France galop mise sur longchamp... quitte à renoncer à un autre hippodrome parisien

Autres informations / 24.08.2015

France galop mise sur longchamp... quitte à renoncer à un autre hippodrome parisien

FRANCE GALOP MISE SUR LONGCHAMP... QUITTE À RENONCER À UN AUTRE HIPPODROME PARISIEN

Le Conseil d'administration de France Galop, organisé lundi à Deauville, était très attendu. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne laissera personne de marbre. Qu'apprend-on dans le communiqué envoyé par la société-mère à l'issue de la réunion ? D'abord que les ministres de tutelle Agriculture et Budget ont émis un avis favorable sur le projet Longchamp, soulignant qu'il " permettra de donner un nouvel élan aux courses hippiques " et mentionnant " son opportunité pour les courses françaises " (citations extraites de la lettre signée par les deux ministres le 3 juillet dernier). Mais aussi, en lisant entre les lignes, que ce blanc-seing est donné en échange de nouveaux efforts de bonne gestion. Et à ce titre, il passe par (nous citons cette fois France Galop) " la suppression d'un hippodrome parisien [qui] sera instruite dans le cadre de cette réalisation et inscrite dans la stratégie de l'entreprise. " Dans l'interview qu'il a consacrée à JDG lundi soir [lire en pages suivantes], Bertrand Bélinguier explique cette option. Maisons Laffitte, déjà en balance au début des années 1990, fermera-t-il ses portes ? Ou Saint-Cloud, qui aurait pourtant l'avantage de pouvoir accueillir le futur siège de la société-mère ?

Ou Enghien, qui permettrait à France Galop de ne rendre qu'un demi-hippodrome, puisque le galop y partage l'affiche avec le trot ? D'après le président de France Galop, citant la jurisprudence "Évry versus Maisons-Laffitte/Chantilly", aucun site n'est visé en particulier...

Huit administrateurs votent pour le projet ; les "P.P." votent contre

Lundi, le Conseil d'administration a donc " renouvelé son accord pour le lancement du projet Longchamp, à hauteur de 131 M€ hors tranche conditionnelle, par une large majorité : huit voix pour, une abstention et trois voix contre. " Les trois voix "contre" sont celles des "P.P." (Jean d'Indy, Hubert Tassin et Philippe Jeanneret) ; l'abstention est celle du représentant du Syndicat des propriétaires, Philippe Bouchara, qui n'a pas voulu voter "contre" pour ne pas s'associer à la position des "P.P." parce qu'il ne la partage pas, bien qu'il ne soit pas lui-même favorable au projet actuel de Longchamp... Il s'est ainsi démarqué de son président, Patrick Fellous, qui lui avait demandé de voter contre le projet ! Les huit autres administrateurs ont suivi leur président.

Sans l'argent du Qatar

Sur le financement du projet, France Galop semble avoir définitivement  renoncé  à  l'argent  du  Qatar,  en  précisant : " Le financement du projet sera assuré soit sur fonds propres, soit par recours à un emprunt bancaire pour tout ou partie du montant. La maîtrise du coût du projet (131 M€) sera un objectif incontournable. Tout dépassement éventuel de ce coût sera absorbé sur la gestion propre de France Galop. "

Avec une P.S.F., pour courir plus souvent... et un éclairage, pour courir en nocturne

Pour justifier le coût du projet, Longchamp se devait de pouvoir accueillir plus de réunions : " Le Conseil d'administration s'est engagé à augmenter le nombre de réunions sur le nouvel hippodrome de Longchamp pour maximiser le retour sur investissement du projet. "

Deux nouveautés sont donc envisagées : " Une étude administrative, financière et technique pour réaliser une piste en sable fibrée éclairée sera réalisée dans les meilleurs délais en liaison avec la Ville de Paris. " Historiquement, notamment sous la pression des écologistes, ces deux équipements n'avaient pas trop la cote à l'Hôtel de Ville. Mais la position des édiles parisiennes aurait changé au cours des derniers mois. Par certains côtés, Longchamp pourra jouir des mêmes atouts que Vincennes, dont la piste tout temps et l'éclairage offrent des créneaux intéressants pour faire venir le public parisien, notamment en semaine en dehors des heures de bureau.