Clap de fin pour le crack hurricane fly

Autres informations / 31.08.2015

Clap de fin pour le crack hurricane fly

CLAP DE FIN POUR LE CRACK HURRICANE FLY

Le crack aux vingt-deux succès de Gr1 Hurricane Fly (Montjeu) prend sa retraite. C'est son entraîneur, Willie Mullins, qui l'a annoncé sur son compte Twitter : " Ce lundi marque la fin d'une ère pour mon équipe et pour moi. Hurricane Fly ne courra plus. C'est le cheval d'une vie et c'était un privilège de l'entraîner. " Suite à sa sixième place dans la Grande Course de Haies d'Auteuil (Gr1), sa dernière sortie, son entourage avait évoqué la possibilité qu'il prenne sa retraite. C'est finalement ce qu'il s'est passé. " Je ne pense pas avoir déjà vu un cheval qui puisse se battre comme lui, a déclaré Willie Mullins à la presse étrangère. Les familles Creighton et Boyd ont été privilégiées de posséder un cheval comme lui. Il nous a telle- ment donné... Nous sommes heureux qu'il se retire maintenant. " Jour de Galop revient sur la riche et longue carrière d'Hurricane Fly. Une carrière qui a débuté chez Jean-Luc Pelletan, pour lequel il a gagné le Prix Omnium II (L) en plat, avant de se

poursuivre sur les haies, discipline dans laquelle il est de- venu le crack que l'on connaît. Au total, Hurricane Fly a gagné vingt-deux Grs1. Mais il a aussi devancé quarante- sept lauréats de Gr1 au cours de sa carrière. Un autre record pour le cheval qui a remporté le plus de Grs1 au monde...

47 VAINQUEURS DE GR1 SUR LE TABLEAU DE CHASSE DU CRACK HURRICANE FLY

Literato et Spirit one parmi ses "victimes" en plat Hurricane Fly a débuté sa carrière en plat. Son plus beau titre dans cette discipline demeure le Prix Omnium II, qu'il a enlevé pour l'entraînement de Jean-Luc Pelletan. Dans cette Listed, il avait dominé Literato, futur vainqueur des Champion Stakes (Gr1), et Spirit one, lauréat plus tard de l'Arlington Million (Gr1), preuve qu'il possède une solide classe de plat. Mais cette classe de plat lui a aussi joué des tours, en début de carrière sur les obstacles, car il avait alors tendance à se montrer très brillant. Ce qui est préjudiciable pour un sauteur plutôt bon... mais ne l'est pas pour Hurri- cane Fly !

De Questarabad à Jezki

Le programme d'obstacle anglo-irlandais est très fourni, ce qui explique en partie qu'Hurricane Fly ait devancé, au cours de sa carrière, quarante-sept lauréats de Gr1. L'autre expli- cation, la plus importante, c'est qu'il s'agit d'un cheval comme on n'en voit que tous les trente ou quarante ans, un vrai champion. Il faut l'être pour battre des chevaux de la classe de Questarabad K, Quevega, Solwhit, Thou- sand Stars, Punjabi, Binocular, Blackstairmountain, Zarkandar, Captain Cee Bee, rock on ruby, Jezki ou encore Ptit Zig. Tous ont un ou plusieurs Grs1 à leurs pal- marès. Mais pas n'importe quels Grs1. Questarabad a été le meilleur hurdler d'Auteuil pendant plusieurs saisons, enlevant notamment la Grande Course de Haies d'Auteuil, le Grand Prix d'Automne par deux fois et le Prix Renaud du Vivier (Grs1). Quevega a enlevé six fois le Mares' Hurdle de Cheltenham, un Gr2 devenu Gr1, un record, mais aussi qua- tre fois le World Series Hurdle (Gr1) de Punchestown, la Grande Course de Haies irlandaise. Solwhit a gagné le World Hurdle (Gr1), Thousand Stars a décroché par deux fois la Grande Course de Haies d'Auteuil, Binocular a enlevé le Champion Hurdle, Blackstairmountain, le Nakayama Grand Jump (Gr1), et Ptit Zig, le Prix Renaud du Vivier... Les cham- pions et les générations sont passés, mais Hurricane Fly a continué à dominer la discipline des haies sur les courtes distances à l'âge de 11ans.

