Haras de la motteraye

Autres informations / 07.08.2015

Haras de la motteraye

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LES AUTELS-SAINT-BAZILE

LUCIE

LAMOTTE & GWENAËL MONNERAYE

JOUR DE

GALOP. – COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT L’ELEVAGE DE CHEVAUX DE COURSES ?

Lucie

Lamotte. – De manière assez originale ! Petite, je m’intéressais aux chevaux et

cette passion naissante a été remarquée par ma professeure de catéchisme, qui

travaillait aussi à… l’AFASEC. Elle m’a emmenée aux courses pour la toute

première fois, après les cours. Cela m’a incitée à entrer à l’AFASEC de Chantilly,

mais j’ai trouvé cela assez éprouvant et me suis finalement réorientée vers

l’entraînement de trotteurs, dans le cadre d’une école agricole. J’ai ensuite

rejoint le haras d’Etreham pour découvrir autre chose. Ce fut ma toute première

expérience dans l’élevage. Gwenaël Monneraye. – J’ai commencé au haras du

Mézeray, grâce à la recommandation de Daniel Cherdo qui connaissait ma passion

pour les chevaux. Le haras était dirigé par Antoine Bozo à l’époque et j’ai

voyagé pour le haras, en Irlande notamment. J’y ai beaucoup appris : le haras

du Mezeray fut une très bonne école.

QUEL

CONSEIL DONNERIEZ-VOUS A UN AMI QUI VEUT SE LANCER DANS L’ELEVAGE ?

Lucie

Lamotte. – Pour moi, il est nécessaire de se rapprocher d’éleveurs et de

professionnels qui sauront conseiller la personne avec une vraie base de

connaissances. Il est préférable de commencer avec une part dans un cheval,

afin de s’assurer que la passion de l’élevage est réelle. Pour finir, ne pas

oublier que le maître mot de l’association dans l’élevage, c’est le mot partage

: partage des risques, partage des émotions.

Gwenaël

Monneraye. – D’après moi, c’est la qualité de l’investissement qui doit primer.

Il faut bien choisir son cheval pour sa première expérience et être extrêmement

patient! Il y a toujours des imprévus dans les courses.

QUAND

VOUS REPENSEZ AUX MEILLEURS CHEVAUX CONÇUS AU HARAS, VOUS SOUVENEZ-VOUS DES

RAISONS POUR LESQUELLES VOUS AVIEZ CHOISI CE CROISEMENT ?

Lucie

Lamotte. – Les premiers chevaux que nous avons élevés pour nous n’ont que 2ans.

L’aventure ne fait donc que commencer. Quand je réfléchis à un croisement, je

pense plus au modèle qu’au pedigree. Je vais donc beaucoup voir les

poulinières, les étalons, et sauf en cas de poulinière exceptionnelle, je pense

plus "compensation" des aptitudes, qu’"accentuation" des

aptitudes.

SELON

VOUS, QUE FAUT-IL PRIVILEGIER DANS LE MARIAGE JUMENT/ETALON EN MATIERE DE

DISTANCE ?

Gwenaël

Monneraye. – Nous n’avons pas de préférence particulière, le but premier c’est

d’obtenir un vrai cheval de course. Il y a en ce moment une mode des chevaux de

vitesse; personnellement, je préfère miser sur le mile ! Aux ventes, je regarde

les chevaux qui ont de la profondeur, une belle démarche. Je privilégie un beau

modèle tardif et je ne recherche pas à tout prix la précocité.

CELA

VOUS GENE-T-IL DE GARDER COMME POULINIERE UNE POULICHE INEDITE ? ET UNE

POULICHE JAMAIS PLACEE ?

Gwenaël

Monneraye. – Je préfère garder une pouliche inédite qu’une pouliche non placée.

Il faut se renseigner sur les raisons de cette carrière non fructueuse auprès

de l’entourage. À mes yeux, le pedigree doit compenser l’absence de compétition

ou de résultats. Cela peut être dû à des problèmes physiques qui ne remettent

pas en cause la qualité du cheval. Chez nous, par exemple, une inédite,

Viking’s Cove, a produit deux black type.

QUEL

EST, SELON VOUS, LE PLUS GRAND ELEVEUR, TOUS PAYS CONFONDUS ?

Federico

Tesio, et puis Juddmonte ! Leur cour d’étalons et leur jumenterie nous laissent

rêveurs… On pourrait tout aussi bien citer un éleveur français comme l’Aga

Khan. Nous avons répondu Juddmonte d’abord, parce que, ces dernières années,

l’élevage du Prince Khalid Abdullah n’a pas connu une seule année creuse. Il

produit des cracks sur toutes les distances, et des étalons aussi.

QUEL EST

VOTRE CHAMPION PREFERE DANS L’HISTOIRE DES COURSES ?

Gwenaël

Monneraye. – Zarkava ! Son saut au passage du poteau dans le Marcel Boussac,

son presque refus de sortir des stalles lors du Prix Vermeille : seule Zarkava

pouvait se permettre ces facéties pour finalement gagner ses courses en crack.

Je retiens aussi Frankel dans les 2000 Guinées, mais restons chauvins ! Dans

tous les cas, les champions savent rendre les courses populaires.

Lucie

Lamotte. – Zarkava pour moi aussi. En plus, je l’aimais beaucoup physiquement.

Dans le même registre, on peut aussi citer Trêve. Les pouliches ont tendance à

plus me marquer.

POUR

FINIR, QUELLE EST VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE AUX VENTES DE DEAUVILLE ?

En 2014,

c’était le lot 87 des ventes d’août, une femelle par Monsun et Dubai Rose,

cette dernière vainqueur de deux Listeds. Elle appartenait à un nouveau client

et nous devions donc faire nos preuves. La préparation a d’ailleurs été plus

compliquée que prévu, nous avions dû réajuster à la foisson travail et sa

nutrition. Il faut dire qu’elle était dotée d’un sacré caractère, un peu comme

celui de Zarkava d’ailleurs !  Au final,

le modèle a payé, même si le papier était moins conséquent que celui d’autres

yearlings. Elle est aujourd’hui à l’entraînement chez Nicolas Clément. Il y a

aussi Léaupartie. Elle a été élevée à Etreham et des amis – Brendan et

Anne-Marie Hayes – l’ont achetée foal en décembre. Pour nous aider et nous

faire plaisir, ils nous ont confié sa préparation aux ventes de yearlings… où

elle a été finalement achetée 25.000 € par Sylvain Vidal. Sous l’entraînement

de Fabrice Chappet, elle a gagné le Prix de Psyché (Gr3) et terminé deuxième de

la "Nonette", derrière Romantica. Cette année-là, sur les quatre

yearlings que nous avions préparés, deux ont gagné une course de groupe (outre

Léaupartie, Abu Sidra a remporté le Prix Ris-Orangis).