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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Oui, john gosden sait entraîner !

Autres informations / 16.06.2015

Oui, john gosden sait entraîner !

« Can Gosden train ? » C’est le titre d’un article du Racing Post paru quelque temps après le retour de John Gosden en Grande-Bretagne, au début des années 90, après ses débuts américains. Depuis, le journaliste a eu sa réponse. Dimanche, l’entraîneur né en 1951 dans le Sussex a remporté son premier Prix de Diane Longines. C’est un nouveau classique qui s’ajoute à une liste déjà bien fournie. John Gosden n’a pas un parcours conventionnel. Après avoir été assistant de Noel Murless à Newmarket puis de Vincent O’Brien en Irlande, il décide de voyager et part en Californie. Il travaille au côté de Tommy Doyle pendant une année, puis s’installe à son compte. Nous sommes en 1979. Cinq ans plus tard, il remporte le premier Breeders’ Cup Mile (Gr1) de l’histoire avec Royal Heroine. En 1989, John Gosden retourne en Grande-Bretagne et s’installe à Stanley House Stables, à Newmarket. Le succès n’est pas aussi fulgurant qu’aux États-Unis, mais dès 1991, il selle victorieusement Keen Hunter dans le Prix de l’Abbaye de Longchamp, son premier Gr1 en France. En 1999, il quitte Stanley House Stables et rejoint Manton. Depuis sa nouvelle base, il prépare Lahan, qui lui offre un premier classique en remportant les 1.000 Guinées en 2000. C’était aussi sa centième lauréate de Groupe. Oasis Dream lui permet ensuite de remporter le July Cup et les Nunthorpe Stakes (Grs1) en 2003. En 2006, John Gosden déménage une nouvelle fois et rejoint Clarehaven Stables, son propre établissement. Raven’s Pass lui offre la victoire dans le Breeders’ Cup Classic (Gr1) en 2008. Seuls deux entraîneurs ont réussi à gagner le Derby d’Epsom et le Breeders’ Cup Classic. Le premier est John Gosden. Le second, André Fabre. En 2014, il a réalisé un printemps exceptionnel, avec Taghrooda (Sea the Stars), lauréate des Oaks et des King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Grs1), et avec Kingman (Invincible Spirit), lauréat des 2.000 Guinées d’Irlande, des St James’s Palace Stakes, des Sussex Stakes et du Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard -Jacques Le Marois (Grs1). Deux mille quinze s’annonce également comme une grande année, puisque Golden Horn (Cape Cross) et Jack Hobbs (Halling) lui offrent le jumelé dans le Derby d’Epsom (Gr1).

JOHN GOSDEN ET LE PRIX DU JOCKEY CLUB

Rencontré dimanche à Chantilly, John Gosden nous a donné des nouvelles de Golden Horn (Cape Cross). Le gagnant du Derby d’Epsom pourrait désormais être dirigé vers les Eclipse Stakes ou les King George and Queen Elizabeth Stakes (Gr1), dans lesquelles est aussi engagé le gagnant du Prix du Jockey Club (Gr1), New Bay (Dubawi). Un match que l’entraîneur accueillerait avec plaisir : « Golden Horn est en bonne forme. Il devrait aller soit vers les "Eclipse", soit vers les "King George". Son propriétaire choisira. J’ai entendu que New Bay était engagé lui aussi. N’est-ce pas génial ? Je pense que ce serait magnifique de voir s’affronter deux gagnants de Derby. Je crois en la compétition et c’est aussi le cas de "Monsieur Fabre" [en français dans le texte, ndlr]. »Rappelons que Golden Horn était au départ censé courir le Prix du Jockey Club, mais sa victoire impressionnante dans les Dante Stakes a changé les plans élaborés auparavant. Nous avons demandé à John Gosden ce qu’il pensait du Prix du Jockey Club nouvelle génération : « Je suis très inquiet quant à la tendance au raccourcissement des distances dans l’élevage des pur-sang. Il est très difficile d’entraîner et surtout d’élever des chevaux de distances intermédiaires. La tendance commerciale va vers les chevaux ayant plus de vitesse. Mais cela, c’est pour les salles de vente. Élever des chevaux coûte cher et certains doivent donc vendre. J’aime beaucoup les élevages comme Juddmonte Farms ou les Aga Khan Studs. En élevant pour des distances intermédiaires, vous prenez cependant le risque d’avoir des chevaux lents. Mais, à force de faire de la sélection sur de plus courtes distances, j’ai peur qu’on en arrive un jour à la même situation qu’aux États-Unis. Il n’y a qu’à voir les Belmont Stakes : tous les jockeys étaient terrifiés à l’idée que leurs chevaux ne tiennent pas les 2.400m ! Ce n’est, selon moi, pas la direction que l’élevage de pur-sang doit prendre.

SES DIX CHEVAUX LES PLUS MARQUANTS

Kingman                                1er des 2.000 Guinées d’Irlande, des St James’s Palace Stakes,                                         des Sussex Stakes et du Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard -                                            Jacques Le Marois

Golden Horn                          1er du Derby d’Epsom

Benny the Dip                       1re du Derby d’Epsom

Taghrooda                             1re des Oaks d’Epsom et des King George VI and Queen                                                 Elizabeth Stakes

Raven’s Pass                         1er du Breeders’ Cup Classic et des Queen Elizabeth II Stakes

Lahan                                     1re des 1.000 Guinées

Oasis Dream                          1er du July Cup et des Nunthorpe Stakes

Dar Re Mi                             1re du Dubai Sheema Classic, des Yorkshire Oaks et des Pretty                                       Polly Stakes

Nathaniel                               1er des King George VI and Queen Elizabeth Stakes et des                                               Eclipse Stakes

Elusive Kate                          1re du Prix Rothschild (deux fois), et des Falmouth Stakes