Communiqué de presse : union pour le renouveau du galop

Autres informations / 16.07.2015

Communiqué de presse : union pour le renouveau du galop

 « La situation est très alarmante :

• Enjeux

hippiques en forte baisse et désaffection du joueur

Déficits préoccupants annoncés pour les années à venir

Mais

surtout, chute du "propriétariat" fiscalement français.

Nous

sommes donc face à l’urgente nécessité de diagnostiquer les facteurs qui nous

mènent à la crise actuelle, et à proposer des solutions réalistes pour enfin

amorcer le redressement de l’Institution. 

Il est grand temps de nous unir autour d’un projet novateur dans lequel

les différents acteurs se reconnaîtront.

CONSTAT

1 -

ECONOMIQUE

Les

effets conjugués de l’ouverture des paris en ligne, de la modification de la

fiscalité qui en a découlé durant quelques années et de l’augmentation de

l’offre, ont gonflé de façon artificielle le chiffre d’affaires du PMU et la

part nette revenant aux sociétés de courses jusqu’en 2012. La densification,

dont les coûts institutionnels n’ont pas été mesurés, montre aujourd’hui ses

limites malgré l’augmentation constante de l’offre. Le montant des enjeux

hippiques est en forte baisse, ce qui fragilise toute la filière. De plus, le

taux de pénétration des courses dans la population française est passé en dix ans

de 14 % à 10 %. Le vieillissement de la population des joueurs a provoqué une

chute importante des enjeux. Ces deux dernières années, la baisse de la part

nette revenant aux sociétés de courses n’a été amortie que par la diminution du

T.R.P. (taux de retour parieurs) qui a déjà commencé à montrer ses limites. Il

est également important de constater que sur les 6,5 millions de joueurs,

300.000 fournissent 50 % du montant total des enjeux. Pendant ce temps, le

chiffre d’affaires de la F.D.J. ne fait que progresser. Face à ces éléments,

même si la part nette revenant à l’Institution a fortement augmenté, la filière

(éleveurs, entraîneurs)  s’est appauvrie.

L’augmentation effrénée de l’offre a mis en difficulté de nombreuses

entreprises d’entraînement,  et ce pour

deux raisons majeures :

• les

limites physiques et humaines,

• les

coûts additionnels importants qui n’ont pas été correctement évalués.

Du fait

d’un programme très élitiste, 17,5 % des allocations distribuées profitent aux

dix plus gros propriétaires non fiscalement français alors qu’ils ne génèrent

que 4,3 % des partants. Quant à l’augmentation de la T.V.A., elle pousse de

plus en plus de propriétaires fiscalement français à réduire leurs achats de

chevaux. Cela se traduit par une baisse importante des effectif, et donc des

partants, depuis deux ans. Comparé au trot, le modèle international du galop

(toutes nos courses sont ouvertes) est très coûteux. Il se heurte à la

contradiction entre sélection (peu d’enjeux car peu de partants) et

"programme alimentaire" générateur d’enjeux mais peu rémunérateur

pour le propriétaire. Les entraîneurs ont été contraints par cette réalité

économique à faire du low cost, voire à devenir propriétaires d’une grande part

de leur effectif. L’âge moyen des entraîneurs (cinquante ans) ne laisse rien

augurer de bon pour l’avenir. Les éleveurs quant à eux n’arrivent plus à

écouler leur stock de poulains et s’en trouvent encore plus fragilisés.

Manifestement, c’est la fin de ce modèle et il est urgent d’en réinventer un,

faute de quoi notre Institution pourrait sombrer, comme cela a été le cas chez

nos voisins. Les déficits cumulés prévus à l’horizon 2016 (entre 110 M€ et 150

M€) en attestent.

2 - LES

PROBLEMES DE GOUVERNANCE

France

Galop n’a jamais mis en place les outils de gestion permettant d’avoir une

véritable connaissance chiffrée de sa situation. L’Institution n’a pas la

capacité à définir une stratégie à moyen terme que le PMU suivra. Continuer à

ne rien faire nous mènera à une récession pratiquement irréversible. France

Galop se contente de reconduire d’une année sur l’autre à peu près la même

politique en suivant quasi systématiquement les propositions des services au

détriment de l’avis des élus. Les projets prévus à savoir Racing Séries et le

"Nouveau Longchamp" sont totalement infondés et économiquement

démesurés. Ils sont déconnectés de la réalité. La gouvernance est ressentie

comme opaque :

• les

conflits d’intérêt potentiels touchent une grande part de ses acteurs ;

• le

fonctionnement de France Galop repose sur un nombre trop restreint de personnes

et se fait au détriment du bon fonctionnement des différentes instances et des

services administratifs. Cette organisation s’est imposée au fil du temps,

probablement entretenue par une faible rotation des acteurs influents.

