Disparition jean-françois bernard s'est éteint

Autres informations / 27.05.2015

Disparition jean-françois bernard s'est éteint

DISPARITION JEAN-FRANÇOIS BERNARD S'EST ÉTEINT

Jean-François Bernard est décédé ce mercredi matin, des suites d'une longue maladie, qui l'a emporté en quelques mois. L'entraîneur installé à La Teste-de-Buch a remporté les plus belles courses réservées aux pur-sang arabes, mais il compte aussi un solide palmarès chez les pur-sang anglais. Il entraînait notamment Baroud d'Honneur, gagnant du Prix Prince d'Orange (Gr3) en 1996 et du Grand Prix de Vichy (Gr3) l'année suivante, pour la casaque d'Isabelle Desmarais puis celle de sa fille, Axelle Nègre de Watrigant, ainsi que Kalistan, deuxième du Prix de Fontainebleau (Gr3) en 1986. Plus récemment, Bodhi lui avait permis de remporter le Prix de Guiche (Gr3), et Abu Sidra le Prix de Ris-Orangis (Gr3). Chez les pur-sang arabes, de nombreux lauréats de Groupes ont marqué sa carrière : Dahor de Brugère, Al Mamun Monlau, Josco du Cayrou, Farh, Loraa, Djet Taouy, Kiss de Ghazal, Miesque de l'Ardus, Quesche du Paon, Nashwan Al Khalidiah, Jalnar Al Khalidiah ou encore Nayef Al Khalidiah. Il avait la confiance de grands propriétaires, comme Al Shaqab Racing, Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, le cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, les Écuries royales d'Oman, Al Khalediah Stable, ainsi que celle d'éleveurs qui ont marqué la race arabe, dont Renée-Laure Koch ou Jean Cambon.

Jean-François Bernard a débuté sa carrière à La Teste, chez Gérard Delmas, l'oncle d'Axelle Nègre de Watrigant. Il devient ensuite entraîneur privé pour le haras d'Ayguemorte, propriété du docteur Yves Frémiot et de Jean-Luc Kirchoff. Deux ans plus tard, il décroche sa licence d'entraîneur public et gagne sa première course en 1978, grâce à Vallon Vert. Suite à un passage à vide, au début des années 2.000, Jean-François Bernard décide de s'expatrier, toujours accompagné d'Élisabeth Garel. Grâce à son ami Martial Boisseuil, racing manager en Europe de S.A. le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, il est engagé comme troisième entraîneur du cheikh à Abu Dhabi. Un peu plus tard,  il  partira  à

Oman, pour devenir l'entraîneur de la Royal Cavalry. Il y passera plusieurs années, avant de revenir définitivement en France, à La Teste, il y a une dizaine d'années. Ces derniers mois, Olivier Trigodet, son assistant, et Élisabeth Garel, sa compagne, assuraient le bon fonctionnement de l'écurie. Ils devraient poursuivre son œuvre. JEAN-PIERRE DE GASTÉ :

" IL N'ACCEPTAIT PAS LA MÉDIOCRITÉ "

" J'ai très bien connu Jean-François Bernard. C'était quelqu'un de formidable, de vrai, avec une droiture morale peu commune. Il n'acceptait pas la médiocrité, ni dans les relations humaines, ni sur le plan professionnel. C'était aussi un entraîneur exceptionnel, un grand professionnel qui s'est réalisé avec les chevaux arabes. Il les avait parfaitement compris et savait doser leur travail. Il avait un grand souci du détail et de la perfection, et formait un binôme avec sa femme, Babeth, aussi exigeante que lui. J'ai vécu des moments formidables grâce à eux. J'ai eu la chance d'acheter Miesque de l'Ardus quand il est revenu en France. À l'époque, je travaillais avec Jean-Pierre Totain, mais il m'a conseillé de la laisser chez Jean-François, car il estimait qu'il ne ferait jamais mieux que lui ! Elle a gagné un Gr1 en Grande-Bretagne, devenant la première bonne jument de l'écurie Al khalediah. J'espère que sa femme va prendre sa suite. Je continuerai à lui confier des chevaux. "

JEAN-PIERRE DEROUBAIX :

" UN AMI FIDÈLE "

" J'ai connu Jean-François Bernard il y a plus de vingt ans, à l'époque où il était installé en France. Je l'ai aidé à trouver du travail à oman, et il est devenu entraîneur de la Royal Cavalry. Quand il est revenu en France, je lui ai envoyé quelques chevaux de Slim Chiboub. Jean-François avait un caractère fort. Quand il avait décidé de quelque chose, il allait au bout. Il avait en quelque sorte deux visages : c'était quelqu'un d'assez brut quand il donnait des ordres, mais il était aussi sensible, et surtout, très amical. La fidélité en amitié était ce qui le caractérisait le mieux. Je garde le souvenir d'un ami fidèle, plus que d'un collaborateur. "

AXELLE NÈGRE DE WATRIGANT : " UN CARACTÈRE BIEN TREMPÉ "

 " Nous sommes tous très choqués. Jean-François Bernard est parti très vite, en six mois... C'était une personnalité qui a marqué les courses dans le Sud-ouest, un caractère bien trempé. Nous avons travaillé pendant quinze ans ensemble, avant qu'il ne parte à l'étranger. C'était une belle aventure... Il avait un vrai sens du professionnalisme et du détail. "