Aligner les intérêts des parieurs et des propriétaires sur les courses de sélection

Autres informations / 29.09.2015

Aligner les intérêts des parieurs et des propriétaires sur les courses de sélection

 « Le modèle économique des courses relève

de ce que l’on appelle des plateformes multi-faces, comme d’ailleurs la plupart

des médias ou des acteurs web de la nouvelle économie. C’est la rencontre de

plusieurs marchés et acteurs qui interagissent ensemble avec des effets de

clubs. De façon simple, plus vous avez de joueurs, plus vous pouvez investir

dans le spectacle, et plus le spectacle est de qualité plus vous avez de

joueurs. L’inverse est malheureusement tout aussi vrai : moins de joueurs,

moins de moyens, dégradation du spectacle d’où moins de joueurs et donc moins

de moyens… Après, l’investissement dans le spectacle dépend de nombreux

acteurs. En premier lieu, les socioprofessionnels bien sûr : entraîneurs,

jockeys, éleveurs, maisons de vente, organisateurs des courses… Ces derniers

vivent pour partie de cette activité et doivent s’assurer au moins d’une saine

rentabilité. Enfin, les propriétaires qui, comme les joueurs, sont des

contributeurs nets du système. Pour que le système fonctionne, il faut donc

maintenir une dynamique forte et saine entre joueurs d’un côté et propriétaires

de l’autre, qui sont l’un comme l’autre les faces qui apportent de l’argent au

système, en contrepartie de leur satisfaction qui peut être de multiple nature.

Les socioprofessionnels ont donc besoin, pour pérenniser leurs activités, de

s’assurer en permanence qu’il ne puisse y avoir d’intérêts contradictoires

entre parieurs et propriétaires. Le cas des courses à faible nombre de partants

en est un exemple qui doit être traité de façon urgente. Le joueur a intérêt à

avoir de nombreux partants pour maximiser ses gains, alors que les

propriétaires n’en ont pas toujours intérêt s’ils veulent améliorer les chances

de gains de leurs chevaux. Ce cas est particulièrement vrai avec les courses

dites de sélection, où le propriétaire risque une double sanction : pas

d’allocations reçues pour une course dure pour le cheval (nature même de la

sélection) et en plus pénalisation au poids si le cheval court correctement, ce

qui risque de compromettre lourdement sa carrière en handicap. Combien de

propriétaires ont reçu ce conseil avisé de leur entraîneur en les dissuadant de

courir des courses de sélection car le plaisir de voir son cheval se mesurer

aux meilleurs coûte finalement très cher. Ce frein légitime peut toutefois être

levé, si on réaligne les intérêts des parieurs et des propriétaires sur les

courses de sélection. Étendre les allocations comme pour les Quintés jusqu’au

septième, et surtout s’engager à neutraliser la valeur au poids pour ne pas

pénaliser la carrière du cheval sur les handicaps, et ce quel que soit le

résultat. Après, il reste à définir ce qu’est une course de sélection, mais les

socioprofessionnels devraient arriver sans mal à trouver les bons

compromis. »

Christopher Hogg,

propriétaire et éleveur hors sol