Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Osarus frôle les 4 millions d'euros

Autres informations / 16.09.2015

Osarus frôle les 4 millions d'euros

OSARUS FRÔLE LES 4 MILLIONS D'EUROS

LA TESTE, MERCREDI. VENTE OSARUS, J2.

Si aucun yearling n'a passé cette année la barre des 100.000 euros lors de la vente Osarus organisée mardi et mercredi à La Teste, l'agence a d'autres motifs de satisfactions. L'activité du premier jour s'est confirmée ce mercredi, avec quelques batailles sur les meilleurs lots. Celles-ci ont généré deux top prices à 68.000 euros, pour deux pouliches présentées par Jedburgh Stud et le haras d'Ellon. Alec Waugh et Thierry de la Héronnière ont pris l'habitude de mutualiser leurs moyens pour présenter leurs yearlings à La Teste, et d'année en année, leur consignment a augmenté en nombre... ainsi qu'en qualité. La première, fille de Sageburg, a été achetée par Jean-Claude Rouget, assez actif cette journée, la seconde, par Siyouni, est revenue à Stéphane Wattel. Les pinhookers ont aussi joué leur rôle, et notamment Matt Coleman, qui venait à La Teste pour la première fois. Il a acheté un fils d'Harbour Watch, dont ce sont les premiers yearlings, pour 62.000 euros. Le poulain était présenté par le haras du Buff, vendeur ici de Suits You (Youmzain) l'an dernier... Et la structure d'Edwige Le Métayer a aussi vendu un fils de Power, pour 42.000 euros, à Eoghan O'Neill.

Le prix moyen a fait un bond, de 17.696 euros en 2014 à 21.050 euros cette année, et le prix médian a suivi cette progression, passant de 14.000 à 18.000 euros. Seul le taux de vendus a légèrement reculé, s'établissant à près de 79 %, amiables incluses. Emmanuel Viaud a commenté : " Même si nous n'avons pas vendu de chevaux à plus de 100.000 euros, tous les indicateurs sont à la hausse, ce qui satisfait les vendeurs. Nous avions légèrement resserré le catalogue, ce qui a porté ses fruits. S'approcher des 4 millions d'euros de chiffre d'affaires est une belle satisfaction. "

VENTES OSARUS JOUR 2LES FAITS MARQUANTS

LE PREMIER PRODUIT DE LOUVE ROUGE IRA CHEZ JEAN-CLAUDE ROUGET

#146 F   Sageburg & Louve Rouge, par Gold Away  68.000 €

Acheteur : Jean-Claude Rouget

Vendeur : Jedburgh Stud & Haras d'Ellon

Cette pouliche présentée par l'association entre Jedburgh Stud et le haras d'Ellon a lancé cette seconde journée de vente sur de bonnes bases, puisqu'elle a dépassé le top price de mardi. Elle avait tapé dans l'œil de plusieurs professionnels, dont Fabrice Chappet et Jean-Claude Rouget, et c'est finalement l'entraîneur palois qui a mis la dernière enchère à 68.000 €. La pouliche est le  premier produit  de Louve Rouge (Gold Away), qui avait montré précocité et qualité, puisqu'elle a pris la deuxième place du Prix Robert Papin (Gr2). L'entraîneur nous a dit : " Sa mère avait de la qualité en course, et il s'agit de son premier produit. Tous les espoirs sont permis. Je ne l'ai pas achetée pour quelqu'un en particulier. "

LA BELLE JOURNÉE D'ALEC WAUGH ET THIERRY DE LA HÉRONNIÈRE

#227 F   Siyouni & Shinabaa, par Anabaa 68.000 €

Acheteur : Stéphane Wattel

Vendeur : Jedburgh Stud & Haras d'Ellon

L'association entre Jedburgh Stud et le haras d'Ellon, qui se renouvelle chaque année spécialement pour les ventes Osarus, a décidément vécu une belle journée. Après le lot 146, la pouliche adjugée 68.000 € (et élevée à Jedburgh), Thierry de la Héronnière est revenu à la marque avec le lot 227, une fille de Siyouni qui a elle aussi fait monter les enchères jusqu'à 68.000 €. Tony Forde pensait avoir fait le plus dur, mais Stéphane Wattel, entré plus tard dans la compétition, ne s'est pas laissé impressionner et a mis l'enchère gagnante. L'entraîneur nous a dit : " C'est une belle pouliche, bien née, dans le type de ce que je recherchais ici : un peu de précocité mais aussi un peu de classe. J'aime beaucoup cette famille maternelle, celle de Molly Martine, et je suis content d'acheter au haras d'Ellon, qui fait du très bon travail. Je l'ai acheté pour John Corbani et des associés. " HARBOUR WATCH TRANSMET SA PRÉCOCITÉ

