Frankie dettori :« mes 7 tops… et mes 7 flops »

Autres informations / 09.10.2015

Frankie dettori :« mes 7 tops… et mes 7 flops »

RAIMONDISSIMO

 

FRANKIE DETTORI :

« MES 7 TOPS… ET MES 7 FLOPS »

La victoire de Golden Horn (Cape Cross) dans le Qatar

Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) doit beaucoup à l’inspiration de Frankie

Dettori. Où situe-t-il cette course dans le palmarès de ses meilleures

montes ? Et, à l’inverse, quelles ont été, selon lui, ses pires

montes ? La parole au Maestro !

 

[Mettre l’encadré Raimondissimo]

 

 

 

MES 7 TOPS

1       FANTASTIC

LIGHT

            Irish

Champion Stakes

            Leopardstown,

le 8 septembre 2001

« Il faut bien replacer cette course dans son contexte

historique. C’était la période de la guerre Godolphin - Ballydoyle et, à chaque

course, c’était nous contre eux. Galileo

était invaincu et il fallait le battre, chez lui, sur un hippodrome à pièges,

avec une ligne droite très courte.

Dans les “King George”, il nous avait battus. Les places à

la corde ont une très grande importance, même dans les courses sur 2.000 et

2.400m. Dans les “King George”, Fantastic

Light avait un numéro à l’extérieur et Galileo était plus près de la corde.

Il a eu un meilleur parcours et au moment du démarrage, il avait pu prendre

sans effort trois longueurs sur Fantastic Light, alors que nous avions été

obligés de brûler beaucoup d’essence pour venir le chercher.

À Leopardstown, le jeu fut bien différent. J’ai pris la

corde derrière les deux chevaux de jeu, celui de Ballydoyle, qui galopait

devant, détaché, et notre Give the Slip.

Mick Kinane a été obligé de nous suivre. Dans le tournant, Mick pouvait soit

rester dans mon dos et jouer la course sur un sprint de deux cent cinquante

mètres, soit contourner Give the Slip et attaquer en pleine piste. Moi, j’ai

glissé Fantastic Light le long de la corde, Mick a été obligé de faire le tour

et c’est là que nous lui avons “piqué” le petit avantage décisif. »

Pour voir la course, cliquez ici 

(lien : https://www.youtube.com/watch?v=sKFrU4YAT9Y)

 

2       GOLDEN

HORN

            Qatar

Prix de l’Arc de Triomphe

            Longchamp,

le 4 octobre 2015

« La course de Golden Horn avait été préparée avec soin

avec John Gosden. Nous avions quatre points d’interrogation : le numéro 14 à la

corde, l’adversaire la plus dangereuse, Trêve, assez éloignée dans les boîtes,

la pouliche de jeu avec le 2, et Golden Horn qui, en cheval dominant, peut

tirer un peu. La décision de le faire galoper isolé en pleine piste avant de se

rabattre derrière Shahah a découlé de cela. Nous avons évité les coups de

tampon, les autres sont restés un peu surpris et au bout de six cents mètres,

nous nous trouvions où nous rêvions d’être avec un cheval relax et nickel. Au

début de la ligne droite, Golden Horn était à la bonne place et mes adversaires

avaient tous plus ou moins du terrain à refaire.

Cela dit, Golden Horn aurait pu gagner même avec une

tactique plus “rude” et agressive, disons "à la Lammtarra 100 %",

alors que dimanche, nous avons appliqué une formule “Lammtarra light” !

John Gosden est un fin tacticien et j’ai travaillé avec un

autre maître de la stratégie, Luca Cumani. À mon âge, je prends encore plus de

plaisir à monter une course en finesse plus qu’un botte-à-botte à grands coups

de trique. »

Pour voir la course, cliquez ici (http://www.jourdegalop.com/video.php) 

 

3       FALBRAV

            Japan

Cup

            Nakayama,

le 24 novembre 2002

« J’ai gagné trois fois le Japan Cup et toujours d’un

nez. Je pense que ce record ne sera jamais battu ! Avec Singspiel, nous avions ajusté Fabulous La Fouine sur le poteau, alors

qu’avec Alkaased, j’avais préservé

un petit rien sur Heart’s Cry.

Mais la course que j’ai choisie est celle de Falbrav, parce que nous avons fait

résonner l’hymne national italien et parce qu’entre le passage du poteau et la

confirmation de l’arrivée, j’avais dû attendre un quart d’heure le

développement de la photo.

Avec le recul, je pense que sur les 2.400m de Tokyo, il

n’aurait pas gagné. Mais suite aux travaux de rénovation de l’hippodrome, la

course avait été déplacée à Nakayama, et sur 2.200m. Le premier coup de chance

a eu lieu au tirage des places à la corde : tirer l’as, sur ce tourniquet, et

avec un cheval qui doit être monté “battu”, c’était parfait. J’ai eu un moment

de frissons en rentrant dans le tournant, mais j’ai entendu les cris d’un petit

groupe de supporters et j’ai gardé ma position. Dans la courte ligne droite,

j’ai trouvé l’ouverture au bon moment et Falbrav a pu placer sa pointe de

vitesse alors qu’il était sur la bonne jambe. Cela m’a permis de prendre l’avantage

sur le favori, Symboli Kris S, et de “sauter” Sarafan qui était devant nous. Mais Sarafan est revenu et dans les

dix derniers mètres, j’ai eu peur. La photo nous a donné raison mais il y a

aussi eu réclamation et enquête. Mon ami Corey Nakatani, qui montait Sarafan,

était furieux, et des années après, il n’a pas encore accepté cette défaite. Ce

fut une lutte entre chevaux et jockeys, rien de plus. L’année suivante, Falbrav

a montré quel champion il était, mais ce jour à Nakayama garde un goût spécial,

pour nous les petits Italiens : l’entraîneur Luciano d’Auria et son entourage,

le propriétaire Luciano Salice et son ami Fregosi, mon agent, Paolo Benedetti,

et le seul journaliste qui avait eu assez de confiance pour me suivre. »

[Ce journaliste s’appelait… Franco Raimondi !]

