L'arabie saoudite à l'honneur dans les "poules

Autres informations / 11.05.2015

L'arabie saoudite à l'honneur dans les "poules

L'ARABIE SAOUDITE À L'HONNEUR DANS LES "POULES"

Les propriétaires et éleveurs saoudiens se sont particulièrement distingués ce week-end. Make Believe (Makfi) et New Bay (Dubawi) occupent les deux premières places de la Poule d'Essai des Poulains (Gr1), et Mexican Gold (Medaglia d'Oro) la troisième de celle des Pouliches (Gr1). Moins présente dans les médias que ses voisins le Qatar et les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite est un pays qui compte dans le monde des courses mais qui reste encore mal connu.

Le prince Faisal et la France

C'est sur les conseils de Ted Voute, son racing manager, que le prince Abdul Rahman bin Abdullah Al Faisal, aussi connu sous le nom de prince Faisal, s'est implanté en France. Dimanche à Longchamp, le septuagénaire était représenté par le prince Turki bin Khaled, son gendre. Les chevaux du prince Faisal sont entraînés par André Fabre. Parmi les plus récents, citons Make Believe (Makfi), lauréat de l'édition 2015 de la Poule d'Essai des Poulains, Eternal (New Approach), placé de Listed, Ocovango (Monsun), gagnant du Prix Greffulhe (Gr2) et troisième du Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1), mais également Meadow Creek (Dansili), deuxième du Prix Exbury (Gr3). Jean-Pierre de Gasté, qui connaît bien la filière hippique saoudienne, explique : " C'est une personne qui a une grande passion des courses. Il élève et fait courir la plupart de ses représentants en Grande-Bretagne, où il séjourne très régulièrement. "

Une influence ancienne en Europe

Abdul Rahman bin Abdullah Al Faisal est un petit-fils du roi Fayçal bin Abdelaziz Al Saoud, qui a régné sur l'Arabie Saoudite jusqu'en 1975. Il est l'un des propriétaires saoudiens ayant eu le plus d'influence sur les courses européennes. Pour ses couleurs, Rafha (Kris) s'est imposée dans l'édition 1990 du Prix de Diane, sous l'entraînement de Sir Henry Cecil. À partir des années 80, il a eu une dizaine de représentants chaque saison chez John Dunlop, outre-Manche. Invincible Spirit (Green Desert), un fils de Rafha, a gagné le Haydock Sprint Cup (Gr1) avant de devenir un étalon influent.

Olden Times (Darshaan) a gagné le Prix Jean Prat (Gr1) en 2001. Nayarra (Cape Cross) et Alhijaz (Midyan) sont lauréats de Gr1 en Italie. Plus récemment, Belardo (Lope de Vega), en copropriété avec Godolphin, a été sacré meilleur 2ans en Europe l'an dernier lors de la cérémonie organisée par Longines et la Fiah. Ce pensionnaire de Roger Varian a gagné l'édition 2014 des Dubai Dewhurst Stakes (Gr1).

Khalid Abdullah, le plus connu des Saoudiens

Dans l'univers hippique, le Saoudien le plus connu est très certainement Khalid bin Abdullah Al Saud dit "Khalid Abdullah". Il est actuellement quatrième au palmarès des propriétaires en plat en France. Ce week-end, New Bay s'est classé deuxième de la Poule d'Essai des Poulains (Gr1) et Mexican Gold troisième de son pendant féminin. Par l'intermédiaire de Juddmonte Farms, Khalid bin Abdullah Al Saud a marqué et continue de marquer l'histoire du pur-sang. Au haras ou en piste, ses meilleurs représentants portent le nom de Frankel (Galileo), Danehill (Danzig), Dancing Brave (Lyphard), Rainbow Quest (Blushing Groom), Oasis Dream (Green Desert), Dansili (Danehill), Workforce (King's Best), Rail Link (Dansili), Commander in Chief (Dancing Brave), Ryafan (Lear Fan), Banks Hill (Danehill), etc.

