Saint-cloud préempté ? un peu d’info, beaucoup d’intox !

Autres informations / 21.03.2015

Saint-cloud préempté ? un peu d’info, beaucoup d’intox !

La polémique autour de l’hippodrome de Saint-Cloud est repartie de plus belle cette semaine.

Le 10 mars, le président du Conseil général des Hauts-de- Seine (UMP), Patrick Devedjian, affichait sur un réseau social un document évoquant la fin des courses à Saint-Cloud, proposant le remplacement de l’hippodrome par 6.000 logements sociaux. Le document était issu d’un rapport remis

SAINT-CLOUD DANS LE MEME SAC QUE MAISONS-LAFFITTE, ENGHIEN ET RAMBOUILLET !

Mercredi, un second document est apparu, se présentant comme la page qui suit (au sein du même dossier de l’AFTRP) la première page ayant été publiée le 10 mars. Cette fois, le document précise que France Galop souhaiterait "céder deux sites (Maisons-Laffitte et Enghien), notamment pour financer la rénovation de Longchamp". Quatre hippodromes figurent en fait sur ce document : Maisons-Laffitte et Saint-Cloud, mais aussi Enghien, propriété du à l’Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP). Cet établissement public à caractère industriel et commercial est "chargé de réaliser des opérations foncières, immobilières ou d’aménagement dans la région Île-deFrance, afin notamment de concourir à la mise en œuvre des orientations définies par le schéma directeur de cette région et dans le respect des compétences des collectivités territoriales". Il analyse, il conseille, et ça bétonne – dans l’intérêt général, bien sûr. Il était notamment écrit, dans ce document, qu’il faudrait « engager les discussions avec France Galop pour mettre en place un plan de regroupement des activités des hippodromes de l’Ouest parisien ».

Cheval Français, et Rambouillet, propriété de la commune éponyme. Ce document est surprenant. Surtout sur Saint-Cloud... car la société mère a, au cours des dernières années, plutôt envisagé d’implanter ses bureaux sur l’hippodrome clodoaldien, dans le cas où elle vendrait son siège de Boulogne.

De même, on y mélange les hippodromes appartenant à France Galop avec ceux qui dépendent des communes et du Cheval Français.

L’auteur, qui n’est pas cité, annonce vingt-cinq courses par an à Saint-Cloud au lieu de vingt-cinq réunions : il n’a manifestement consulté ni France Galop ni son site Internet ! Enfin, plusieurs pastillages et défauts de graphisme ont laissé penser qu’il pourrait s’agir d’un faux. Mais ce deuxième document est bien authentique lui aussi. Il relève d’une initiative individuelle au sein de l’AFTRP. Ce document n’était pas censé être diffusé, car il s’agit d’un simple travail de repérage comme l’Agence en mène fréquemment dans le cadre de l’aménagement régional.

QUEL NIVEAU DE RISQUE PLANE REELLEMENT SUR SAINT- CLOUD ?

Pour tenter de tirer au clair le niveau de risque, nous sommes allés à la seule source fiable, celle qui sera en première ligne si ces projets voient le jour, à savoir le ministère du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité. Notre contact au Ministère a été extrêmement clair : il voit l’affaire récente autour de l’hippodrome de Saint-Cloud comme une polémique politique à la veille des élections départementales, une instrumentalisation de la politique locale sur un projet qui en est au stade zéro. Le Ministère nie par ailleurs avoir eu des contacts avec France Galop concernant la cession de sites. De même, France Galop a diffusé vendredi matin la lettre que Bertrand Bélinguier a envoyée à la ministre, Sylvia Pinel, (cf. document). Il y réaffirme son opposition au projet d’Opération d’intérêt national (OIN), stipulant qu’il n’a aucunement l’intention de céder un seul des deux sites, ni Maisons ni Saint-Cloud.

LA PREMIÈRE DES TROIS ÉTAPES

Il apparaît maintenant que l’AFTRP a effectué son travail sans concertation avec le Ministère. Ce repérage est la phase 1 de projets de cette nature. Car voilà comment les choses fonctionnent normalement :

Étape 1 : le repérage. Plus d’une cinquantaine de sites auraient été repérés dans l’Ouest parisien.

Étape 2 : étude de faisabilité. Les sites repérés doivent subir de nombreuses études permettant de définir s’ils sont susceptibles d’accueillir des logements : sur le plan économique, écologique, historique (les sites repérés peuvent éventuellement être classés)...

Étape 3 : validation politique. Une fois qu’un site sera déclaré exploitable par une étude de faisabilité, des concertations seront engagées entre le Gouvernement, les élus et les acteurs locaux, dans le cadre des ateliers Grand Paris Logement.

L’hippodrome de Saint-Cloud n’en est donc théoriquement qu’à la première étape. Pour le Ministère, c’est même encore un peu moins, car le document provisoire concernant le champ de courses n’a même pas encore été porté à sa lecture.

Le Ministère nous a par ailleurs confirmé qu’aucune étude de faisabilité (étape 2) n’avait été effectuée sur l’hippodrome de Saint-Cloud.

Cela ne nous empêchera pas de rester vigilants !