Tour des haras : haras de l’hôtellerie jean-pierre et guillaume garçon

Autres informations / 13.08.2015

Tour des haras : haras de l’hôtellerie jean-pierre et guillaume garçon

TOUR DES HARAS

HARAS DE L’HÔTELLERIE JEAN-PIERRE ET GUILLAUME GARÇON

Suite et fin de notre "Tour des Haras" qui vous propose de découvrir quelques acteurs qui seront sous les feux de la rampe dans quelques jours, lors des ventes deauvillaises de yearlings d'Arqana. Cette année, nous leur avons proposé de se confier de manière très personnelle, en mêlant souvenirs, techniques et références.

Jour de Galop. -Comment avez-vous découvert l'élevage de chevaux de course ?

Jean-Pierre Garçon. - Je ne suis pas issu du milieu du cheval, mais j'ai fait une école agricole. C'est un peu le hasard qui m'a conduit à débuter dans les chevaux chez David Powell, il y a une quarantaine d'années, pendant trois ou quatre ans, à l'issue desquels je suis parti au haras de Roiville. J'y ai travaillé pendant quelques années. Puis j'ai rejoint, avec ma femme, le haras de Loche, comme responsable. Ensuite, j'ai été stud-groom pendant vingt-six ans à la Reboursière. Enfin, je me suis installé il y a trois ans et demi, en créant le haras de l'Hôtellerie.

Quand avez-vous décidé d'en faire votre métier ?

Jean-Pierre Garçon. - Dès que j'ai commencé à travailler avec les chevaux ! J'y ai vite pris goût et je me débrouillais plutôt bien. On peut clairement dire que c'était une vocation cachée.

Quel conseil donneriez-vous à un ami qui veut se lancer dans l'élevage ?

Jean-Pierre Garçon. - Prévoir un peu d'argent ! (rires) S'il veut le faire à titre amateur, il est intéressant de s'associer sur deux ou trois poulinières, avec un syndicat qui ressemblera à une écurie de groupe. Je conseillerais aussi de s'entourer d'un professionnel qui pourra faire profiter de ses conseils. Il faut également bien définir son objectif : savoir si l'on veut élever pour courir ou pour vendre. La seconde option exige plus d'investissements.

Quand vous repensez aux meilleurs chevaux conçus au haras, vous souvenez-vous des raisons pour lesquelles vous aviez choisi tel ou tel croisement ?

Jean-Pierre et Guillaume Garçon. -  Ce  n'est  pas très facile d'avoir du recul, en ce qui nous concerne, car les premiers chevaux élevés ici ne sont âgés que de 2ans ou 3ans. Les croisements, nous y réfléchissons avec les propriétaires, mais nous sommes avant tout vendeurs, donc nous optons la plupart du temps pour des étalons commerciaux. Cela n'empêche pas de faire des paris qui peuvent se révéler payants ! Nous avons une jument pleine de Canford Cliffs par exemple, dont les premiers produits courent cette année, et qui promet de bons résultats. Le prix de saillie n'était pas très cher à l'époque. Dans le registre des paris, on peut aussi citer Casamento.

Au sujet du mariage jument & étalon sur le plan des distances : quelle est votre philosophie ?

Jean-Pierre Garçon. - Pour moi, une jument de vitesse va avec un étalon de vitesse, et de même pour le fond : je n'applique pas de logique de compensation, sauf pour le modèle. Mais il ne faut pas hésiter non plus à croiser un peu au "feeling".

Cela vous gêne-t-il de garder comme poulinière une pouliche inédite ? et une pouliche jamais placée ?

Jean-Pierre Garçon. - Aucun problème concernant une pouliche inédite : dans ces cas-là, on regarde la souche ! Et puis il n'y a pas de règles, on voit des championnes qui n'arrivent pas à bien produire et des inédites qui deviennent d'excellentes poulinières. La même philosophie est applicable pour les pouliches non placées.

L'élevage est une activité difficile : quelle est votre motivation pour relever le défi jour après jour ?

Jean-Pierre Garçon. - Nous avons une clientèle assez internationale, donc il est vrai que nous souffrons moins que certains haras ayant une clientèle majoritairement française. Et puis il n'y a pas de quoi se plaindre, je trouve que nous sommes assez épargnés depuis le début de la crise. De nombreux établissements agricoles, en dehors du monde du cheval, mettent la clé sous la porte autour de nous. Guillaume Garçon. - Dans notre cas, les clients sont motivés, ils veulent investir, alors nous sommes très positifs ! Il est d'ailleurs nécessaire de l'être dans une activité comme la nôtre.

Quel est, selon vous, le plus grand éleveur de l'histoire ?

Jean-Pierre Garçon. - Alec Head, c'est un modèle, il a énormément apporté à l'élevage français avec Roland de Chambure. Guillaume Garçon. - Wertheimer & Frère ! Leur stratégie d'élevage est sublime, leurs croisements sont très recherchés, ils se donnent tous les moyens de réussir.

Quel est votre champion préféré dans l'histoire des courses ?

Jean-Pierre Garçon. - Frankel, c'est le crack absolu. Je préfère les milers généralement, et sur cette distance, Frankel est le cheval du siècle. Guillaume Garçon. - Ce n'est pas une question facile, mais je dois dire que la dernière course d'american Pharoah m'a une fois de plus laissé bouche bée ! C'est le nouveau Secretariat. Il est toujours au canter quand les autres donnent le meilleur d'eux-mêmes.

Pour finir, quelle est votre plus belle histoire des ventes de deauville ?

Jean-Pierre Garçon. - La première année où nous avons présenté des yearlings, nous avons signé deux beaux scores, avec un fils de dubawi vendu 450.000 euros et un fils de dansili vendu 460.000 euros, qui est parti ensuite en Australie. Guillaume Garçon. - Cela reste des chiffres, mais c'est vrai que bien vendre un cheval, cela met une certaine pression quant à sa future carrière ! On espère à chaque fois qu'il justifiera son prix de vente sur la piste.