louis romanet : « beaucoup de choses se préparent avec la chine, mais rien n’est facile et rien n’est encore fait. »

Autres informations / 07.03.2015

louis romanet : « beaucoup de choses se préparent avec la chine, mais rien n’est facile et rien n’est encore fait. »

Président de la Fédération internationale des autorités hippiques (FIAH), Louis Romanet entretient depuis le début des liens avec le China Horse Club. Il est présent depuis le tout premier China Equine Cultural Festival organisé par le racing club. La Fédération travaille aussi avec les autorités chinoises pour le développement d’une industrie hippique en Chine. Louis Romanet a fait le point avec nous sur la situation.

TOUT NE SE FERA PAS DU JOUR AU LENDEMAIN

L’entrée de la Chine dans l’industrie hippique mondiale serait une révolution, pour les courses, mais aussi pour l’industrie du pari si jamais le gouvernement chinois décidait de les rendre légaux. Mais il y a encore un long chemin à faire. « La Fédération a de bons contacts à tous les niveaux pour essayer de faire bouger les choses en Chine, a expliqué Louis Romanet. Cependant, cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais de façon progressive. En ce qui concerne les paris, il faut savoir que le gouvernement chinois avait autorisé l’organisation de paris sportifs. Mais ces derniers n’ont pas toujours eu la régularité souhaitée et cela n’encourage pas vraiment les autorités à suivre le même chemin pour les paris hippiques. De plus, pour autoriser les paris, ils souhaiteraient aussi avoir un circuit de courses internationales en Chine, ce qui est compliqué. La Fédération a un certain nombre de projets avec la Chine, avec le PMU et France Galop.

L’une des bases est de travailler sur l’image des courses… par l’image. « Nous travaillons par exemple avec le China Equestrian Association. Nous avons signé un accord pour de l’échange d’images : nous avons la chance d’avoir une grande banque de données d’images via Equidia. Elles pourront ainsi être diffusées sur la chaîne télévisée dédiée au cheval en Chine. Il y a vraiment beaucoup de choses qui se préparent avec la Chine, mais rien n’est facile et rien n’est fait. Il est aussi important de créer une autorité hippique nationale en Chine. Pour l’instant, il s’agit d’une activité locale : pour organiser une course, il faut demander l’accord du bureau régional du Parti. »

LA CHINE, UN POTENTIEL EXTRAORDINAIRE

Fin 2014, la Chine est devenue la première puissance économique mondiale, devant les États-Unis qui occupaient cette place depuis 1872. Depuis trente ans, le pays enregistre une croissance moyenne de 10 %... Le marché extraordinaire représenté par la Chine n’est plus à démontrer. Il est donc essentiel d’être présent pour saisir la moindre occasion de développement et de promouvoir dès aujourd’hui l’image des courses. « Des études montrent que, dans dix, deux cents millions de Chinois devraient déserter les campagnes pour émigrer en ville. Cela va certainement donner la possibilité de dégager des terres, donc la possibilité de créer une nouvelle activité agricole. Il y a tout un ensemble de choses qui devraient jouer dans les années à venir et nous devons être présents. Pour cela, il nous faut tout d’abord aider à développer des courses de niveau international en Chine et permettre à des Chinois d’investir dans l’achat de chevaux. Le China Horse Club a commence cela. Mais l’intérêt pour un propriétaire est de voir gagner ses chevaux. Donc, si vous ne pouvez pas retransmettre les courses, il faut aider à les développer sur place pour qu’ils puissent les voir. »

ENCOURAGER LA FORMATION

La Fédération internationale des autorités hippiques a trouvé dans le China Horse Club un allié majeur pour le développement des courses en Chine. « Le China Horse Club lance de son côté différentes initiatives. Par exemple, il souhaite participer à la formation de jockeys. Un jeune jockey chinois est d’ailleurs venu se former en France chez Nicolas Clément, Alain de Royer Dupré et Christiane Head-Maarek. Le but est de permettre à des jockeys chinois d’obtenir une licence internationale. Ainsi, trois jockeys devraient être parrainés par le China Horse Club. La formation est très importante. Une industrie ne se crée pas du jour au lendemain. »

Former des hommes et femmes de course est un premier pas essentiel pour pouvoir s’installer durablement en Chine et pouvoir ainsi contribuer au développement d’une industrie hippique. « Le but pour le China Horse Club, c’est aussi de pouvoir désormais trouver une base solide, régulière et permanente. Ils y réfléchissent. L’objectif est de réussir à faire investir des Chinois dans un partenariat pour courir des chevaux à l’étranger. Les chevaux doivent pouvoir courir en Chine et être exportés à l’étranger. Ce n’est pas facile, mais cela est possible : par exemple, le China Horse Club a fait exporter trois chevaux de la Chine vers les États-Unis dernièrement. Il s’agit de créer des mouvements internationaux avec de gros investissements chinois. Le club est toujours en développement et ils vont continuer leur politique d’achat afin de permettre à leur activité de se développer. »

UN CECF POUR MARQUER SA PLACE SUR L’ÉCHIQUIER INTERNATIONAL

Très présent sur les places de ventes publiques internationales, le China Horse Club a voulu frapper un grand coup en organisant son troisième CECF à l’étranger, en réunissant de nombreuses personnalités internationales. Par ce moyen, c’est la Chine qu’ils souhaitent mettre en valeur. « L’objectif, cette année, était de créer l’événement sur un hippodrome international et avec des chevaux dans lesquels les membres du China Horse Club sont impliqués. Cela s’est très bien passé et plusieurs pays du monde étaient représentés. Le China Horse Club était très présent à l’international l’an dernier. Les représentants des places de vente internationales étaient là. Beaucoup de gens venant de Chine étaient présents sur ce très bel hippodrome. Le China Horse Club a montré qu’il avait réussi à prendre sa place sur l’échiquier mondial. »