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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Au congrès de la fédération nationale des courses hippiques

Autres informations / 17.09.2015

Au congrès de la fédération nationale des courses hippiques

AU CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES COURSES HIPPIQUES

Longchamp accueillait dimanche matin le congrès de la Fédération nationale des courses hippiques, qui se tient tous les trois ans depuis 2012. Bertrand Bélinguier, président de France Galop, Dominique de Bellaigue, président de Le Trot, et Xavier Hürstel, président-directeur-général du PMU, se sont exprimés devant les présidents des sociétés de courses de province, et devant les représentants de l'État dont Sylviane Miroux, nouvelle contrôleur d'État (elle a succédé à Vincent Soetemont cet été). Plusieurs sujets ont été abordés, comme la réduction du nombre de courses P.M.H. au galop, les difficultés que rencontre l'Institution avec la crise, les nouveaux défis attendant les courses...

BERTRAND BÉLINGUIER : APPEL À L'UNITÉ FACE AUX NOUVEAUX DÉFIS

Bertrand Bélinguier a ouvert le congrès. Avant de commencer son discours, le président de France Galop a tenu à remercier les présidents des sociétés de courses de province, ainsi que les bénévoles travaillant à leur côté pour leurs rôles stratégiques et indispensables aux courses françaises. Quelques instants de silence ont été observés en mémoire des présidents de sociétés de courses nous ayant quittés durant ces trois dernières années. Puis le président de France Galop a noté que, " depuis 2012, notre Institution est entrée dans une période beaucoup plus difficile, liée à la crise économique mais aussi à de nouvelles dispositions légales qui viennent perturber notre équilibre économique. " Il est revenu sur la création du Comité stratégique mis en place au printemps 2012 avant d'anticiper les réformes encore nécessaires. " Depuis l'été 2013, nous avons eu comme priorité de faire aboutir les propositions les plus importantes et nous l'avons fait. (...) La refonte du décret de 1997 était un chantier important, attendu depuis longtemps : sous la responsabilité de M. Stéphane Le Den, chef du Bureau du cheval et de l'Institution des courses au ministère de l'Agriculture, le nouveau décret a pu être publié le 25 mars 2015 et a été suivi en mai et juin des arrêtés qui définissent les statuts types des fédérations et sociétés régionales. Plusieurs modifications impactent le fonctionnement de vos sociétés. (...) Ce décret renforce la présence régionale dans les Comités des sociétés-mères. Au-delà de ces grands chantiers, les sociétés-mères ont mis en œuvre des mesures pour baisser sensiblement leurs charges d'exploitation : j'insiste sur ce point pour que vous soyez convaincus que le plan d'économies porte sur tous et que les instances nationales assument leur part de l'effort collectif qu'il nous est demandé d'accomplir. " Les réformes concernées sont celles du P.M.H. ou encore des retraites au sein de l'Institution. Bertrand Bélinguier a aussi souligné que le Comité stratégique n'avait pas uniquement pour but de faire des économies, mais aussi de trouver des projets de développement car " notre avenir ne repose pas que sur la réduction des coûts, mais aussi et surtout sur notre capacité commune à faire évoluer et même à réinventer le produit courses hippiques, dans ses dimensions pari et spectacle. " Ce développement passe par le plan PMU 2020 et aussi l'expansion continue du PMU à l'étranger, comme avec la prise de participation majoritaire dans le German Tote. Bertrand Bélinguier est aussi revenu sur l'importance du marketing commun des courses : " C'est une démarche ambitieuse et longue. (...) Nous bâtissons désormais une vision commune et un message commun pour les courses hippiques françaises " avec pour but de " repositionner les courses hippiques à la place qui doit être la leur dans le paysage des loisirs en France. "

Booster le nombre de partants premium

Le sujet de la baisse du nombre de courses P.M.H., avant de booster le nombre de partants premium, était évidemment un sujet attendu par les différents présidents des sociétés de courses de province. " Nous avons consulté les Conseils et Comités régionaux pour recueillir leurs avis et leurs propositions quant à la possibilité de supprimer en deux ans des courses P.M.H. de galop. Cette réflexion est en cours et les conclusions ne sont pas encore établies. Je voudrais être très clair : quand les deux sociétés-mères cumulent une perte globale de plus de 80 millions d'euros, nous devons agir et prendre les mesures nécessaires, dès lors qu'elles ont pour objectif de permettre à l'Institution toute entière de passer un cap très difficile et de préparer le rebond à venir. "

Bertrand Bélinguier s'est aussi voulu rassurant sur un point : il ne s'agit pas de fermer des hippodromes et a souligné " le rôle de vitrine et d'exposition [des hippodromes de province, ndlr] est fondamental pour rétablir le lien entre la jeune génération de Français indifférente à notre univers d'une part, et les courses et le pari hippique d'autre part. "

Rester unis, toujours, et donner confiance

Dans cette période économiquement difficile et propice aux conflits, Bertrand Bélinguier a appelé l'Institution des courses à rester unie. Le président de France Galop a conclu son intervention sur le Nouveau Longchamp, qui est " un symbole, et un symbole fort. (...) Lancer aujourd'hui cette rénovation, techniquement et commercialement indispensable, prouve que nous croyons en l'avenir et que nous voulons nous donner les moyens de moderniser notre image, à travers un site emblématique connu dans le monde entier, qui portera les couleurs de toutes les courses hippiques françaises. "

DOMINIQUE DE BELLAIGUE : UNITÉ MAIS INQUIÉTUDE AUTOUR DE LA SUPPRESSION DE COURSES P.M.H.

