France galop a-t-il besoin d'un président ?

Autres informations / 20.09.2015

France galop a-t-il besoin d'un président ?

FRANCE GALOP A-T-IL BESOIN D'UN PRÉSIDENT ?

France Galop a-t-il besoin d'un président ? Les membres du Comité ne devraient-ils pas être tirés au sort, plutôt que cooptés ou élus ? France Galop doit-il rester une association ? Les deux sociétés-mères doivent-elles être une démocratie ou devenir une monarchie ? Les élus des Syndicats sont-ils vraiment représentatifs du corps socioprofessionnel qu'ils sont censés représenter ?

Tout le monde se demande qui sera le prochain président de France Galop. On nous parle de trois candidats : Jean d'Indy, Loïc Malivet et Édouard de Rothschild. Mais, pour des raisons différentes, aucun des trois prétendants potentiels ne veut ou ne peut sortir du bois aujourd'hui. L'un a commencé de compter ses voix et le compte n'y est pas donc il hésite à prendre le départ si c'est pour finir non placé ; l'autre connaît si bien les dossiers qu'il est en train de se convaincre que les quatre prochaines années ressemblent à un cadeau empoisonné pour le futur président pas faux ; le dernier ne se déclarera pas avant le jour de l'élection car il spécule sur le retrait de ses adversaires seul en piste, il sera élu. Ajoutons à cela qu'une candidature "extérieure" semble de plus en plus incertaine. Et plus le temps passera, plus elle sera improbable. On a prononcé les noms de David de Rothschild (mais il n'ira pas pour de nombreuses raisons, familiales d'abord et professionnelles ensuite), de Daniel Augereau (qui peut être élu mais pourra difficilement attaquer directement comme président) et d'Hervé Morin (mais la campagne des Régionales en Normandie n'est-elle pas chronophage ?). Pour toutes ces raisons, la campagne pour la présidence n'a pas commencé. Et ne commencera peut-être jamais. Fautil s'en inquiéter ? Nous aimerions pouvoir juger les candidats sur leurs programmes. Insolemment, j'ai envie de dire que l'absence de campagne est un bienfait. Dans son dernier livre, l'historien Pierre Rosanvallon fait cette remarque pleine de bon sens : la concurrence profite au consommateur (baisse des prix) ; mais elle nuit à l'électeur... à cause de l'inflation de promesses (non tenues) qu'elle suscite. Pour les courses, c'est donc peut-être une chance de ne pas avoir de campagne électorale. Pauvres électeurs que nous sommes, nous voici abandonnés à notre sort par ceux qui nous gouvernent... Je plaisante bien sûr. Et dans cette même

veine semi-humoristique, puisque les candidats n'ont pas encore l'intention de nous apporter des réponses, je me suis posé quelques questions idiotes.

Question 1 : les membres du Comité ne devraient-ils pas être tirés au sort, plutôt que cooptés ou élus ?

Réponse : pourquoi pas ? Si cela vous semble absurde, songez aux jurys d'assises. On ne peut pas dire que les jurés d'assises n'aient pas à prendre des décisions importantes. Quel jugement est le plus difficile ? La vie d'un homme (aux assises) ou le déplacement d'une course B de Longchamp à Chantilly ? La réponse est évidente. Le tirage au sort a ses vertus. Il assure un renouvellement naturel des élus et évite certains travers de la politique normale (clientélisme, inflation des promesses, cumul des mandats, élus qui s'accrochent à leur mandat trop longtemps, etc).

Question 2 : France Galop doit-il rester une association ?

Réponse : être une association n'est pas une fatalité. France Galop pourrait devenir, comme le PMU, une entreprise. Mais le statut "association-entreprise", qui est le vrai état de fait actuel, n'est pas si mal... à condition de cumuler les avantages du privé (énergie, ambition) et du public (indépendance et sens de l'intérêt général), plutôt que d'associer les mauvais travers des deux systèmes (salaires élevés et fonctionnarisation).

Question 3 : les élus des Syndicats sont-ils vraiment représentatifs du corps socioprofessionnel qu'ils sont censés représenter ?

Réponse : oui et non. Représentatifs, ils le sont, puisqu'ils ont généralement reçu un mandat local (ceux qui seront élus, au sein des grands syndicats, sont le plus souvent les présidents des associations régionales). Mais c'est précisément cela qui cloche un tantinet. Tant que la logique de constitution des listes sera régionale, ces syndicats auront un problème de représentativité. Les syndicats doivent envoyer les meilleurs de leurs membres au Comité ; pas ceux qui représentent telle ou telle zone géographique. Si les têtes de listes régionales sont les meilleurs, tout va bien ; si ce n'est pas le cas, attention les dégâts.

Question 4 : France Galop a-t-il besoin d'un président ?

Réponse : on a le droit de dire non. Je ne dis pas qu'il ne faut pas de président ; je dis que France Galop peut vivre sans président. L'Institution fonctionnait très bien lorsque le directeur général faisait aussi office de président. ?

Question 5 : les deux sociétés-mères doivent-elles être une démocratie ou devenir une monarchie ?

Réponse : drôle de question me direz-vous ! Enfin pas si iconoclaste que cela, puisque l'Union européenne compte encore sept monarchies... Je ne veux pas rouvrir le débat qui empoisonne la France depuis qu'un certain 21 janvier 1793, une poignée d'énervés ont tranché la tête d'un roi qui valait mieux que sa caricature... Sans que cela soit perceptible à l'époque, cet assassinat allait couper notre pays en deux, pour toujours. Contentons-nous de poser cette question : quand les courses au galop françaises ont-elles été les plus heureuses pour la dernière fois ? Sous Jean-Luc Lagardère. Pouvoir républicain ou monarchique ? Plutôt monarchique. Je me demande si France Galop n'a pas besoin d'un pouvoir fort, au lieu du pouvoir dilué et régionalisé que nous propose la dernière réforme des statuts. La France est Jacobine dans son âme et Girondine seulement par défaut ou par accident. France Galop étant comme la France, elle gagnerait à combattre le Girondisme et à redevenir Jacobine. La France aime être gouvernée par un puissant, même si elle s'en défend et se plaint tout le temps, comme les batraciens du génial La Fontaine dans Les Grenouilles qui demandent un roi : "

Les grenouilles se lassant De l'état démocratique,

Par leurs clameurs firent tant

Que Jupin [Jupiter] les soumit au pouvoir monarchique.

Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique :

Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,

Que la gent marécageuse,

Gent fort sotte et fort peureuse, S'alla cacher sous les eaux, Dans les joncs, les roseaux, Dans les trous du marécage,

Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau. Or c'était un soliveau*,

De qui la gravité fit peur à la première Qui, de le voir s'aventurant,

Osa bien quitter sa tanière.

Elle approcha, mais en tremblant;

Une autre la suivit, une autre en fit autant: Il en vint une fourmilière;

Et leur troupe à la fin se rendit familière Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.

Le bon sire le souffre et se tient toujours coi. Jupin en a bientôt la cervelle rompue:

"Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue." Le monarque des dieux leur envoie une grue,

Qui les croque, qui les tue, Qui les gobe à son plaisir;

Et grenouilles de se plaindre.

Et Jupin de leur dire:" Eh quoi? Votre désir A ses lois croit-il nous astreindre ?

Vous [auriez] dû premièrement Garder votre gouvernement;

Mais, ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire Que votre premier roi fut débonnaire et doux De celui-ci contentez-vous,

De peur d'en rencontrer un pire. "

* Homme dépourvu d'autorité, ne sachant pas se faire respecter.