Loïc malivet présente le bilan de son équipe et annonce qu’il sera candidat à sa succession

Autres informations / 23.03.2015

Loïc malivet présente le bilan de son équipe et annonce qu’il sera candidat à sa succession

Le Syndicat des éleveurs tenait son Assemblée générale annuelle ce dimanche à Auteuil. Pendant deux heures, Loïc Malivet et son équipe ont détaillé leur bilan. Et ce bilan de quatre ans d’action à la tête du syndicat est très dense.

Loïc Malivet a aussi annoncé qu’il briguerait un second et dernier mandat de président des éleveurs.

2011-2015 : UN BILAN

Loïc Malivet a rappelé les piliers du projet électoral qui l’avait vu élire : assainir les comptes du syndicat, défendre la dimension agricole du métier d’éleveur et peser plus à France Galop. « Ces piliers ont été mis en œuvre, et ont porté les fruits, ce qui est un motif de satisfaction. » D’une part, le nouveau comité pourra entamer sa mandature sur des bases financières saines. D’autre part, la dimension agricole a été consolidée, même si les règles fiscales n’ont pas été aussi favorables aux éleveurs que cela était espéré. Enfin, avec cinq élus au comité de France Galop, l’influence du syndicat auprès des instances dirigeantes a été renforcée. Concernant l’épineux dossier de la T.V.A., Loïc Malivet a rappelé le combat difficile mené par le syndicat pour que le taux réduit soit appliqué à la plus grande assiette possible des activités agricoles.

Il l’est pour l’étalonnage, les pensions de poulinières jusqu’au sevrage du foal. Loïc Malivet a annoncé qu’avec l’aide de Patrice Renaudin, un dossier sera présenté au gouvernement pour que ce taux ré- duit soit applicable jusqu’à la mise à l’entraînement du poulain (ce qui inclurait donc la vente des yearlings). Loïc Malivet souhaitait trouver plus de débouchés pour la production des éleveurs. Dans cette optique, le syndicat a soutenu l’implantation d’Osarus, qui a aussi stimulé Arqana, par le jeu de la concurrence. Le nombre des yearlings passés sur un ring de vente, et surtout le pourcentage de vendus, atteste que les débouchés se sont diversifiés. Il a aussi souligné l’amélioration du parc étalon français. Le mérite en revient à quelques propriétaires qui ont rentré au haras des chevaux de classe, et les ont soutenus avec une jumenterie de qualité. Le syndicat a également un rôle à tenir au niveau international. « Depuis deux ans, c’est sans doute cet aspect de rayonnement à l’international qui a le plus progressé. Rappelons aussi que la France a pris la présidence de l’Association européenne des éleveurs (Eftba) en mai 2014. Nous nous déplaçons beaucoup à l’étranger pour faire entendre notre voix, et nous exerçons aussi un lobbying important à Bruxelles. » Cette mandature a également vu le développement de l’Association des jeunes éleveurs, qui a notamment organisé la première Journée des jeunes éleveurs européens en août 2013, à Deauville. Enfin, le syndicat apporte un conseil juridique et fiscal de pointe à ses adhérents. En conclusion, Loïc Malivet a concédé que toutes les actions du syndicat n’étaient pas assez connues, en raison d’un défaut de communication. Des efforts seront à faire dans ce sens, et la création d’une Commission communication au sein du syndicat serait souhaitable. un travail de fond sur des enjeux capitaux auprès des parlementaires européens Camille Vercken, la directrice du syndicat, a mis l’accent sur deux dossiers qui illustrent au mieux, selon elle, le travail de fond réalisé par le syndicat. Les deux sont défendus à Bruxelles. Le premier concerne le règlement zootechnique. Bruxelles envisage en effet une harmonisation des conditions de reproduction entre les espèces : poules pondeuses, bovins, porcins, chevaux… tous seraient alors à la même enseigne ! Le danger, c’est que des techniques comme l’insémination artificielle, le transfert d’embryons ou même le clonage soient autorisé chez le pur-sang en Europe, puisqu’elles existent par exemple chez les poulets. Cela mettrait les pur-sang européens au ban des règlements internationaux du stud-book… et les excluraient de fait des compétitions internationales, ainsi que des échanges commerciaux qui les accompagnent. Le second dossier, surnommé la "case à cocher", concerne le statut du cheval comme animal de rente. Un règlement européen permet d’exclure à la naissance un équidé de la consommation humaine. Or le cheval doit être intégré dans le cycle de la consommation si l’on veut qu’il reste un animal de rente, avec tous les bénéfices que cela comporte. Donc, paradoxalement, les amoureux du cheval de course ont tout intérêt à déclarer leurs chers équidés propres à la consommation.

LES TRENTE ÉLUS AU COMITÉ DU SYNDICAT DES ÉLEVEURS Voici la liste des trente élus au Comité du Syndicat des éleveurs. Le dépouillement des votes a eu lieu ce dimanche, en marge de l’Assemblée générale ; 735 adhérents ont voté, soit un taux de participation élevé pour ce genre d’élections (39 % du corps électoral). Roger-Yves Simon (588 voix), Nicolas de Lageneste (585), Alain Régnier (577), Christiane Head-Maarek (564), Antoine de Talhouët-Roy (563), Jean-Hugues de Chevigny (561), Mathieu Daguzan-Garros (552), Pascal Noue (552), Edwige Le Métayer (551), Pierric Rouxel (546), Aliette Forien (536), Alain Chopard (535), Tim Richardson (532), Daniel Cherdo (529), Jean Biraben (523), Antonia Devin (521), Céline Sirven-Gualde (488), Jean-Pierre Deroubaix (486), Hubert Honoré (483), Jean-Louis Lucas (481), Patrick Davezac (479), Thierry Dalla Longa (458), Julian Ince (451), Louis Lafitte (443), Mathieu Lalanne (438), Adrien Rambaud (435), Thierry Grandsir (433), Pierre Julienne (429), Patrick Barbe (413) et Jean-Pierre Colombu (394). [Henry Roussignhol a obtenu 422 voix mais, étant devenu membre de droit du fait de sa toute nouvelle présidence des Éleveurs du Centre-Est, il a cédé son siège au 31e au nombre de voix, à savoir Jean-Pierre Colombu.] N’ont pas été élus : Jean de Cheffontaines (393), Geneviève Neveux (386), Louis Duquesne (369), Christophe Jouandou (340), Marie Nyk (326), René-Marc Giraud (323), Jacques Beres (322), Jocelyne de Montaigu (305), Hubert Harivel (242), Patrick Burel (236), Bernard Ferrand (193) et Rémi Amoros (135).?