#152 M  Harbour Watch & Make Up, par Kyllachy 62.000 €

Acheteur : Stroud Coleman Bloodstock Vendeur : Haras du Buff

Ce poulain présenté par le haras du Buff appartient à la première production de son père, le précoce Harbour Watch, et il était présenté par le haras du Buff, qui avait cédé Suits You (Youmzain) lors de cette même vente l'an dernier. Sa mère a également un pedigree axé sur la vitesse. Make Up (Kyllachy) a gagné à 2ans, et c'est une sœur d'Hoyam (Royal Applause), deuxième des Queen Mary Stakes (Gr2). Il a logiquement attiré les pinhookers, et c'est Matt Coleman qui a mis la dernière enchère à 62.000 €. Il était notamment face à Alban Chevalier du Fau. Le courtier anglais nous a dit : " Il est fait comme un cheval de vitesse. Sa mère était précoce, sa tante Hoyam aussi. D'ailleurs Hoyam était passée par la breeze up de Tattersalls. Harbour Watch était luimême un excellent 2ans. Il est destiné à passer en vente dans une breeze up anglaise l'an prochain, probablement à Doncaster. Concernant son prix, c'était ma limite. Mais je pense que ce genre de chevaux sera cher à Newmarket ou à Goffs. C'est pourquoi je suis venu ici. "

 LES PREMIERS "HARBOUR WATCH" BIEN ACCUEILLIS

#258 F   Harbour Watch & Ulla, par Singspiel 40.000 €

Acheteur : Paul Basquin Vendeur : Haras du Logis

Encore un produit du jeune Harbour Watch... Cette pouliche, présentée par le haras du Logis, a su séduire Paul Basquin en toute fin de vente. L'homme du haras du Saubouas a signé le bon à 40.000 €. C'est le deuxième produit seulement de sa mère, Ulla (Sinsgpiel), déjà l'origine de Skyler White (Iffraaj), qui s'est placé troisième en débutant. Paul Basquin nous a dit : " Les premiers produits de Harbour Watch sont prometteurs. Ils semblent précoces, comme lui l'était. Pour moi, c'était l'une des belles pouliches de l'aprèsmidi. On a aussi des garanties côté maternel, avec Sinsgpiel comme père de mère. Et le 2ans est assez estimé. Elle va aller au Saubouas et nous déciderons ensuite. Mais c'est le genre de pouliches qui pourrait débuter au premier semestre de ses 2ans. "

LA SŒUR DE GUAJARAZ POUR GÉRARD AUGUSTIN-NORMAND

#195 F   Loup Breton & Rahyna, par Rahy  45.000 €

Acheteur : Sylvain Vidal

Vendeur : HSV Agency/Haras de Saint-Vincent

Cette pouliche, fille de Loup Breton, était présentée par le haras de Saint-Vincent. Son frère, Guajaraz (Rashbag), a gagné le Critérium du Béquet-Ventes Osarus, le Grand Critérium de Bordeaux et le Prix du Pont Neuf (Ls) avant d'être exporté à Hongkong. Sylvain Vidal a dû débourser 45.000 € pour se la faire adjuger. Il nous a expliqué : " Elle est bien née et nous étions à la recherche de vitesse. Elle est modelée pour faire une 2ans "vite". J'aime bien aussi Rahy comme père de mère. Je l'ai achetée pour Gérard Augustin-Normand. "

KEVEN BORGEL ET CON MARNANE, MODÈLES DE DIVERSITÉ DES ACHETEURS

On parle beaucoup du Sud-Ouest à propos de la vente de La Teste. Mais la vacation est de plus en plus nationale et européenne… Le profil des vendeurs est varié, avec toujours de nombreux acteurs locaux, mais désormais des haras normands en majorité. L’origine des acheteurs est également diverse. Aux côtés des traditionnels Jean-Claude Rouget et haras du Saubouas notamment, on trouve de plus en plus d’étrangers (Con Marnane, Anthony Stroud, Alastair Donald et Karl Burke

font partie des plus actifs), mais aussi plusieurs entraîneurs du Sud-Est. Parmi eux, le professionnel marseillais Keven Borgel est d’ailleurs arrivé en tête des acquéreurs par le nombre de produits : il s’est fait adjuger 11 chevaux, c’est-à-dire plus que Con Marnane (9), MAB Agency (9), le haras du Saubouas (9), Jean-Claude Rouget (8), etc.

