Ecurie des monceaux

Autres informations / 07.08.2015

Ecurie des monceaux

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LES MONCEAUX

HENRI

BOZO

JOUR DE

GALOP. - COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT L’ELEVAGE DE CHEVAUX DE COURSE ?

Henri

Bozo. - Mon père était manager du haras du Mézeray après avoir travaillé aux

haras du Bois Roussel et de Mortrée ; je suis donc né dans ce milieu. J’ai fait

des études de commerce tout en gardant contact avec le milieu, puisque j’ai

effectué un stage chez Goffs, notamment, à cette époque. Après mon service

militaire au CSEM de Fontainebleau, j’ai fait de nombreux stages à l’étranger,

dans l’idée de succéder un jour à mon père, comme me l’avait conseillé

Charles-Henri de Moussac. Pendant trois ans, j’ai beaucoup navigué, en Afrique

du Sud, en Irlande, en Australie, aux États-Unis… De retour en France, j’ai

travaillé un an en collaboration avec mon père, au Mézeray, avant de prendre sa

succession en 2000. Trois ans plus tard, Lucien Urano me contactait et

l’aventure Monceaux débutait.

L’ELEVAGE

EST UNE ACTIVITE DIFFICILE :  QUELLE EST

VOTRE MOTIVATION PERSONNELLE POUR RELEVER LE DEFI JOUR APRES JOUR ?

Élever

un cheval d’"Arc" ! C’est la course que je rêve de gagner. Mais

n’importe quel gagnant vous apporte la force de continuer, malgré les soucis

que ce métier peut vous causer tous les jours.

QUEL

PREMIER CONSEIL DONNERIEZ-VOUS A UN AMI QUI SOUHAITERAIT SE LANCER DANS

L’ELEVAGE ?

Je lui

dirais de voyager, d’observer, d’établir une stratégie, une logique d’élevage,

et de s’y tenir. Quand vous repensez aux meilleurs chevaux conçus au haras,

vous souvenez-vous des critères qui vous avaient poussé à faire tel ou tel

croisement ? Je pense qu’il faut privilégier la complémentarité entre l’étalon et

la jument, aussi bien dans le caractère – d’où l’intérêt de bien connaître sa

jument – que dans le physique. Évidemment, quand le poulain est destiné à

passer en vente, il faut faire son choix parmi les étalons confirmés. Pour

faire de bons croisements, je crois aussi que le temps que l’on y consacre est

important. L’idéal est de commencer à y penser six mois avant.

SELON

VOUS, QUE FAUT-IL PRIVILEGIER DANS LE MARIAGE JUMENT/ ETALON ?

Il faut

éviter les extrêmes, de façon générale. Pour un cheval comme Charm Spirit, dont

la mère était une jument de 2.200m, nous avions mis Invincible Spirit pour

tenter d’allumer la mèche, pour que le produit soit capable d’apporter ce «

kick » qui fait la différence dans les courses de "top niveau".Faire

naître un poulain d’une jument inédite ? Est-ce rédhibitoire ? Un simple risque

? Pas un problème?

CELA NE

POSE AUCUN PROBLEME. CE N’EST, EN TOUT CAS, AUCUNEMENT REDHIBITOIRE.

Quel

est, selon vous, l’élément décisif qui va faire qu’un yearling va atteindre des

sommets d’enchères? Je crois que c’est surtout une question de timing, être

dans le bon mouvement, à la fois pour l’étalon et la famille maternelle. L’update

est donc très important. Quand ces facteurs sont associés à un modèle

magnifique, cela peut faire la différence.

QUI EST

POUR VOUS LE PLUS GRAND ELEVEUR DE L’HISTOIRE ? ET POURQUOI ?

J’ai

énormément d’admiration pour les grands élevages français qui investissent

régulièrement pour essayer d’élever de grands champions et qui aboutissent très

souvent. Mais d’une façon plus générale, j’admire les éleveurs passionnés qui

mettent tout en oeuvre, avec des moyens différents, pour essayer d’améliorer

leur production. Je trouve qu’il y a de très bons professionnels en France et

que de nombreux jeunes éleveurs investissent et croient en ce qu’ils font. À

titre personnel, j’ai été marqué par Robert Griffin, ami et éleveur irlandais,

disparu trop tôt.

QUI EST

VOTRE CHAMPION PREFERE ?

J’ai

adoré Frankel, que j’ai eu la chance de voir courir deux fois. La passion qu’il

a déchaînée auprès du grand public, l’histoire avec Sir Henry Cecil m’a aussi

beaucoup marqué.

QUELLE

EST VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE AUX VENTES DE DEAUVILLE ?

Chicquita

était une pouliche que j’aimais beaucoup. Elle a fait le deuxième "top

price" de la vente d’août Arqana. Elle nous a ensuite offert notre

première victoire classique et, chez Goffs, elle a réalisé dix fois son prix

yearling. Plus généralement, tous les chevaux que nous avons vendus et qui se

sont ensuite illustrés en compétition sont de bons souvenirs, car c’est

l’essence de notre métier.