Analyse trimestrielle du marché des jeux en ligne en france de l’arjel

Autres informations / 21.07.2015

Analyse trimestrielle du marché des jeux en ligne en france de l’arjel

DEUXIÈME

TRIMESTRE 2015 : LES JEUNES, PLUS QUE JAMAIS LE DÉFI DES COURSES

L’Arjel

a publié ce mardi son analyse trimestrielle du marché des jeux en ligne en

France, au deuxième trimestre 2015. Les paris hippiques sont en baisse par

rapport au deuxième trimestre 2014. La baisse est régulière depuis quelques

semestres, mais certainement pas irrémédiable. Ce qui ressort de ce rapport est

que, plus que jamais, le défi pour les courses hippiques consiste à trouver de

nouveaux parieurs, particulièrement chez les jeunes (moins de 35 ans).

Le

deuxième semestre dans la continuité du premier semestre 2015 Il n’y a pas

vraiment de surprise dans ce rapport de l’Arjel. Le deuxième semestre 2015 (T2

2015) s’inscrit dans la continuité du premier semestre : paris sportifs en

hausse, baisse sur le pari hippique et, toujours, chute libre en ce qui

concerne le poker. Par rapport au deuxième semestre 2014 (T2 2014), les paris

sportifs ont enregistré une hausse de 18% à 338 millions d’euros. Une hausse

due à un nombre plus important de comptes joueurs actifs (CJA :  compte d’une personne ayant au moins joué une

fois dans la période donnée) ainsi qu’à un taux retour joueur (TJR) en hausse

de deux points, et entraînant donc un recyclage plus élevé. Il faut noter que

le football et le tennis représentent 82 % des paris sportifs et, fait

important, le T2 2015 est plus fort que le T2 2014 alors que ce dernier avait

été porté par la Coupe du monde de football. Côté paris hippiques, la baisse,

selon l’Arjel, « semble s’accélérer à nouveau alors que le montant des mises

enregistrées était presque stable entre le T1 2014 et le T1 2015 (- 1 %). » Au

T2 2015, par rapport au T2 2014, la baisse sur le montant des mises

enregistrées est de 3 %, pour un total de 248 millions d’euros. En conséquence,

le produit brut des jeux (PBJ) recule lui aussi de 3 %, de 61 millions à 64

millions. Un autre élément est notable, suite à cette baisse : l’écart entre

les enjeux générés en paris hippiques et ceux en paris sportifs se creuse

fortement au T2 2015 : 36 % en 2015 contre 12 % en 2014. Concernant les CJA,

ils sont en légère baisse dans les paris hippiques au T2 2015 (- 1 %). Pour

l’Arjel, la baisse des paris hippiques s’explique donc par la baisse du nombre

de joueurs et une réduction du budget allouée à l’activité. À noter que cette

baisse intervient malgré l’augmentation du nombre de courses au T2 2015 par

rapport au T2 2014 : 4.105  (2.055 de

trot, 2.050 de galop, parmi lesquelles 575 à l’étranger) contre 4.008.

LE TAUX

RETOUR JOUEURS (TJR) RESTE FAIBLE

Concernant

le TRJ dans les paris hippiques – ce qui est reversé aux joueurs après

prélèvements des différentes taxes –au T2 2015, il reste le plus faible des

jeux en ligne, à 75,2 % avant bonus et 77,5 % après bonus. En comparaison, il

est de 81,5 % et de 83,6 % pour les paris sportifs, et reste très élevé au

poker à 97 %. L’ajustement du TRJ permet, notamment, de maintenir les

engagements vis-à-vis de la filière hippique, mais cela peut donc impacter sur

le recyclage chez les parieurs. Notons que le TRJ au T2 2015 est stable par

rapport au T2 2014 (+ 0,1 %). Si le TRJ est moindre dans les courses hippiques,

on peut en revanche souligner qu’on peut trouver, dans les paris hippiques, des

rapports tout de même nettement supérieurs et donc bien plus rémunérateurs que

ceux des paris sportifs.

