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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le nouveau longchamp sort du bois

Autres informations / 29.09.2015

Le nouveau longchamp sort du bois

 

Mardi matin, au moment même où tombaient les forfaits du prochain Arc,

France Galop avait invité une soixantaine de journalistes à découvrir le

Nouveau Longchamp… dans une grande tente située sur la pelouse de l’hippodrome

parisien.

L’occasion pour Bertrand Bélinguier de détailler les enjeux du projet

devant un parterre de médias majoritairement généralistes, en compagnie de l’architecte Dominique Perrault,

lauréat du concours de maîtrise d’œuvre pour la restructuration de

l’hippodrome, et de Bernard Mounier, Directeur général de Bouygues Bâtiment

IDF, entreprise attributaire du marché. Les deux maîtres-mots ont été :

inscription dans la longue histoire du site et inscription dans l’écrin de

nature qu’est le bois de Boulogne.

 

Deux films

consacrés à Longchamp ont été diffusés. Le premier n’était pas inédit ; le

second, en revanche, est nouveau et passionnant : il s’agit d’une reconstitution

en images de synthèse des étapes des travaux. Vous pouvez le visionner en

cliquant ici : https://youtu.be/yjDOihS53FI

Il donne

une idée vraiment très précise de la manière dont les choses vont se dérouler

au cours des vingt-quatre mois de travaux, qui représenteront 600.000 heures de

travail et mobiliseront près de 450 personnes. Le chantier démarrera après le

Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, fin octobre 2015, pour une livraison à l’"Arc"

2017.

 

Puis la

salle s’est livrée à un questions/réponses avec les animateurs de la

conférence. « Ce projet, qui

représente un investissement de 131 millions d’euros, vise à faire rayonner

l’excellence des courses de galop françaises, tant sur la scène internationale

que sur le marché du sport et des loisirs. Il va doter le galop d’un hippodrome

performant et 100 % connecté, en phase avec les attentes des

professionnels, des propriétaires et les nouveaux usages des nouvelles

générations de public. (…) Le nouveau Longchamp répond aux enjeux de

modernisation et de digitalisation des grandes infrastructures de sport et de

loisirs. Il privilégiera le confort de visite et l’accueil des différents

publics au cœur du bois de Boulogne, poumon vert de la capitale. Il est conçu

pour s’adapter à l’évolution de la fréquentation, entre courses de galop à très

forte notoriété, comme le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, et les réunions de

courses à public plus restreint. (…) France Galop a choisi Dominique Perrault

pour l’originalité de son projet architectural, fidèle à l’esprit et l’histoire

de l’hippodrome. L’opération du nouveau Longchamp se déploie sur une zone bâtie

de près de 11 hectares sur les 57 hectares du site. Modèle de performance

écologique dans le monde des hippodromes, il conjuguera des dispositifs

énergétiques passifs et actifs. Il possèdera la double certification HQE

Bâtiments tertiaires et Aménagement. »

 

> Pour découvrir les étapes des travaux dans un film en

3D :

> Et pour visionner la présentation du projet, que nous

avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de diffuser dans JDG : https://youtu.be/uVPLccnaX3w

 

 

 

 

 

BERTRAND BÉLINGUIER :

« UN NOUVEL HIPPODROME POUR UNE ATTRACTIVITÉ NOUVELLE »

Jour de Galop. – Ce mardi est un

jour particulier pour vous : l’aboutissement d’un long processus qui n’a

pas toujours été facile. Que ressentez-vous aujourd’hui ?

