Haras de la reboursiere et de montaigu

Autres informations / 10.08.2015

Haras de la reboursiere et de montaigu

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NONANT-LE-PIN

ALIETTE

FORIEN

JOUR DE

GALOP. – COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT L’ELEVAGE DE CHEVAUX DE COURSES ?

Aliette

Forien. – Ma famille est active dans l’élevage depuis mon arrière grand-père.

Enfant, je suivais mon père aux courses et je l’accompagnais sur les pistes

chez son entraîneur de l’époque, Pierre Thomas-Moret, à Maisons-Laffitte. Nous

y allions une à deux fois par mois. C’est là que j’ai pris goût aux courses.

J’adore les courses, et d’abord les chevaux. J’ai beaucoup monté en concours

hippique et j’aurais pu continuer en tant qu’éleveur ou cavalière, mais j’ai

suivi la voie familiale, naturellement.

L’ELEVAGE

EST UNE ACTIVITE DIFFICILE : QUELLE EST VOTRE MOTIVATION PERSONNELLE POUR

RELEVER LE DEFI JOUR APRES JOUR ?

L’élevage

est une merveille, mais les hauts sont hauts et les bas sont bas ! Il faut être

philosophe, ne pas se décourager, être patient. Oublier les moments difficiles

lors des belles victoires. Supporter les mauvais moments et se réjouir des

bons.

QUAND

VOUS REPENSEZ AUX MEILLEURS CHEVAUX CONÇUS AU HARAS, VOUS SOUVENEZ-VOUS DES

CRITERES QUI VOUS AVAIENT POUSSEE A FAIRE TEL OU TEL CROISEMENT ?

Ici,

tous les croisements sont faits avec Gilles (Forien) car, de par son métier, il

connaît parfaitement les problématiques de commercialisation. Le pedigree en

dit beaucoup au premier abord, mais il faut faire très attention aux modèles,

c’est pourquoi je recommande d’aller voir les étalons avant d’arrêter son

choix. Puis l’aspect du premier produit aide à choisir les croisements

suivants. Au haras, nous accueillons des étalons en qui nous avons confiance, à

qui nous envoyons nos bonnes juments, pour les soutenir. C’est ce que nous

avons fait avec Kendor ou encore Starborough, qui est malheureusement disparu

trop tôt.

SELON

VOUS, QUE FAUT-IL PRIVILEGIER DANS LE MARIAGE JUMENT/ ETALON : VITESSE/FOND,

VITESSE/VITESSE, FOND/FOND ?

Je pense

qu’une jument de 1.400m ne doit pas être croisée à un étalon de 2.400m, car il

est rare d’arriver à une bonne moyenne entre les deux parents. Les chevaux

doivent être laissés dans leurs caractéristiques,  sans aller dans les excès ni chercher

absolument à privilégier la vitesse pure.

FAIRE

NAITRE UN POULAIN D’UNE JUMENT INEDITE, EST-CE REDHIBITOIRE, UN SIMPLE RISQUE

OU N’EST-CE PAS UN PROBLEME?

Entre

une inédite sans problèmes et une jument qui a couru jusqu’à 5ans ou 6ans, je

prendrais l’inédite. Pour celles qui ont beaucoup donné sur la piste, les

premières années de poulinières peuvent être un peu difficiles. On constate

qu’elles mettent souvent quelques années à produire correctement. Mais si vous

faites confiance à une inédite, elle doit vraiment avoir un bon pedigree. Car

si son origine n’est pas transcendante et qu’elle n’a rien montré en course,

vous ne ferez rêver personne.

QUI EST,

POUR VOUS, LE PLUS GRAND ELEVEUR DE L’HISTOIRE? ET POURQUOI ?

Aujourd’hui,

je suis très admirative de Khalid Abdullah, car il a créé un élevage

extraordinaire. Il a, certes, beaucoup de chevaux, mais ce n’est pas démesuré

comparé à d’autres, et cela ne l’empêche pas de sortir un champion par an.

Juddmonte, c’est une sélection continue : mâles, femelles, Europe, États-Unis…

et leurs familles réussissent depuis des générations. Mon explication à son

succès, c’est que le Prince est un homme de cheval.

ET VOTRE

CHAMPION PREFERE DANS TOUTE L’HISTOIRE ?

Sea Bird

est le premier champion que j’ai vu. Je n’ai pas oublié la manière dont il

construisait ses succès, la manière qu’il avait de s’envoler.

RACONTEZ-NOUS

VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE AUX VENTES DE DEAUVILLE.

C’était

il y a vingt-cinq ans. Nous nous lancions dans l’élevage et nous avions acheté

une jument à Newmarket avec notre ami Mathieu Daguzan-Garros. Elle était pleine

de Sadler’s Wells, qui n’avait pas encore l’aura qu’il a eue par la suite. Elle

pouline et son poulain a les genoux renvoyés. Nous étions effondrés. Grâce à

son papier, il a pu aller aux ventes d’août, mais nous étions très pessimistes.

Les inspections commencent. Mahmoud Fustok, qui était un des plus grands

acheteurs de l’époque, avait l’habitude de faire venir tous les poulains qui

l’intéressaient dans la grande cour de l’établissement des ventes. Et là, notre

poulain est appelé ! Cela voulait dire que Mahmoud Fustok était intéressé…

C’était vrai puisque, finalement, il a acheté le poulain 350.000 francs : une

fortune à l’époque. Pourquoi un tel prix ? Cela reste un mystère.