Un "déjà vu" ennemi de l'ennui

Autres informations / 05.09.2015

Un "déjà vu" ennemi de l'ennui

UN "DÉJÀ VU" ENNEMI DE L'ENNUI

 Avec derrière nous les deux tiers de l'année, le réflexe des prébilans commence seulement à trouver sa raison d'être. Sans doute sommes-nous aujourd'hui trop pressés, dans nos engouement et idolâtrie "modernes", de vite analyser, vite comprendre, vite conclure. Mais il reste naturellement tentant, après l'été et avant l'automne riche de ses temps forts décisifs, de tirer une première tendance de l'année. Et jouer de la sorte aux oracles. Et que peut-on dire pour l'instant ? Qu'il n'y a pas eu de révolution sous les sabots de nos galopeurs cette année. Plutôt une étape dans la continuité. Les mêmes acteurs occupent les mêmes premiers rangs, de Son Altesse l'Aga Khan chez les éleveurs et propriétaires de plat à André Fabre et Jean-Claude Rouget chez les entraîneurs. Du Haras de Saint-Voir chez les éleveurs d'obstacle à la famille Papot chez les propriétaires et à Guillaume Macaire chez les entraîneurs.

Une continuité donc qui n'est pas forcément ennemie du bien et non plus synonyme de l'ennui. Car, derrière cette stabilité et cette liste figée, il est des récurrences que l'on attend avec impatience. Des répétitions qui sont synonymes de records. Si André Fabre s'oriente vers un nouveau titre national chez les entraîneurs, son vingt-cinquième (un record), et si Guillaume Macaire devrait en faire de même, le "déjà vu" le plus attendu de l'année sera bien entendu la troisième tentative de Trêve (Motivator) dans le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe (Gr1), le 4 octobre prochain. Qui a déjà vu un pur-sang se présenter une troisième fois consécutive dans "l'Arc" ? Beaucoup d'entre nous en fait.

Souvenez-vous de Youmzain (Sinndar), ce cheval de fer qui a signé trois deuxièmes places consécutives dans notre grand Groupe 1 entre 2007 et 2009. Celui qui fait par ailleurs partie des valeurs montantes du parc d'étalons français s'est même permis le luxe de s'aligner une quatrième fois en 2010, sans résultat convaincant cette fois. Mais qui a vu un candidat tenter un troisième succès dans "l'Arc"? Personne. Et pour cause, ce scénario ne s'est jamais réalisé. Si Corrida (Coronach) a participé trois fois à notre championnat du monde, elle a commencé par une troisième place en 1935, concluant en 1937 par une victoire (après celle de 1936). Mais aucun des sept pur-sang de légende qui ont précédé Trêve dans l'exécution d'un doublé dans "l'Arc" ne s'est trouvé en mesure de tenter un triplé. Oui, le "déjà vu" a quelquefois du bon. 2015 pourrait un grand cru en la matière.

LES LEADERS DU PLAT SUPÉRIEURS À CEUX DE L'OBSTACLE

Et si l'on comparait les leaders respectifs des disciplines du plat et de l'obstacle entre eux ? Non dans un esprit de guerre de chapelles ou de religion Dieu merci, la révolution laïque est passée par là mais à de seules fins de savoir et d'analyse. Car, après tout, certains éleveurs,           propriétaires, entraîneurs, jockeys ont un pied dans chaque discipline. Que constate-t-on ? Que les gains (assortis des éventuelles primes propriétaires pour le plat) sont assez nettement supérieurs en plat qu'en obstacle pour les leaders de chaque tableau. Évidemment, la règle programmatique du 2/3 (plat) versus 1/3 (obstacle) joue sans doute ici pleinement son rôle. Mais elle ne suffit pas à tout expliquer. D'autant plus que les distorsions sont amplifiées dans certaines catégories, comme dans celle des éleveurs de plat. Ces derniers creusent l'écart de manière vertigineuse avec leurs homologues de l'obstacle. Le différentiel se chiffre à 4,27 entre Son Altesse l'Aga Khan, leader en plat, et le Haras de Saint-Voir (Nicolas de Lageneste), leader en obstacle. À l'autre extrémité du spectre, l'écart le plus faible apparaît chez les propriétaires avec un ratio de 1,42 fois seulement à l'avantage du premier propriétaire en plat (Son Altesse l'Aga Khan).

Données au 2 septembre 2015. Source France Galop.

TABLEAU

Commentaire : les indice 100 (obstacle) et indice 427 (plat) signifient que la prime de plat (de Son Altesse l'Aga Khan en l'occurrence) est 4,27 fois supérieure à celle de l'obstacle (du Haras de Saint-Voir en l'espèce) ou 327 % supérieure.

ÉTALONS : LA DOUBLE LECTURE

Dans le tableau des étalons, l'analyse est peut-être plus  compliquée. Dès lors que l'on se circonscrit aux seuls étalons officiant en France, ou ayant officié en France, l'avantage tourne à l'avantage de l'obstacle. Les gains engrangés par les produits de Martaline (Linamix) dépassent en effet ceux d'Elusive City (Elusive Quality) de 16 %. En revanche, si l'on considère le leader en France en plat par les gains, sans souci de pays d'activité, on arrive à Dubawi (Dubaï Millennium) avec 2 834 655 euros de gains  et primes. Et la tendance nette de suprématie du plat sur l'obstacle reprend son droit puisque le score de Dubawi est supérieur de 49 % à celui de Martaline.