LA SŒUR DE FLASH DANCE POUR MERIDIAN INTERNATIONAL

#201 F   Elusive City & Resquilleuse, par Dehere    42.000 €

Acheteur : Meridian International Vendeur : La Motteraye Consignment

Présentée par La Motteraye Consignment, cette fille du confirmé Elusive City est une sœur de Flash Dance (Zamindar), gagnante et multiple placée de Listed, d'Esles (Motivator), bon gagnant également, et de la mère de Stormy Victoria (Stormy River), placée de Listed. Elle a fait grimper les enchères jusqu'à 42.000 €. C'est Ghislain Bozo, de Meridian International, qui a signé le bon. Il nous a dit : " C'est une pouliche très chic, issue d'une famille vivante. Flash Dance était une bonne jument de course et elle semble bien produire. Nous pouvons donc espérer que sa page de catalogue s'améliore encore. Je l'ai achetée avec plusieurs associés, dont Frank Walter, et elle ira à l'entraînement chez Pia Brandt. "

LE BUFF ET EOGHAN O'NEILL,   DANS LA CONTINUITÉ DE SUITS YOU

#254 M   Power & Touch of Silk, par Night Shift     42.000 €

Acheteur : Eoghan O'Neill Vendeur : Haras du Buff

Eoghan O'Neill n'était pas présent pour le passage du lot 254, un fils de Power (dont ce sont les premiers yearlings), présenté par le haras du Buff. C'est l'entité d'Edwige Le Métayer qui lui avait vendu ici, l'an dernier, Suits You (Youmzain), avec la réussite que l'on sait. La mère du poulain, Touch of Silk, est une sœur d'Arabic Song (Alhaarth), gagnante de Listed aux États-Unis. Edwige Le Métayer, qui a misé sur les jeunes étalons, a donc elle aussi vécu une belle journée, puisqu'elle a aussi vendu un produit d'Harbour Watch pour 62.000 €.

JEAN-CLAUDE ROUGET EN TERRE CONNUE

Jean-Claude Rouget était en terrain connu avec ce lot 158. Il entraînait son père, Never on Sunday, dont les premiers 2ans sont apparus en piste cette année, mais aussi sa mère, Masseria (Della Francesca), qui n'a jamais couru. Masseria est une sœur de Royal Menantie (Kendor), lauréat du Prix Frédéric de Lagrange (L). Ce yearling, présenté par le haras de Grandcamp, est son premier produit. Jean-Claude Rouget, après avoir signé le bon à 40.000 €, nous a dit : " Sa mère était une jument magnifique, mais qui n'a pu courir en raison d'un problème à un genou. Son poulain m'a plu. " Never on Sunday a déjà enregistré quatre gagnants individuels.

LE FRÈRE D'INDÉCENCE CHOISIE POUR CHRISTOPHE FERLAND

#249 M Vertigineux & The Jostler, par Dansili 40.000 €

Acheteur : Christophe Ferland Vendeur : Haras des Granges

Ce poulain présenté par le haras des Granges est un frère d'Indécence Choisie (Kendargent), une 2ans qui vient de gagner facilement à Craon pour sa troisième sortie. Elle porte les couleurs de Guy Pariente et elle est entraînée par Christophe Ferland. C'est l'entraîneur de La Teste qui a mis l'enchère gagnante à 40.000 €. Il nous a dit : " Sa sœur nous a donné toute satisfaction, et nous allons essayer de répéter l'histoire. Il est encore plus harmonieux que sa sœur. Je l'ai acheté pour Guy Pariente et Gérard Laboureau. " Indécence Choisie avait été achetée pour 46.000 € à cette même vente, l'an dernier.

