une pétition est disponible sur le net :  http://www.mesopinions.com/petition/politique/preservo ns-hippodrome-saint-cloud-construction-imposee/13926