L'Arabie Saoudite, une nation hippique méconnue L'activité hippique du Qatar ou des Émirats Arabes Unis est beaucoup plus connue en France que celle de leur voisine, l'Arabie Saoudite. Les courses du royaume saoudien fonctionnent en vase clos, avec un programme important. Jean-Pierre de Gasté explique : " Le pays compte environ 2.500 juments à l'élevage, qui donnent naissance à près de 1.500 poulains par an, dans des conditions qui ne sont pas faciles car tous les chevaux sont élevés uniquement sur du sable, dans des conditions de chaleur extrêmes -, jusqu'à 54°C à l'ombre en été. Il s'agit certainement du plus gros producteur de pur-sang anglais de la région. Depuis la fin des années 80, l'activité hippique ne concerne que les pur-sang anglais [les courses de pur-sang arabes ont disparu, ndlr], qui courent uniquement sur le dirt. Les courses se disputent sur deux hippodromes : Janadriyah, construit au début des années 2000 à proximité de Riyad, la capitale ; et Taif, le "Deauville" d'Arabie Saoudite, situé près de La Mecque, à 2.000m d'altitude, où les courses se déroulent pendant l'été. Pour encourager l'élevage local, une deuxième King's Cup, réservée aux local bred, a été mise en place. Les Saoudiens importent des juments de qualité en provenance d'Angleterre traditionnellement, mais également de plus en plus fréquemment des États-Unis, pour courir sur le dirt. La situation des étalons est plus problématique. Le Coran interdisant la vente de saillies, ils sont difficiles à amortir. "

Les principales écuries saoudiennes

En ce qui concerne les courses en Arabie Saoudite, Jean-Pierre de Gasté précise : " La compétition concerne principalement les chevaux appartenant aux écuries des membres de la famille royale ou de quelques hommes d'affaires, avec les King's Cups pour chevaux d'âge, et le King Abdul Aziz Cup pour les 3ans, comme sommets de la saison. J'ai eu la chance d'être associé à onze vainqueurs de King's Cup depuis 1987. "

Le courtier a acheté notamment Premium Tap (Pleasant Tap) pour l'écurie du précédent roi d'Arabie Saoudite. C'est l'un des étalons en vue dans le pays.

Parmi les principales écuries, le prince Muteb bin Abdullah, fils du précédent roi Abdullah, qui entretient la plus grande structure d'Arabie Saoudite, a plusieurs chevaux à l'entraînement en France. Ses plus récents lauréats sont Mostaneer (Dutch Art), vainqueur de l'édition 2015 du Prix de Suresnes (L), et Kreem (Hurricane Run), gagnant du Prix du Lys (Gr3).

Sultan bin Mohammed bin Saud Al Kabeer a décroché deux troisièmes places dans l'"Arc" avec Apple Tree (Bikala), sous l'entraînement d'André Fabre. En France, il a également connu de nombreux succès avec Rodolphe Collet. Plus récemment, Bodhi (Hurricane Cat) s'est classé deuxième du Prix du Prince d'Orange (Gr3). Il possède par ailleurs l'une des plus importantes écuries d'Arabie Saoudite avec plusieurs centaines de chevaux.

Une autre grande écurie saoudienne a fait son apparition dans le paysage des courses françaises. Il s'agit de celle du prince Faisal bin Khalid bin Abdulaziz Al Saud, dont les couleurs sont notamment portées par Teletext, ancien protégé de... Khalid Abdullah. Jean-Pierre de Gasté raconte : " Fin 2014, nous avons demandé des couleurs en France pour le prince Faisal bin Khalid bin Abdulaziz Al Saud, qui a acheté Teletext (Empire Maker) à Juddmonte. Il possède l'une des plus importantes écuries d'Arabie Saoudite. "

Haif Mohammed Al Ghatani, copropriétaire, en association avec le haras de Gouffern (appartenant à Jean-Pierre de Gasté), de la championne arabe Kiss de Ghazal (Dormane) en France, et le cheikh Nizar Abu Jedayl, sont des grands industriels saoudiens. Ils possèdent les autres grandes écuries de pur-sang anglais implantées en Arabie Saoudite.