Bertrand Bélinguier. – Effectivement, le processus a

d’ailleurs commencé avant moi, puisque le concours d’architecte a eu lieu au

cours de l’année 2011, c’est-à-dire avant mon élection. Il est vrai que cela a

été un long cheminement pour aboutir à la décision finale de rénover

l’hippodrome de Longchamp… Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à vos

lecteurs, il me semblait essentiel que France Galop montre sa confiance en

l’avenir à tous les professionnels des courses. Le galop français doit avoir un

hippodrome-phare, compte tenu de ce que représente notre activité dans le monde

entier, et compte tenu du fait que la qualité des professionnels et des chevaux

français est reconnue dans le monde entier : celle des éleveurs, celle des

entraîneurs, celle des jockeys… Pour cela, il fallait que nous ayons un

hippodrome moderne et 100 % connecté, tout en restant dans des limites de

coût raisonnables. Il va nous permettre de donner un nouvel élan à l’activité des

courses.

Ce projet

s’inscrit aussi dans la démarche du marketing commun des courses, qui vise à

développer une nouvelle attractivité des courses de chevaux pour les

générations à venir. Et ça, on ne peut pas le faire avec de vieilles

installations.

 

Face à certaines oppositions et

difficultés, vous est-il parfois arrivé de douter ? Avez-vous parfois

pensé que le projet n’irait pas à son terme ?

Ç'a été un

parcours difficile, je ne vais pas vous dire le contraire. Mais j’ai été très

encouragé, notamment lorsque la Commission des sites, qui réunit à peu près

toutes les catégories de l’administration française (ministère de l’Intérieur,

Beaux-Arts, protection des Monuments classés…) a approuvé le projet à

l’unanimité – ce qui ne s’était paraît-il jamais produit. Cela m’a donné un

élan supplémentaire.

Ce qui

était aussi très important pour moi, au-delà de la rénovation de Longchamp,

c’était d’obtenir de la Ville de Paris la prolongation de la concession qui

nous autorise à exploiter Auteuil et Longchamp jusqu’en 2056. La convention

précédente s’arrêtait en 2026, c’est-à-dire dans à peine dix ans. Là, nous

sommes sûrs d’avoir Longchamp et Auteuil jusqu’en 2056. Oui j’ai eu confiance

jusqu’au bout.

 

Il y a un sujet qui intéresse

beaucoup les socioprofessionnels, c’est celui du déplacement des plus grandes

courses pendant les travaux. On sait que l’Arc se déroulera à Chantilly en

2016. Mais les Poules d’Essai ? Iront-elles à Deauville ?

Oui les "Poules"

se courront à Deauville et un choix sera fait prochainement pour les autres

grandes courses. Naturellement, ce que nous essayons de faire, dans

l’élaboration du programme 2016, c’est que les courses restent les plus proches

possible de ce qu’elles sont aujourd’hui. C’est ce qui nous a guidés et c’est

ce qui, au passage, nous a conduits à décider de disputer l’Arc à Chantilly.

 

Mais pour les Poules d’Essai, on

parle de ligne droite… C’est très différent du parcours actuel !

C’est

vrai ; cela va presque être un nouvel exercice ! Qui sait ? Cela

conduira peut-être à une évolution durable du parcours des Poules

d’Essai ? Vous savez comme moi qu’il y a eu beaucoup de discussions pour

savoir si c’était mieux de les courir, comme autrefois, sur la moyenne piste.

Ou bien sur la grande piste, avec un tournant qui arrive quand même assez vite

après le départ. Évidemment, avec beaucoup de partants, le tirage au sort des

places à la corde n’est pas indifférent… même si nous avons vu des performances

magnifiques réalisées par des chevaux qui avaient un numéro à l’extérieur.

 

Comment appréhendez-vous l’Arc

2015, qui sera le dernier disputé dans ce Longchamp ?

Cette

édition va être extraordinaire, unique. Il y a une grande émotion, que nous

allons tous vivre ensemble : pour la première fois depuis 1920, un cheval

va essayer de remporter l’Arc une troisième fois. Jusqu’à maintenant, les rares

chevaux qui avaient signé un doublé n’avaient pas tenté le triplé. Qui plus

est, Trêve est la grande favorite… Mais naturellement, elle ne courra pas seule

et c’est heureux. Je pense à New Bay, à Golden Horn, à Dolniya et tous les

autres. Cette année, l’Arc s’annonce magnifique !