PROPOSITIONS

N’oublions

pas que notre objectif est de conserver la qualité de nos courses et de notre

élevage. Pour cela plusieurs impératifs:

1 -

Retrouver des marges financières

Cela

passe nécessairement par une réorganisation économique de la filière. La

croissance viendra de plusieurs axes :

amélioration de l’attractivité et de l’image de nos courses,

optimisation du nombre de partants,

création d’une nouvelle génération de joueurs,

développement du PMU à l’international.

L’avenir

de l’Institution passe par une approche résolument économique de son

fonctionnement. Le modèle de la croissance par le développement de l’offre a

montré ses limites. Avant toute chose, il convient d'effectuer un état des

lieux par un audit indépendant. La réduction drastique des coûts de

fonctionnement doit devenir un axiome au sein de France Galop. Toute

modification ou investissement doit être précédé de cette question :

"Quelles seront les retombées pour la filière ?". La mutualisation

d’un certain nombre de fonctions, avec le Trot, et du PMU sera essentielle. Le

programme des courses ne doit pas être construit sous la pression d’intérêts

particuliers au détriment de l’intérêt général. Cela passe par une véritable

évaluation des besoins en fonction des effectifs et de la réalité de la

sélection. L’objectif étant bien entendu d’avoir un grand nombre d’épreuves à

plus de 14 partants, proche du chiffre optimal pour les enjeux. Il faut scinder

en deux l’organisation du calendrier, d’une part des réunions de semaine conviviales

à faible coût, d’autre part des réunions plus haut de gamme le week-end afin

d’attirer un public plus nombreux, plus jeune. Permettant à nos propriétaires

de mieux profiter de leurs chevaux en famille. Nous devons revoir le mode de

répartition des allocations entre les différentes catégories de chevaux, afin

de permettre aux acteurs de la filière de pouvoir vivre décemment de leur

activité. Il ne s’agit pas de faire de l’assistanat mais bien plus d’organiser

la bonne santé économique des acteurs de la filière. Le programme de sélection

en dépend financièrement. La conquête de nouveaux propriétaires fiscalement

français et de nouveaux parieurs est un vecteur essentiel de réussite.Le retour

à la croissance des paris hippiques passera nécessairement par la conquête

d’une nouvelle population de joueurs jeunes et "connectés". Les

courses doivent devenir "le plus excitant et convivial des sports,

supports de paris". Le spectacle doit évoluer en modernisant certaines

règles ou habitudes. Les joueurs réguliers doivent par ailleurs trouver de

meilleures conditions d’accueil sur et en dehors des hippodromes. Tout doit

être digne de leur contribution au chiffre d’affaires général des enjeux, et on

doit leur accorder un statut de V.I.P. Ils sont, avec les propriétaires, le

moteur essentiel de l’Institution. Tous les nouveaux projets de développement

et de marketing devront être établis en fonction d’un espoir réaliste de retour

sur investissement pour toute la filière. Il faudra certainement donner à

chaque hippodrome, y compris ceux de France Galop, une plus grande latitude

pour l’organisation événementielle locale. La recherche de beaucoup plus de

sponsors devra s’intensifier grâce à une image plus jeune donnée par les

courses. Elle devra également utiliser les acteurs locaux afin de fidéliser un

plus grand nombre d’entreprises et faire des courses une véritable vitrine

attractive.

2 -

GOUVERNANCE

Le non

cumul des fonctions doit devenir la règle. Les conflits d’intérêts doivent

disparaître au plus vite, afin de redonner une meilleure image de

l’Institution. La transparence financière des composantes de l’Institution

devient impérative. La prochaine équipe devra prendre l’engagement de respecter

les équilibres issus des élections et d’être beaucoup plus à l’écoute. Elle

devra également être indépendante de certains lobbys privilégiant leurs

intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. France Galop doit se

doter des outils modernes de gestion et de communication. Le projet du

"Nouveau Longchamp" doit être ramené impérativement au niveau des

réalités économiques et financières. Force est de constater que le rapport

rédigé par Daniel Augereau était prémonitoire et préconisait des solutions

efficaces. Il doit être source d’inspiration pour la prochaine gouvernance. En

résumé, le prochain président de France Galop se doit d’être un véritable chef

d’entreprise connaissant par ailleurs parfaitement l’Institution… »

Mathieu

Boutin