LE RAPPORT DES COMMISSIONS Primes, sanitaire, technique, étalons etc. : chaque responsable de Commission est monté à la tribune pour présenter le travail effectué au cours des quatre dernières années. Patrice Renaudin (ex-directeur et désormais consultant du syndicat) a souhaité évoquer deux sujets, l’un fiscal, l’autre juridique. Le premier touche la T.V.A. En novembre dernier, le cheval a été reconnu comme un bien agricole, grâce aux actions du Copa-Cogeca, le syndicat agricole européen. « Nous allons essayer de rebondir là-dessus », a-t-il expliqué. Le but est de jouer sur la dimension agricole pour obtenir à nouveau une T.V.A. réduite. L’autre combat à mener, auprès du gouvernement français celui-là, est de prolonger la période d’élevage jusqu’à la mise à l’entraînement du poulain, ce qui permettrait une application du taux réduit jusqu’aux yearlings. Le second concerne le statut du cheval, récemment reconnu comme un être sensible au pénal et au civil. « Il faut faire très attention à ces mouvements en faveur du droit des animaux, mais nous devons aussi mener une réflexion sur le bien-être des chevaux, et être le plus transparent possible. Pourquoi ne pas créer une journée de l’élevage et des courses pour sensibiliser le public et leur montrer que nous traitons au mieux nos animaux ? » Hubert Honoré, vice-président du syndicat, responsable de ses relations internationales et de la commission élevage, a insisté sur le travail de fond du syndicat auprès de Bruxelles. Il a rappelé que la France avait pris la tête de l’Eftba. L’association européenne est en train de choisir un nouveau cabinet de lobbying pour mieux faire entendre sa voix. Tim Richardson, en charge de la commission sanitaire, a appelé au respect des conditions sanitaires de la monte. Il a aussi évoqué la décision de la B.H.A. d’exclure de la compétition pendant quatorze mois tout cheval ayant reçu des stéroïdes, à n’importe quel stade de sa vie. Cela poste des problèmes pour des chevaux achetés foals ou yearlings dans des pays où ces substances sont autorisées, comme les États-Unis. Pierre Julienne, responsable de la commission technique, a mis l’accent sur la dimension agricole du cheval. Il y a quelques décennies, le cheval était écarté de l’activité agricole. Il a été reconnu comme une activité agricole à part entière en 2003, mais il s’agit d’une position fragile qu’il faut consolider. Pascal Noue, responsable de la commission étalonniers, et Anthony Baudouin, responsable de la commission jeunes éleveurs, étant retenus par leurs activités professionnelles, c’est Camille Vercken qui a pris la parole pour eux. La commission étalonniers a notamment obtenu le maintien du droit de rétention des certificats de saillie par les étalonniers, qui est quasiment leur seul moyen de pression si un client indélicat tarde à payer sa saillie. Un booklet, c’est-à-dire une version abrégée du répertoire des étalons, a été publié et distribué à tous les éleveurs. La commission jeunes éleveurs a été l’une des belles réussites de cette mandature, mais elle a besoin de nouvelles forces vives pour poursuivre son développement. 

LES AIDES PAC DÉSORMAIS ACCESSIBLES À LA FILIÈRE CHEVAL

Cette réunion a été l’occasion de rappeler la réforme de la politique agricole commune, et des nouvelles conditions d’attribution des aides Pac. Désormais, tout éleveur (ou même entraîneur) de chevaux peut en bénéficier, à condition d’utiliser des surfaces en herbe. Il suffit de remplir un dossier Pac avant le 9 juin. Le montant de ces aides peut être estimé à 100 euros par hectare et par an.?

UN POINT SUR SAINT-CLOUD

Loïc Malivet a aussi profité de cette réunion pour revenir sur les grands sujets qui ont animé l’actualité des courses ces dernières semaines. Et dans ce cadre, les rumeurs autour de Saint-Cloud ont évidemment occupé une place importante. « Concernant Saint-Cloud, a dit Loïc Malivet, je confirme que France Galop n’a jamais été au courant de l’opération d’intérêt national, que nous avons apprise par voie de presse. Ni Saint-Cloud, ni Maisons-Laffitte ne sont à vendre. France Galop souhaite conserver le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte, tout en l’adaptant à la configuration actuelle. Il n’accueille plus que 650 chevaux, et le gel d’une partie de la surface devrait être décidée. Les écuries pourraient être vendues aux entraîneurs. Plusieurs se sont déjà montrés intéressés. Ce sera mieux que le système actuel, où France Galop est propriétaire et loue les écuries dans le cadre de baux ruraux qui sont par nature trop figés. »?

RENDEZ-VOUS EN AOÛT La traditionnelle réunion du mois d’août à Deauville est maintenue. Elle aura lieu le 20, et prendra la forme d’un débat.