COMPTES

JOUEURS ACTIFS (CJA) : LEGERE BAISSE

La

baisse des enjeux s’explique aussi par la baisse des CJA. Au T2 2015, on

enregistre une baisse de 1 %, à 137.000 comptes, par rapport au T2 2014

(138.000 CJA). Une légère chute qui pourrait être endiguée en trouvant, par

exemple, un nouveau public. Il faut noter que, au T2 2015 par rapport au T2

2014, l’ensemble des jeux en ligne enregistrent une baisse de leur nombre de

CJA. En ce qui concerne les paris sportifs, la comparaison n’est pas pertinente

puisque la Coupe du monde de football 2014 a bien évidemment eu une importance

majeure sur les CJA. Pour les paris hippiques, la baisse est faible, mais

régulière. La chute la plus inquiétante sur les CJA concerne le poker, dans la

continuité de ce qui est observé depuis quelques années. La baisse des CJA a

logiquement un impact sur les mises hebdomadaires. Dans la continuité de 2014,

elles sont en légère baisse baisse au T2 2015, avec une chute plus marquée sur

le mois de mai. En avril, les mises hebdomadaires sont en baisse de 2 % (19,5

millions d’euros), de 7 % au mois de mai (19,1 millions d’euros) et de 1 % au

mois de juin (18,4 millions d’euros). En comparaison, les mises hebdomadaires

dans les paris sportifs ont augmenté de 38 % en avril (30,1 millions), de 57 %

en avril (27 millions) et ont baissé de 29 % en juin (22 millions d’euros), ce

qui est logique en raison de la Coupe du monde 2014.

QUELS

PROFILS, QUELS PARIEURS ?

On

constate donc une légère baisse des CJA sur les paris hippiques. Cependant, il

est intéressant d’étudier quels sont les profils spécifiques de ces CJA. Il y

en a quatre :

- CJA

sur les trois activités : paris hippiques, sportifs et poker

- CJA

sur le sport et l’hippisme

- CJA

sur le poker et l’hippisme

- CJA

sur l’hippisme uniquement

Le

nombre du pourcentage de CJA jouant sur les trois activités est en baisse de 65

%. Rappelons que si les CJA pour les paris sportifs sont en hausse, ceux des

paris hippiques sont en légère baisse et ceux pour le poker enregistrent une

chute assez importante. Les CJA interagissant sur les paris hippiques et le

poker sont en baisse de 50 %. Les CJA pour les paris hippiques et les paris

sportifs sont en baisse de 27 %. L’Arjel souligne que l’activité hippique tend

donc à rester une activité de spécialistes, le nombre de CJA consacrés

uniquement à l’hippisme étant lui en hausse de 1 % au T2 2015 par rapport au T2

2014. La diversification des parieurs hippiques est donc un des enjeux à

relever d’où, certainement, la question déjà soulevée et réfléchie de l’adaptation

de certains types de paris sportifs sur les paris hippiques.

LA

JEUNESSE, UN PUBLIC A CONQUERIR

Le

principal problème des courses hippiques, en France comme en Angleterre comme

l’ont souligné les différentes études menées par les bookmakers, est que nous

peinons à attirer les jeunes parieurs. Sur l’ensemble des activités, les CJA

chez les 18-24 ans baissent de 18 %, et de 15 % chez les 25-34 ans. Mais, dans

les paris sportifs et le poker, la part des moins de 35 ans reste de loin la

plus importante : ils représentent ainsi 66 % des joueurs pour les paris

sportifs au T2 2015 et 58 % pour le poker. Le profil du parieur hippique

détonne : les plus de 35 ans représentent 79 % des parieurs (+ 2 % par rapport

au T2 2014). Les parts des 55-64 ans ont d’ailleurs augmenté de 1 % et ceux des

plus de 65 ans de 2 %. Les 18-24 ans représentent 5 % des CJA hippiques (- 1 %

par rapport au T2 2014) et les 25-34 ans 16 % (- 1 % par rapport au T2 2014).

