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Autres informations / 04.10.2015

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Golden Horn (Cape Cross)

a remporté dimanche le 94e Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Il

devance Flintshire (Dansili), New Bay (Dubawi), Trêve (Motivator) et Erupt

(Dubawi). Le protégé de John Gosden a profité de la monte inspirée de Frankie

Dettori, qui a fait ce qu’il avait annoncé samedi dans JDG : derrière le

leader, le premier à l’attaque, et on tient la lice !

Cliquez ici pour revoir la course (et toutes les épreuves du week-end) en

vidéo : http://www.jourdegalop.com/video.php

 

 

 

GOLDEN HORN

LA TÊTE ET LES

JAMBES

 

Samedi, Lanfranco Dettori nous avait confié : « Le plan est de monter une course "à la

Lammtarra", proche des leaders, en lançant la course de loin. Parce que si

vous donnez aux Français l’avantage de tout jouer sur une pointe de vitesse,

vous êtes déjà battu dès le départ ! » On ne pourra pas dire que

Frankie n’avait pas annoncé la couleur !

Dimanche, à 15 h 55, Dettori n’a effectivement tenu aucun compte

du 14 dans les boîtes (comme quoi, quand on a un bon cheval…). Golden Horn a avancé tout droit,

complètement esseulé, jusqu’à rejoindre le peloton à hauteur du leader, Shahah, dont il a pris la roue.

La recette de la victoire : une piste neuve, un terrain ultra léger

(2,8), une lice à zéro, une course sans train (au fait, à quoi sert un leader

s’il ne durcit pas l’épreuve ?)… et Dettori tête et corde, qui passe

sèchement à l’attaque dès l’entrée de la ligne droite. L’alliance entre

l’intelligence tactique du jockey et la puissance physique du cheval ont fait

merveille.

 

Un "Arc"

ne se gagne pas avec des "si"

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Flintshire

(2e), New Bay (3e)

et Erupt (5e) se sont

installés plus ou moins en file indienne derrière le génial Dettori. Bien leur

en a pris, puisqu’ils y ont tous gagné un rang de choix à l’arrivée. Qui s’est

intercalé entre eux, à la quatrième place ? La malchanceuse et valeureuse Trêve, seule contrainte de combler du

terrain en pleine piste. Et le "pire", si l’on peut dire, c’est que

sa classe lui a permis de refaire quelques longueurs (mais pas assez). Ah, si

seulement elle avait pu voyager à l’abri, près de la tête – ou même plus

logiquement : derrière son leader. Bon, avec des "si", on gagne dix

fois le Prix de l’Arc de Triomphe… Mais on ne nous ôtera pas de l’idée que si

elle avait pu filer Shahah et se caler contre le rail, le scénario aurait été

différent.

 

Le bonheur de

l’un ; les circonstances malheureuses de l’autre

Dimanche soir, Longchamp était spontanément partagé entre deux

sentiments : la joie d’avoir vu un très grand gagnant d’Arc et le regret

de voir Trêve battue par un certain nombre de circonstances malheureuses : un

terrain trop léger (tiens, France Galop n’arrose plus ?), un leader qui

n’a pas imprimé à l’épreuve le train dont Trêve avait besoin pour user la

pointe de vitesse de Golden Horn, un parcours une nouvelle fois tout à

l’extérieur (la fois de trop ?), et – contrairement à ce qui s’était passé

dans le "Vermeille" – l’impossibilité pour la championne d’Al Shaqab

de se laisser aller sur sa droite. Souvenez-vous, le 13 septembre, Trêve avait

été laissée libre de pousser à droite, comme elle a désormais besoin de le

faire sous l’effort. Mais dimanche, Free

Eagle ne l’y a pas autorisée, parce qu’il avait lui-même à son intérieur

Erupt, qui avait lui-même à son intérieur Dolniya

(d’ailleurs très gênée par une vague vers la corde).

 

Le match entre

Trêve et Golden Horn n’a pas eu lieu

Nous aurions tant voulu, non pas vivre à tout prix à une victoire de Trêve,

mais assister à une explication musclée entre les deux cracks, et avec New Bay

aussi. Mais le match n’a pas eu lieu. Ni à deux ni à trois. Le 27 avril 2014,

dans le "Ganay", Dettori avait (involontairement, bien sûr) mal monté

Trêve, perdant définitivement sa monte ; dimanche, il a monté la course

parfaite avec Golden Horn. C’est comme ça... Il y a les jours où ça veut et les

jours où ça ne veut pas. Après la course, le cheikh Joaan, pas mauvais joueur,

a chaleureusement félicité celui qui reste son premier jockey.

 

Post-scriptum : « Chère

Trêve, on nous dit que vous allez entrer au haras. C’est normal. Vous (nous)

avez déjà tant donné de bonheur. Mais vous allez vraiment nous manquer, il faut

que vous le sachiez. Vraiment. C’est triste, un dimanche soir "sans vous"… »