HARRY DUNLOP, L'ANGLAIS QUI AIME LA FRANCE

Harry Dunlop, entraîneur installé à Lambourn (Grande-Bretagne) depuis 2006 et fils du grand professionnel John Dunlop, était présent à La Teste-de-Buch. En compagnie de sa femme, Christina, il nous a expliqué pourquoi il venait de plus en plus souvent en France, à la fois pour y acheter des chevaux et pour les courir.

Jour de Galop. Comment a débuté votre histoire avec la France ?

Harry Dunlop. D'abord, il faut dire que mon père a été l'un des premiers à aller courir partout dans le monde, en France, en Italie, au Canada... Pour notre famille, les courses ont toujours eu une dimension internationale. Le premier cheval que j'ai acheté en France est Sir Patrick Moore. Nous l'avions acquis à Arqana, en octobre 2011, pour seulement 16.000 euros. Il a débuté à Newbury, s'est imposé, et comme il avait de la qualité et pouvait bénéficier des primes propriétaires, nous sommes venus en France. Il a gagné à Compiègne, puis s'est placé de Listed et de Groupe à Longchamp. Nous l'avons cédé à la vente de l'Arc et il fait désormais carrière en Australie sous le nom de Weary. Je pense que Sir Patrick Moore a été le déclencheur. Nos propriétaires ont vu que l'on pouvait acheter de bons chevaux en France, pour un prix raisonnable, puis gagner plus d'argent en France qu'on ne l'aurait fait en Grande-Bretagne. Les allocations sont plus élevées ici, et avec les primes, c'est encore plus intéressant.

D'autres chevaux ont-ils suivi l'exemple de Sir Patrick Moore ?

Je dois dire que nous avons eu beaucoup de chance avec les chevaux achetés en France. Même s'ils n'ont pas tous atteint le niveau de Sir Patrick Moore, tous ont gagné. Parmi les belles opérations, il faut citer Red Tornado et Robin of Navan. Red Tornado a été acheté en octobre à Arqana, avec l'aide de Matt Coleman, avec qui nous travaillons en confiance. Il a gagné deux fois à Chantilly, dont une course B, et il s'est classé quatrième du Prix de Condé (Gr3). Robin of Navan est le premier poulain que j'ai acheté aux breeze up d'Arqana. Il a remporté le Critérium du Fonds Européen de l'Élevage (L), cet été à Deauville.

Quelles ventes françaises visez-vous ?

Nous venons à Osarus depuis trois ans maintenant, et nous avons vu la progression du catalogue. Les pedigrees sont moins internationaux qu'ailleurs, et il faut savoir les étudier, mais on peut y faire de bonnes affaires. La v.2 d'Arqana et la vente d'octobre sont aussi des rendez-vous incontournables pour nous. Il est d'ailleurs étonnant que l'on n'y voie pas plus d'entraîneurs anglais !

Vos propriétaires acceptent-ils sans difficulté que leurs chevaux courent en France ?

Ils ont compris que d'un point de vue rentabilité, c'était plus intéressant. La plupart d'entre eux aiment venir les voir à l'entraînement, mais ils essaient aussi d'effectuer le déplacement s'ils courent en France, et ils le font avec d'autant plus de plaisir que des hippodromes comme Deauville ou Compiègne, par exemple, sont situés dans un environnement très agréable. Nous les débutons toujours en Grande-Bretagne, pour avoir une idée plus précise de leurs aptitudes. Et s'ils nous montrent qu'ils sont capables d'aller en France et de bien s'y défendre, nous organisons le déplacement, avec l'aide de l'International Racing Bureau. Finalement, le plus dur, c'est d'avoir des données fiables concernant le terrain...

Avez-vous pensé à ouvrir une antenne en France ? Nous y réfléchissons très sérieusement. Il est possible que l'an prochain, nous demandions une licence temporaire pour l'été, afin de profiter du programme deauvillais, sans avoir à faire de longs déplacements. C'est en tout cas le souhait de l'un de nos propriétaires.

Et venir vous installer définitivement en France ?  Ce n'est pas à l'ordre du jour... Le but n'est pas de courir tous nos chevaux en France, mais de trouver les meilleures opportunités pour chaque cheval. Et nos propriétaires ne seraient certainement pas d'accord pour nous suivre en France. Je pense qu'ils aiment avoir leurs chevaux à Lam-bourn, venir les voir le matin...