Bertrand bélinguier : " faire longchamp, c'est envoyer un message de confiance

Autres informations / 24.08.2015

Bertrand bélinguier : " faire longchamp, c'est envoyer un message de confiance

BERTRAND BÉLINGUIER

" FAIRE LONGCHAMP, C'EST ENVOYER UN MESSAGE DE CONFIANCE "

Lundi soir, le président de France Galop a répondu aux questions de Jour de Galop. Et en particulier à celle cruciale de la fermeture d'un hippodrome en région parisienne... Jour de Galop. Dans le communiqué que vous avez publié aujourd'hui, vous évoquez la possibilité de fermer un hippodrome. Comment motivez-vous ce choix ? Bertrand Bélinguier. Si l'on considère Deauville comme un hippodrome parisien, ce qu'il est, France Galop exploite huit hippodromes en région parisienne. À partir du moment où le Conseil d'administration de France Galop décide de faire un investissement important sur un hippodrome comme Longchamp, pour le rentabiliser davantage, le fait de poser la question de fermer un hippodrome a du sens. Au regard de cet investissement, nous aurions du mal à justifier de ne pas faire cet effort, à moins d'être comme ceux qui ne veulent jamais rien changer...

À quelle date programmez-vous cette fermeture ? Comme vous le savez, Longchamp ne pourra être utilisé avant le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe 2017. Cela signifie que nous aurons besoin de tous les hippodromes parisiens jusqu'à la fin de l'année 2017. La décision de fermer un hippodrome sera étudiée et instruite dans un délai de deux ans à partir de maintenant. Il n'y aura donc pas de fermeture avant 2018. Cela permet de bien préparer cette décision et de juger l'évolution de la situation. En fonction de cette évolution, toutes les options restent ouvertes.

Avez-vous déjà choisi l'hippodrome qui fermera ses portes ? Certains parlent de Maisons-Laffitte, d'autres de Saint-Cloud... Il n'y a, à ce jour, aucune option prioritaire. Vous me parlez de Maisons-Laffitte et de Saint-Cloud, mais il y a aussi le cas d'Enghien... Je vous le répète pour que ce soit parfaitement clair : France Galop n'a pris aucune option. Ça serait d'ailleurs une grosse erreur de partir aujourd'hui sur une idée préconçue, car chaque hypothèse doit être étudiée très précisément avec toutes les parties concernées. Je vous rappelle que lorsque Jean-Luc Lagardère a décidé de fermer Évry, ce n'était pas le choix d'origine. On avait d'abord étudié la fermeture de Chantilly, puis celle de Maisons-Laffitte et finalement c'est Évry qui a fermé. Il ne faut donc pas s'emballer.

Vous avez toutefois conscience que les observateurs vont se focaliser sur cette possible fermeture ?

Précisément, j'ai tenu à ce que ce point soit clairement indiqué dans notre communiqué. La transparence est importante. Et je suis conscient que cela peut susciter des sur-réactions car tout projet, dans notre univers, suscite des sur-réactions, quel que soit le sens de la décision. Prenons l'exemple récent des partants dans les courses premium : logiquement, nous décidons de diminuer de 5 % le nombre de courses P.M.H. et, immédiatement, la traduction qui est faite est : " Voici le commencement de la fin... "

Est-ce propre à notre monde associatif ou non ? Mais enfin, regardez autour de nous : même les plus grandes entreprises ont des périmètres qui bougent sans cesse, et on n'en fait pas un drame. La carte des hippodromes a connu des modifications importantes depuis un siècle et cela ne choque      personne.

Puisque vous parlez de transparence, le manque de communication n'a-t-il pas été un des handicaps du projet de "Nouveau Longchamp" ? Nous allons désormais pouvoir mettre en place une vraie communication pour permettre à tous les socioprofessionnels de s'approprier le projet.

Mais pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?

Des impondérables et des incertitudes ont compliqué les choses. Tant que vous ne pouvez pas présenter des éléments précis, il est extrêmement difficile de partager l'information. Parce que vous vous sentez en permanence confronté à l'objection : " Tout cela est très vague... " Nous avons désormais des informations précises à exposer, qui montreront notamment que notre projet est un investissement important, mais qu'il reste raisonnable par rapport à ce qui a été fait dans d'autres pays.

Le poids des pouvoirs publics a-t-il été décisif dans votre choix de fermer un hippodrome ?

J'ai récemment négocié avec la Ville de Paris, qui est propriétaire de Longchamp et d'Auteuil, une prolongation des baux. Notre convention, qui durait jusqu'en 2026 autant dire demain ! A été prolongée jusqu'en 2056. C'est une garantie majeure, qui implique une utilisation plus intensive des sites. Au cours des années récentes, nous avons créé une piste en sable fibrée à Deauville et à Chantilly, qui nous a conduits à augmenter fortement le nombre de réunions organisées sur ces deux hippodromes. En faisant cela, nous avons forcément posé la question du nombre d'hippodromes en région parisienne. Il en sera de même à Longchamp, dont le nombre de réunions va lui aussi augmenter. Si nous ne le faisions pas, Longchamp en serait fragilisé. D'autant que les sites proprement parisiens sont très convoités, comme chacun sait.

L'autre critique, sur Longchamp, c'est le poids financier de l'investissement...

Tout le monde se plaint que le nombre de propriétaires est en baisse, que plus personne ne voudrait investir dans les courses... Mais si nous n'investissons pas nous-mêmes, qui va avoir confiance dans les courses ? Faire Longchamp, c'est envoyer un message de confiance ; c'est envoyer un signe fort en faveur du développement des courses.

Avez-vous un regret dans ce dossier ?

Mon seul regret, c'est que le Nouveau Longchamp n'ait pas été fait plus tôt. J