Au T2 2015, le vieillissement de la population des parieurs hippiques se

prolonge donc et, plus que jamais, attirer les plus jeunes dans l’univers des

courses hippiques s’annonce comme notre plus grand défi, d’où la nécessité

d’investir leurs différents terrains de jeu et de communication.

ET LES

FEMMES ?

Le

milieu professionnel hippique ne cesse de se féminiser, c’est un fait. Côté

parieurs, les femmes sont encore très minoritaires mais, comme constaté lors

des précédents semestres, elles sont bien plus présentes dans les paris

hippiques que dans les paris sportifs ou poker. Ainsi, parmi les CJA de paris

hippiques au T2 2015, 17,2 % sont détenus par des femmes. Pour les paris

sportifs, ce chiffre est de 7,8 % et, pour le poker, de 11,5 %. Au T2 2015,

pour les trois activités, on a cependant constaté de la part des femmes dans

les jeux en ligne : - 1,7 % pour les paris hippiques, - 1% pour le poker et -

0,7 % pour les paris sportifs. Le point le plus inquiétant concernant les

femmes dans le rapport de l’Arjel est que le nombre de CJA en paris hippiques

détenus par des femmes diminue de 6.000 CJA, ce qui, selon l’Arjel, représente

75 % de la perte globale de l’activité hippique. À nouveau, il y a là un public

à  (re)conquérir, d’autant plus que

l’Arjel souligne que le vieillissement constaté de la population de parieurs

hippiques est encore plus important chez les femmes.

QUELS

JOUEURS POUR QUELLES MISES ?

En

termes de mise, tous les joueurs ne sont pas égaux. Dans les paris hippiques,

on constate une baisse chez les "petits" joueurs. Ainsi, le nombre de

CJA misant moins de 300 euros par trimestre baisse de 7.700 comptes au T2 2015.

En revanche, le nombre de CJA sur les personnes pariant entre 1.000 et 3.000

euros par trimestre reste stable, tout comme celui des personnes misant entre

3.000 et 10.000 euros. Comme dit plus haut, l’activité hippique est portée

avant tout par des spécialistes tandis que les joueurs multi-activités – devant

donc répartir leur argent – se font de moins en moins nombreux, ce qui peut

expliquer ces chiffres.

QUESTION

DE TECHNOLOGIE…

Avec

l’ouverture des paris en ligne, de plus en plus d’opérateurs proposent

désormais des applications sur Smartphone et tablettes, principalement sur

Androïd et IOS. Il faut en effet souligner, sur ce point-là, que les

utilisateurs des Windows Phone, par exemple, ont encore bien peu d’applications

à disposition.

Le

marché des Smartphones et – surtout – des tablettes est encore amené à se

développer et cette piste est donc intéressante. Au T2 2015, 35 % des

connections des CJA en paris hippiques ont eu lieu sur mobiles et tablettes. En

comparaison, pour les paris sportifs, ce chiffre monte à 47 %. Cependant, il

est assez facile d’expliquer cette différence : il n’y a pas de live betting

sur les courses hippiques et la population de parieurs est plus âgée pour

l’hippisme que pour le sport. Cependant, l’Arjel a constaté que 51 % des CJA

appartenant à des 18-24 ans pour les courses sont connectés via mobiles ou

tablettes. Ce chiffre est de 50 % pour les 25-34 ans et diminue ensuite

brusquement pour les autres catégories d’âge (37 % pour les 35-54 ans, 26 %

pour les 55-64 ans et 19 % pour les plus de 65 ans). À nouveau, il y a

peut-être une piste à creuser avec encore plus d’attention du côté des

nouvelles technologies pour attirer un nouveau public aux courses.