Coulonces consignment

Autres informations / 08.08.2015

Coulonces consignment

61310

SURVIE

ANNA ET

ETIENNE DRION

JOUR DE

GALOP. - COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT L’ELEVAGE DE CHEVAUX DE COURSES ?

Anna

Drion. - En Suède, je participais à des concours de dressage et j’élevais

quelques chevaux de dressage ou de concours hippiques. Un jour, mes parents ont

acheté un pur-sang et je suis allée aux courses pour la première fois pour le

voir courir. J’ai adoré et j’ai donc commencé l’élevage de pur-sang en Suède.

Je suis ensuite venue m’installer en France, il y a dix ans.

Étienne

Drion. - On peut dire que je suis « né dedans ». Mes parents dirigeaient les

haras irlandais de Son Altesse l’Aga Khan. J’ai su très tôt que je suivrais moi

aussi cette voie. J’ai voyagé, mes parents m’ont encouragé à faire d’abord des

études, ce qui aurait été utile si j’avais changé d’avis. Mais sitôt après

avoir obtenu une maîtrise, je me suis lancé.

QUEL

CONSEIL DONNERIEZ-VOUS A UN AMI QUI VEUT SE LANCER DANS L’ELEVAGE ?

Anna

Drion.- De ne pas avoir peur de travailler ! Le travail amène le succès. Il est

également primordial de s’entourer d’une équipe compétente : maréchal-ferrant,

vétérinaire, etc. Il ne faut pas non plus négliger la nutrition et, d’une

manière plus générale, ne pas lésiner sur l’essentiel. En élevage, on ne peut

pas réussir en cherchant à couper à tout prix dans les coûts.

Étienne

Drion.- Il faut aussi bien comprendre que l’industrie des courses est

internationale. Si un ami voulait se lancer dans l’élevage à titre

professionnel, je l’inciterais donc à voyager, à travailler à l’étranger,

notamment en Irlande, en Angleterre, mais aussi, et je pense que c’est très

important, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Cela permet

d’étudier différentes méthodes de travail et de se poser les bonnes questions.

Anna et

Étienne Drion. – Si la question que vous nous posez concerne plutôt un éleveur

sans sol, le mieux pour commencer est de prendre des parts dans une jument, en

s’associant à un professionnel, et en privilégiant la qualité pour choisir la

jument. Il faut également être conscient que l’élevage coûte cher et qu’il faut

être prêt à investir. Si l’on est bien conseillé, il y aura forcément un retour

sur investissement. Le pinhooking peut être aussi une manière de se lancer,

mais c’est plus difficile en France qu’à l’étranger.

QUAND

VOUS REPENSEZ AUX MEILLEURS CHEVAUX CONÇUS AU HARAS, VOUS SOUVENEZ-VOUS DES

RAISONS POUR LESQUELLES VOUS AVIEZ CHOISI CE CROISEMENT ?

Étienne

Drion. - Il faut chercher un étalon complémentaire à la jument, et aussi penser

commercial, aller vers des étalons attirants si on veut pouvoir bien vendre son

produit.

Anna

Drion. - Pour concevoir un premier produit, je trouve que c’est bien de penser

“précocité”. Pourquoi? Parce que si le premier produit est capable de bien

courir à 2ans, cela permettra à la poulinière de se révéler plus vite. Alors

que s’il est plus tardif, il faudra attendre un an de plus pour que la jument

prouve sa qualité de poulinière.

LE

MARIAGE JUMENT/ETALON SUR LE PLAN DES DISTANCES : QUELLE EST VOTRE PHILOSOPHIE

?

Anna et

Étienne Drion. - Tout dépend de la famille. Nous n’avons pas de philosophie

spécifique. Nous nous fixons tout de même des limites sur la distance, et nous

ne voulons pas dépasser 2.400m dans le choix d’un étalon.

CELA

VOUS GENE-T-IL DE GARDER COMME POULINIERE UNE POULICHE INEDITE ? ET UNE

POULICHE JAMAIS PLACEE ?

