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Jour de Galop

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Les courses repondent aux ministres…et contre-attaquent

Autres informations / 04.07.2015

Les courses repondent aux ministres…et contre-attaquent

On se

souvient que le 20 mars, le ministre du Budget et celui de l’Agriculture

avaient écrit à Bertrand Bélinguier et à Dominique de Bellaigue pour

s’inquiéter de la trajectoire financière de la filière hippique. Le 26 juin,

les présidents des sociétés mères ont répondu aux deux ministres au moyen de

deux documents : une lettre-synthèse de deux pages (reproduite ci-après) et un

dossier de quarante-six pages que vous pouvez télécharger en cliquant ici :

Dossier remis aux ministres

Que

disent ces deux courriers ? D’une part que les sociétés de courses ne sont pas

restées les bras croisés face aux difficultés rencontrées : elles ont mené à

bien plusieurs réformes et/ou économies importantes, comme les ARS (retraites

de l’Institution), le PMH, ou encore Geny Courses. D’autre part, que la réforme

se poursuit, avec des pistes particulièrement symboliques comme le projet de

réduction de l’emploi à France Galop d’ici 2020 (de 487 à 400 emplois) ou comme

la baisse du nombre de courses de 5 % (355 épreuves, soit 50 réunions) pour

concentrer les partants sur les courses Premium.

L’ensemble

des mesures déjà prises ou à prendre devrait permettre d’atteindre l’équilibre

entre 2018 et 2019 –l’État parlait de 2017. Le PMU codétenteur d’un monopole

sur les paris sportifs en dur ? Et enfin, ce qui constitue une contre-attaque

au courrier des ministres, les présidents écrivent qu’une partie décisive de

l’avenir des courses se situe en dehors de leur périmètre : Bertrand Bélinguier

et Dominique de Bellaigue demandent à l’État de corriger les différences de

traitement entre la Française des Jeux et le PMU. Comme l’explique le rapport,

la spécialiste des loteries et autres jeux de grattage est en effet avantagée

sur plusieurs plans par rapport au PMU : comme elle n’a pas de filière à

financer, elle peut par exemple se permettre de servir aux titulaires qui

distribuent ses produits un taux de commission de 5,2 % contre 2 % pour le PMU.

Mais surtout, le succès des paris sportifs (qu’elle est la seule à pouvoir

proposer dans le commerce physique) assure– de par leur forte croissance

récente – une manne qui devient disproportionnée si on la compare à la

rentabilité en baisse des paris hippiques. Du coup, le PMU propose une solution

originale aux ministres: « étudier l’opportunité pour le PMU de devenir un

opérateur majeur du pari sportif offline ». Et les deux présidents argumentent

: « Le PMU a prouvé depuis 2010 sa capacité à exploiter les paris sportifs avec

succès en devenant, sur cette offre, le deuxième opérateur online français. (…)

Partant de ce constat, plusieurs scénarios ont été étudiés dans lesquels le PMU

solliciterait de l’État le droit de lancer l’activité de paris sportifs en

points de vente, pour laquelle la Française des Jeux bénéficie actuellement

d’un droit exclusif. (…) [Nous vous proposons ce scénario :] partage du droit

exclusif dans le cadre d’un duopole avec La Française des Jeux ; cette solution

est viable sur le plan juridique, rien ne s’opposant à ce qu’un droit exclusif

soit partagé ; s’agissant du PMU et de la FDJ, ce partage ne nécessiterait pas

d’intervention législative et n’ouvrirait pas droit à indemnisation à La

Française des Jeux qui n’a pas de droit acquis au maintien de l’exclusivité ;

conserverait à l’État la maîtrise du secteur des paris sportifs offline, qui

resteraient exploités par deux sociétés soumises au contrôle d’État et

apportant toutes les garanties en termes de lutte contre le blanchiment et de

jeu responsable ; serait simplifiée par le fait que les paris sportifs sont

principalement proposés en cote fixe : chaque opérateur pourrait proposer son

offre propre, avec un impact limité sur celle de son concurrent ; ne doit pas

être compensée automatiquement par l’ouverture du marché offline du pari

hippique, dont l’impact doit être étudié de manière précise (…) ; doit par

conséquent être analysée précisément, en s’attachant à préserver les équilibres

acquis sur les autres segments du marché des jeux, afin que les intérêts des

attributaires du duopole comme ceux de l’État soient correctement pris en

compte. » On attend maintenant la réponse des ministres aux différentes

questions posées par les sociétés mères.