Primes propriétaires : un 90/10… et sûrement plus

Autres informations / 10.07.2015

Primes propriétaires : un 90/10… et sûrement plus

Novembre

2014. France Galop annonce, à l’issue d’un conseil d’administration, le

maintien en 2015 des encouragements à l’élevage (allocations et primes) au

niveau versé en 2014, soit une enveloppe totale de 281 millions d’euros, malgré

les prévisions de repli du résultat net du PMU et un déficit de 37,3 millions

d’euros envisagé pour France Galop. Mais la société mère décide aussi d’un

nouveau mécanisme de distribution des primes propriétaires, le 90/10.

UN

MECANISME POUR RESTER DANS LE BUDGET

L’enveloppe

"primes" dépend des résultats des chevaux "FR". Plus ils

sont performants, plus cette enveloppe augmente. En 2014, France Galop avait

versé 281 millions d’euros d’encouragements, soit une hausse de 2,6 % par

rapport à 2013, directement imputable aux bons résultats des chevaux “FR”. Pour

éviter une telle inflation, la société mère a donc décidé un versement en deux

temps de la prime propriétaires réservée aux "FR" : 90 % après la

course, les 10 % restants étant mis de côté. À la fin de l’année, France Galop

versera un complément, dont le montant dépendra de ce qu’il restera en caisse.

Sachant que l’enveloppe initiale des 281 millions d’euros sera reversée en

totalité, ce complément pourra être de 10 %, de moins de 10 %, ou de plus de 10

%...

PREMIER

SEMESTRE POSITIF…ECONOMIQUEMENT PARLANT !

Cette

incertitude vient d’être partiellement levée. Au bout de six mois d’exercice,

France Galop a en effet fait un premier bilan du versement des primes. Le

montant global des primes versées au titre de l’année 2015 sera de 44,64

millions d’euros. Ce montant a été calculé par rapport à celui distribué l’an

dernier. Sur les six premiers mois de l’année, 18,211 millions d’euros ont été

distribués, soit un retrait de 9 % par rapport aux 90 % du budget alloué pour

cette période. Le bilan est positif d’un point de vue économique : imaginons

que le second semestre suive la même tendance, cela veut dire que France Galop

pourra reverser à la fin de l’année les 10 % mis de côté, et même un peu plus…

Mais il est négatif d’un point de vue du sport et de l’élevage, puisqu’il est

la conséquence des performances moindres des chevaux FR. Il est d’ailleurs

fortement lié au résultat du Prix du Jockey Club, où les trois premiers

n’avaient pas le droit aux primes. C’était la situation inverse en 2014, où les

trois premiers du Derby français étaient éligibles aux primes. France Galop met

à disposition des professionnels un tableau mensuel du suivi des primes

propriétaires. Voici celui arrêté au 30 juin. On y voit clairement que les 9

%sont largement liés aux résultats des 3 ans.

PATRICK

FELLOUS : « UN PARADOXE ABSOLU »

Cette

mesure du 90/10 avait suscité la polémique. C’était l’un des motifs de grogne

du mouvement des Entraîneurs en Colère, revendiqué lors de leur action du 12

décembre à Deauville. Mais Patrick Fellous, président du Syndicat national des

propriétaires, s’était aussi élevé contre cette régulation, qui n’avait été

proposée ni au Conseil du Plat ni aux associations de propriétaires et de

socioprofesionnels, comme il nous l’a rappelé : « Nous attentions le point

d’étape que France Galop a livré ce jeudi avec impatience. Nous sommes plutôt

contents de voir qu’au premier semestre, nous sommes en retrait de 9 % par

rapport au budget. Mais en fait, il s’agit d’un paradoxe absolu : cette

situation découle du fait que les chevaux étrangers ont gagné des grandes

courses, dont le Prix de Diane Longines ou le Prix du Jockey Club. Nous nous

réjouissons donc du fait que les chevaux français ont été moins performants que

l’an passé ! Ma dernière remarque est plus globale. Au syndicat, nous nous

battons depuis des années pour que les encouragements ne servent jamais de

variable d’ajustement. Il faut protéger les piliers que sont les propriétaires,

et cela passe par la préservation des encouragements. Ce sont les frais de

gestion de France Galop qui devraient jouer le rôle de variable d’ajustement,

alors que les encouragements, qui ne couvrent même pas les coûts d’entretien

d’une écurie, devraient au moins progresser pour couvrir l’inflation. Cette

situation est responsable de la baisse des effectifs à l’entraînement,

notamment à Chantilly, et de la baisse du nombre de partants. »