Anna

Drion. - Garder une pouliche inédite ne nous pose aucun problème et, mieux

encore, cela peut être un bon choix, car elles sont en général moins chères à

l’achat. De plus, il n’est pas rare qu’un bon cheval soit issu d’une mère n’ayant

jamais vu un hippodrome. Quant aux pouliches non placées, il faut avant tout

bien étudier leur pedigree, et voir notamment comment se sont comportés ses

frères et soeurs.

L’ELEVAGE

EST UNE ACTIVITE DIFFICILE. QUELLE EST VOTRE MOTIVATION POUR RELEVER LE DEFI

JOUR APRES JOUR ?

Anna

Drion. - Ce n’est pas difficile du tout ! (rires) Je trouve qu’il y a des

métiers bien plus difficiles que le nôtre !

Étienne

Drion. – Comme beaucoup d’éleveurs, nous trouvons notre motivation dans nos

rêves de victoires, par exemple élever un gagnant d’"Arc". C’est

vrai, il y a des moments durs, mais gagner une course nous aide à les

affronter.

QUEL

EST, SELON VOUS, LE PLUS GRAND ELEVEUR DE L’HISTOIRE DES COURSES, TOUS PAYS

CONFONDUS ?

Anna

Drion. - John Magnier ! Chez Coolmore, tout est extrêmement bien pensé, jusque

dans le moindre détail. Savez-vous par exemple que sur les sites de Coolmore

Stud et de Ballydoyle a été mise en place une démarche éco-responsable? Les

copeaux de bois utilisés comme litière proviennent des arbres du haras et tout

est recyclé, jusqu’aux déchets organiques. Sur le plan hippique, John Magnier a

révolutionné le business. Et il a su aussi en faire profiter toute la région

autour de lui, qui vit au rythme de sa réussite. Le plus impressionnant, c’est

peut-être qu’après toutes ces années, il sait tout sur chacun de ses chevaux,

qu’il suit au quotidien.

Étienne

Drion. - Juddmonte Farms ! Frankel est là pour en témoigner. Mais, pour

rejoindre Anna, je dois dire que la réussite de Coolmore est aussi très

impressionnante.

QUEL EST

VOTRE CHAMPION PREFERE DANS L’HISTOIRE DES COURSES ?

Anna

Drion. - Le Havre, que notre famille a élevé ! Sa victoire dans le Prix du

Jockey-Club a été l’un des plus beaux moments de notre vie, et nous l’avons

partagé en famille. Un cheval peut changer une vie ; et c’est le cas avec Le

Havre : il a changé notre vie. Il rassemble encore aujourd’hui un groupe de

personnes autour de lui, comme une famille.

Étienne

Drion. – Il faut rappeler aussi que son propriétaire, Gérard Augustin-Normand,

a tout fait pour l’accompagner de la meilleure des manières dans sa seconde carrière,

celle d’étalon.

RACONTEZ-NOUS

VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE DES VENTES DE DEAUVILLE…

Anna et

Étienne Drion. - Comme vous le voyez, l’affichette qui était sur sa porte de

box aux ventes est aujourd’hui sur le mur de notre salon, en souvenir : le

numéro 163 des ventes d’août 2013, une femelle par Dubawi et Hit the Sky.

C’était une grande pouliche, avec un très bon pedigree. Au fil des jours, nous

avons vu les courtiers venir et revenir la voir et plus elle sortait de son

box, plus il lui fallait attirer l’attention, plus elle faisait le show. Jamais

elle n’a aussi bien marché qu’à l’instant où elle est entrée dans le ring !

Finalement, elle a été vendue pour 1,5 million d’euros: top price de la vente.

Je ne sais pas si nous aurons la chance de revivre un moment comme celui-là.

Mais qui sait ? Le client qui nous avait confié cette pouliche envoie souvent

de bons chevaux à Arqana. Il joue vraiment le jeu lors de cette vente ; il sera

donc peut-être à nouveau récompensé.