Au total, 71 gagnants de groupe ont été battus par Hurricane Fly

Si l'on additionne les lauréats de Gr1 avec les vainqueurs de Gr2 et de Gr3 qui ont été dominés par Hurricane Fly, nous arrivons à un chiffre vertigineux : 71. Ainsi, le crack irlandais a accroché soixante-et-onze lauréats de Groupe différents à son tableau de chasse. Le pro- gramme de Gr2 et de Gr3 sur les obstacles anglo-irlandais est plus étoffé que celui des Grs1, ce qui explique le chiffre

auquel nous sommes arrivés.

LA GENÈSE ITALIENNE D'HURRICANE FLY

Le crack Hurricane Fly (Montjeu) a été élevé par l'Agricola del Parco, une entité italienne située près du lac de Côme et animée par Giovanni Caiani. S'il n'est jamais allé en Italie, puisque sa mère était stationnée en Irlande, Hurricane Fly possède une histoire liée à la "grande botte". Au cours du Festival de Cheltenham 2014, nous avions rencontré Gio- vanni Caiani, qui nous avait parlé de l'histoire d'Hurricane Fly. Nous reproduisons ici l'interview réalisée il y un an et demi.

 

 

JDG. - Vous avez élevé Hurricane Fly, record horse des victoires en gr1. racontez-nous le début son histoire.

giovanni Caiani. - À l'époque, nous élevions avec mon frère Paolo, qui était installé en Irlande. C'était lui l'expert en chevaux dans la famille. Hurricane Fly n'est jamais venu chez nous. En Italie, un cheval peut être né dans un autre pays mais, dans ce cas, il faut l'importer après sa naissance et le débuter en Italie afin de bénéficier des primes. Malgré cela, nous avons préféré vendre Hurricane Fly yearling en Irlande. C'était un très joli cheval, avec un beau modèle. Lors des ventes de Goffs, après une radiographie, nous avons découvert qu'il avait un petit chip. Mais finalement, le cheval a tout de même été vendu 65.000 euros.

 

Pourquoi avoir choisi Montjeu pour Scandisk (Kenmare), la mère d'Hurricane Fly ?

À cette époque, Montjeu débutait dans sa carrière d'étalon et était proposé entre 20.000 et 25.000 euros la saillie. Et c'était un champion ! L'histoire de Scandisk est aussi inté- ressante. Nous possédions sa mère, yankee Lady (Lord Gayle). C'est une famille dans laquelle nous croyions beau- coup et que nous voulions conserver et développer. Nous avons croisé Yankee Lady à Kenmare, dans l'espoir d'ob- tenir une pouliche et de la garder pour l'élevage. Car pour nous, Kenmare est un excellent père de mère. Ce produit fut Scandisk. Elle était à l'entraînement chez John Oxx et a débuté en Italie, afin de bénéficier des primes. C'était dans une très bonne courses à conditions, dans laquelle il y avait notamment Field of Hope [future lauréate du Prix de la Forêt, ndlr] au départ. Avec le recul, je me dis que c'était un engagement un peu fou ! Et pourtant, Scandisk a gagné de cent mètres ! C'était le jour de l'"Arc" de Sinndar et John Oxx était bien évidemment à Longchamp. Ensuite, Scandisk est repartie en Irlande avant de revenir courir en Italie le Premio Baggio, un Gr3. Mais son jockey n'a pas été très ins- piré ce jour-là.... Il l'a montée en tête et sur la longue ligne droite de Milan, c'est très dur d'aller au bout. Elle a couru par la suite deux courses en Irlande, sans succès, puis elle est rentrée à l'élevage. Quand mon frère s'est retiré de l'éle- vage quelques années plus tard, nous avons dû nous sépa- rer de plusieurs juments. Nous avons vendu quatre poulinières et parmi elles, il y avait Scandisk. C'était en 2007 et, à cette époque, Hurricane Fly n'était pas le monument qu'il est aujourd'hui.

Rien ne prédestinait Hurricane Fly à devenir un champion en obstacle ?

Nous voulions en faire un cheval de plat. Il a été un bon cheval dans cette discipline, il a gagné le Prix Omnium II

(L) sur un terrain très lourd, devant Literato. Ensuite, il a été vendu et il est parti chez Willie Mullins. Nous l'avons un peu perdu de vue à ce moment-là et nous n'avons pas com- pris alors pourquoi son entourage voulait en faire un cheval d'obstacle. Puis, il a commencé à faire parler de lui et à ga- gner des Groupes. Nous sommes venus l'encourager chaque année à Cheltenham, pour le Champion Hurlde. Nous es- sayons de le voir régulièrement. Nous sommes d'ailleurs allés à Leopardstown pour le voir gagner son 19e Gr1.