Dominique de Bellaigue, président de LeTrot et candidat à sa propre succession pour les élections qui se tiendront en décembre prochain a ensuite pris la parole. " Nous savons tous que la loi de mai 2010, dite loi d'ouverture du marché des jeux sur internet, est hautement responsable d'une partie de nos difficultés. " Tout comme Bertrand Bélinguier, Dominique de Bellaigue a tenu à souligner la fonction de formation et de découverte que portent les hippodromes de province et a tenu à rassurer les présidents des différentes sociétés de courses sur la volonté de l'Institution de conserver un maximum d'hippodromes dans la France entière.

XAVIER HÜRSTEL : PARLER MOINS ET AGIR PLUS

Xavier Hürstel a ensuite pris la parole. " Les activités 2015 sont difficiles. Les enjeux sont environ en baisse de 2,6 %, ce qui est moins qu'en 2014  à  la  même  période (5 %). Il faut souligner que les courses françaises s'exportent bien. " Il est revenu sur les principales difficultés auxquelles fait face le PMU. La première est la fragilité du réseau de points de vente " bien que le PMU ouvre chaque jour un nouveau point de vente dans notre pays ". Il y a ensuite la concurrence du pari sportif notamment " sur le réseau en dur. Nous pouvons nous défendre sur internet. " La restriction sur les règles de l'utilisation du liquide a aussi eu des conséquences : Xavier Hürstel a expliqué que cela a " fait perdre entre 150 et 200 millions d'enjeux. " Le PMU souffre de limitations pour lancer de nouvelles offres dans le cadre de grands changements informatiques actuellement, suite à l'obligation de séparer les masses d'enjeux online et offline. Enfin, la baisse du nombre de partants a aussi eu un impact : " Les enjeux s'accélèrent sur les courses à plus de douze partants et s'effondrent à moins de huit partants. À cette date en 2015, cela représente 30 millions d'enjeux en moins. Depuis la fin 2013, nous avons perdu 80 millions d'euros à cause du faible nombre de partants. "

Après être revenu sur le plan PMU 2020, Xavier Hürstel a par ailleurs souligné le développement international pour trouver de nouveaux marchés sur les courses françaises : Russie, Afrique, Amérique du Sud... Le but est d'exporter les courses françaises mais aussi de permettre de développer les filières hippiques internationales, comme en Allemagne ou au Brésil, ce qui sera profitable aux courses françaises. Xavier Hürstel s'est aussi exprimé sur une technologie attendue par un certain nombre en France : le tracking. Des travaux sont en cours sur ce système à travers différentes innovations " pour que notre pays soit leader en la matière. " Xavier Hürstel a aussi insisté sur la nécessité de restaurer le nombre de partants dans les courses et sur la nécessité de respecter les horaires : " L'impact d'un décalage des horaires peut être élevé. " Et le président du PMU a conclu : " Il faut moins parler et plus agir. Chacun doit trouver la solution qu'il peut trouver chez lui avant d'en trouver chez les autres. "

PARTANTS, MÉDECINS, SUPPRESSION DES COURSES P.M.H. AU CENTRE DES QUESTIONS

Les trois discours ont été suivis d'une séance de questions, animée par Pierre Préaud, directeur de la Fédération. L'application du décret rendant impossible pour les amateurs et permis d'entraîner d'être commissaires a été mis en avant, ce à quoi Pierre Préaud a expliqué qu'il s'agissait là d'une volonté commune des Tutelles et des sociétés mères afin d'éviter les conflits d'intérêts. Jean-Philippe Sémeillon, président de la société des courses d'Agen, s'est inquiété sur la suppression de courses P.M.H. Bertrand Bélinguier a expliqué : " Les allocations non distribuées resteront dans le cadre régional. Nous ferons les arbitrages les moins pénalisants possibles à partir des différentes propositions qui nous serons faites, pour déterminer les solutions les plus équilibrées et les plus équitables. " Ont aussi été abordées les questions d'assurance pour les hippodromes accueillant des chevaux étrangers durant plusieurs jours en vue d'une course, la question de l'obligation pour les hippodromes, en 2015, de faire appel à un médecin urgentiste ou avec des compétences urgentistes pour chaque réunion de course, ou encore le nouveau décret interdisant aux amateurs et permis d'entraîner d'exercer des fonctions de commissaires. À la fin de la réunion, s'est tenu le vote pour la modification des nouveaux statuts de la Fédération nationale des courses hippiques, selon le décret du 25 mars 2015. Les nouveaux statuts ont été votés et approuvés à l'unanimité.