La filière hippique turque poursuit son expansion

Autres informations / 11.08.2015

La filière hippique turque poursuit son expansion

Jean-Pierre

Deroubaix, consultant pour le Jockey Club Turc, nous a détaillé la liste des

projets de la filière hippique en Turquie. Vingt-trois nouveaux hippodromes à

travers le pays devraient voir le jour. La Turquie est le troisième pays en

Europe en ce qui concerne les enjeux hippiques et les allocations. L’État Turc,

en soutenant le développement de la filière et du pari mutuel, souhaite

soutenir les emplois directs et indirects. 

Jean-Pierre Deroubaix nous a expliqué : « Il est important de savoir que

lors de l’élection du régime pro-islamique à la tête du pays dans les années

1980, une loi a été votée pour interdire la pratique du jeu de manière

générale. Des casinos et des "book" clandestins ont vu le jour. Le

Jockey Club Turc s’est retrouvé dans une situation imprévue. J’ai donc été

appelé par un client sur place afin d’expliquer, lors d’une commission

parlementaire, la façon dont les courses hippiques étaient organisées en

France. Suite à cela, la filière a obtenu le droit d'organiser des épreuves,

uniquement suivant le principe du pari mutuel. » des projets d’hippodromes

intégrés dans la vie des citadins« L’hippodrome d’Istanbul a été rénové, tout

comme celui d’Ankara. Ils sont devenus trop petits pour accueillir tous les

chevaux. Aujourd’hui, le pays compte neuf hippodromes. Grâce aux ressources du

PMU local et du gouvernement, il devrait en compter une vingtaine dans d’autres

villes importantes turques. Le gouvernement financera les cliniques

vétérinaires dans une optique d’amélioration de la race et de recherche. Le

plan des centres d’entraînement et des hippodromes est le même pour toutes les

villes. Les prochains hippodromes seront construits à Antalya, le

"Deauville Turc", à Samsun, sur les rives de la Mer Noire, et à

Konya, dans le centre de l’Anatolie. Les courses seront aussi proposées en

semi-nocturne et le Jockey Club Turc a mis un point d’honneur à diversifier

l’offre de restauration. Il a également insisté sur les activités familiales,

avec une forte orientation récréative, sportive et culturelle sur les sites.

Lorsque l’hippodrome n’est pas utilisé pour des activités hippiques, il doit

l'être pour toute une palette d’activités. Ce point est très important pour les

autorités locales. Dans le cheminement de progression de la filière en Turquie,

la France a été très présente,  via des

laboratoires antidoping et de recherches sur les maladies contagieuses. » La

filière hippique est en pleine expansion en Turquie, générant plus de 26

milliards de dollars au profit de l’État sur les dix dernières années.

UN PLAN

DE FORMATION AMBITIEUX

« En

parallèle, le développement hippique de la Turquie passe par la formation des

jeunes et des professionnels de la filière. Chaque année une centaine de jeunes

intègrent l’école des courses. Ils sont orientés vers un métier de la filière

hippique en fonction de leurs profils et de aptitudes. Cette formation a aussi

un objectif scolaire classique et elle se déroule en partenariat avec les

écoles des courses de Newmarket, mais également avec l’Irlande et l’Australie.

Les dix meilleurs jeunes de chaque promotion sont récompensés en allant de 3 à

6 mois à l’étranger chez de grands professionnels. Il faut souligner l’effort d’ouverture

des professionnels et officiels turcs. Ils ont pris conscience de l’intérêt

d’observer ce qui se passe à l’étranger et ils voyagent beaucoup.»

 UN ELEVAGE EN PLEINE PROGRESSION

« Les

éleveurs ont eu besoin d’étalons pour développer l’activité, et grâce au pari

mutuel, l’achat de vingt-huit étalons pur-sang a été possible. La Turquie a pu

créer des haras, avec les emplois associés, mais aussi une dizaine de stations

de monte. Chez les pur-sang anglais un prélèvement sur le pari mutuel a permis d’acheter

des étalons. Par ailleurs les acheteurs de juments black types reçoivent des

aides pour le transport et des tarifs préférentiels sur les saillies. Du coté

des pur-sang arabes, le stud-book est fermé aux étalons stationnés à

l’étranger. Les reproducteurs achetés à l’étranger sont réservés aux éleveurs

turcs et leurs produits doivent rester en Turquie. Dans les deux races, le

cheptel turc a connu une très nette et remarquable amélioration. » deux chaînes

de télévision dédiées au cheval « En ce moment même, Equidia chapeaute la

formation des techniciens des deux chaînes de télévision turques dédiées aux

course. Une première chaîne, diffusée sur internet, permet de voir toutes les

courses. Une deuxième traite du monde du cheval d’une manière plus générale, en

accompagnant le sport hippique de reportages et de sports équestres. Des

techniciens turcs sont par ailleurs venus se former pendant le meeting de

Deauville aux côtés des équipes d’Equidia. »