Haras de grandcamp

Autres informations / 09.08.2015

Haras de grandcamp

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TRUN

ERIC

LHERMITE

JOUR DE

GALOP. – COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT L’ELEVAGE DE CHEVAUX DE COURSES ?

Éric

Lhermite. – J’ai commencé dans les chevaux de selle, mais, économiquement, il

était assez difficile d’en vivre. J’ai donc changé de voie pour m’orienter vers

les chevaux de course. Au début de ma reconversion, j’ai d’abord travaillé au

haras de Roiville où je me suis formé. Cela m’a plu et j’ai donc continué.

QUEL

CONSEIL DONNERIEZ-VOUS A UN AMI QUI VEUT SE LANCER DANS L’ELEVAGE ?

De ne

surtout pas le faire, car cela ferait un concurrent de plus ! (rires) Non, plus

sérieusement, je lui dirais de se lancer dans l’aventure, car l’élevage est une

expérience très sympathique, qui permet d’assister à la véritable évolution

sportive d’un cheval. En revanche, je ne lui conseillerais pas de commencer par

une association sur un cheval : quand on est plusieurs sur un cheval, les

décisions sont toujours plus compliquées à prendre. On voit tellement

d’associés qui finissent par se déchirer. Pour se lancer, il me semble que le

mieux est d’acheter une jument pleine ou à sa sortie de l’entraînement et

d’éviter les juments ayant déjà eu un certain nombre de produits.

QUAND

VOUS REPENSEZ AUX MEILLEURS CHEVAUX CONÇUS AU HARAS, VOUS SOUVENEZ-VOUS DES

RAISONS POUR LESQUELLES VOUS AVIEZ CHOISI CE CROISEMENT ?

Le

pedigree joue évidemment un rôle déterminant. Mais je regarde en priorité le

modèle et la locomotion de chaque étalon et de chaque jument. Les performances

en course ne viennent qu’ensuite dans mon analyse. Je préfère même avoir comme

poulinière une soeur de championne que la championne elle-même, qui peut avoir

été usée par la compétition. Je fais bien sûr des croisements commerciaux, car

notre but est quand même de bien vendre. Mais l’élevage, c’est aussi se faire

plaisir et chercher ailleurs que dans les étalons du moment.

LE

MARIAGE JUMENT/ETALON SUR LE PLAN DES DISTANCES : QUELLE EST VOTRE PHILOSOPHIE

?

J’essaye

de ramener de la vitesse sur ma jumenterie et j’évite les extrêmes. Je me

concentre principalement sur le mile. Je compense la vitesse avec le fond et

inversement. Cela vous gêne-t-il de garder comme poulinière une pouliche

inédite ? Et une pouliche jamais placée ? Non, cela ne me pose aucun problème.

J’ai d’ailleurs des poulinières dans ce cas de figure, notamment Green Delight

qui n’a aucune performance, ce qui ne l’a pas empêchée de produire déjà deux

placés de Groupe.

L’ELEVAGE

EST UNE ACTIVITE DIFFICILE : QUELLE EST VOTRE MOTIVATION POUR RELEVER LE DEFI

JOUR APRES JOUR ?

La

motivation ? Les courses l’après-midi ! Gagner, produire des cracks ! Quand

cela se passe mal, il faut savoir se remettre en question : en élevage, il n’y

a pas d’interdits, mais il existe tout de même des règles qu’il faut respecter.

ET LES

COUPS DURS DU QUOTIDIEN ?

Perdre

un poulain, c’est très dur et très prenant émotionnellement, mais il faut

arriver à s’en détacher.

QUEL

EST, SELON VOUS, LE PLUS GRAND ELEVEUR, TOUS PAYS CONFONDUS ?

L’Aga

Khan et les frères Wertheimer, pour la régularité de leurs résultats. L’élevage

Aga Khan a d’excellents pedigrees de distance et la jumenterie Lagardère lui a

rapporté beaucoup de vitesse. Ce sont des souches très intéressantes. Je

préfère la régularité à un succès soudain suivi d’une traversée du désert.

QUEL EST

VOTRE CHAMPION PREFERE DANS L’HISTOIRE DES COURSES ?

Frankel

était pour moi un extraterrestre. Il a eu de vraies courses, il n’a pas été

ménagé et a dû se mesurer à d’autres champions, et pas seulement à ceux de sa

génération.

RACONTEZ-NOUS

VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE DES VENTES DE DEAUVILLE…

Elle est

en photo, ici, sur le mur. Il s’agit d’Almahroosa, une fille de Green Tune et

Green Delight, dont je vous parlais précédemment : nous l’avons vendue 540.000

euros.