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=m9HdxnjyEBU) 

 

4       FUJIYAMA

CREST

            Gordon

Carter Handicap

            Ascot, le

28 Septembre 1996

« Son nom ne vous dit certainement rien mais c’est mon

dernier gagnant à Ascot, lors du “magnificent seven” [le célèbre coup de

sept de Frankie, ndlr]. C’était un handicap, le cheval portait beaucoup de

poids suite à son dernier succès, et moi, j’avais des tonnes de pression sur

les épaules ! Je montais pour le magnificent seven, il aurait dû

partir à 12/1 mais il est tombe à 2/1. Pat Eddery était venu nous attaquer mais

mon cheval n’a jamais lâché.

Fujiyama Crest

est mort en début du printemps, chez moi. Ce cheval qui a changé ma vie était

devenu un membre de ma famille. »

 

 

5       TRÊVE

            Qatar

Prix Vermeille

            Longchamp,

le 15 septembre 2013

« Même une victoire facile peut arriver à l’issue d’une

bonne monte. Christiane Head-Maarek m’avait demandé de donner à Trêve une

course facile pour garder la fraîcheur de la pouliche avant son premier essai

dans l'“Arc” et surtout, de ne pas la taper. J’ai respecté les ordres, tout en

gagnant, et j’ai ramené la pouliche au rond après un parcours souple, sans

forcer. Rien de spécial mais souvent une bonne monte, c’est une monte très

simple. »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=Sv-S97Ea-Yo)  

 

6       COLOUR

VISION

            Gold Cup

            Ascot, le

21 juin 2012

« Le Gold Cup de Colour

Vision fut mon dernier Gr1 pour Godolphin, une victoire musclée et acquise

avec un peu d’expérience. Je voulais faire comprendre à tous que j’étais encore

Dettori. Vous connaissez la fin… mais c’est déjà le passé ! »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=Lej68n6HEPo)

 

 

7       RAVEN’S PASS

            Breeders’ Cup Classic

            Santa

Anita, le 25 octobre 2008

« Santa Anita, c’est mon jardin. J’y ai passé plusieurs

hivers à étudier les grands jockeys de là-bas, tout en montant les galops à 10

dollars. Je n’avais jamais gagné le Breeders’ Cup Classic, alors que j’avais eu

les chevaux pour. En Italie, on avait un joueur de football, nommé Burgnich, un

défenseur qui était fameux parce qu’il suivait son attaquant même quand… il

partait aux toilettes ! Ce 25 octobre, j’ai monté une course "à la

Burgnich". J’ai suivi le favori, Curlin, et à la fin j’ai gagné. Après la

course, j’ai fait la bise à Bo Derek. Quand j’étais petit, je rêvais d’elle en

regardant les journaux… »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=Pn2bnTeeIZk)

 

 

 

MES 7 FLOPS

 

1       SWAIN

            Breeders’

Cup Classic

            Churchill

Downs, le 7 novembre 1998

« Cette course est devenue célèbre en Amérique et vous

en avez déjà parlé dans ces colonnes... La morale, c’est que, souvent, il ne

faut pas compliquer les choses. Avec Swain,

je ne voulais pas donner à Silver Charm

l’avantage d’avoir son rival très proche de lui, parce que c’était un grand

lutteur… Du coup, je suis venu trop à l’extérieur ! Horrible, mais cela

dit, un vieux soldat comme Swain ne

se dérobe pas seulement parce que son jockey a la cravache du mauvais

côté ! »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=cX9SCyKLlLU)

 

2       TRÊVE

            Prix

Ganay

            Longchamp,

le 27 avril 2014

« Tout s’est mal passé ce jour-là. Au niveau tactique,

on a pratiquement fourni un leader à Cirrus

des AiglesTrêve faisait sa

rentrée contre un champion qui avait déjà deux courses dans les jambes et qui

évoluait sur son parcours préféré. Il aurait peut-être fallu la monter d’une

manière plus humble mais c’est difficile quand on a le sentiment d’avoir le

meilleur cheval du monde. Ou alors carrément de courir plus agressif. Nous

sommes restés au milieu et nous avons perdu. Si j’avais patienté encore cent

mètres dans le dos de "Cirrus", peut-être que nous l’aurions battu sur

une pointe de vitesse. Peut-être… »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=Xs_8PEYb69k)

 

3       GOLDEN

HORN

            Juddmonte

International Stakes

            York, 19

aout 2015

« J’ai cassé l’invincibilité de Golden Horn dans une course stupide. Il est vrai que le terrain

était souple à York… Je voulais gagner sans lui faire mal, mais j’ai laissé

partir Arabian Queen qui, sur le papier,

n’avait aucune espèce de chance. Grossière erreur, car lorsqu’un entraîneur

déclare un cheval partant dans un Gr1, il a toujours une bonne raison. Golden

Horn a gagné facilement “l’autre course” [il a battu nettement le reste du

peloton, ndlr], mais il faut respecter tous les adversaires. »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=hbro36nIE9o)

 

4       SAKHEE

            Breeders’

Cup Classic

            Belmont

Park, le 27 octobre 2001

« Ce diable de Chris McCarron nous a fait passer – Mick

Kinane et moi – pour des apprentis. Douze mois auparavant, lui et son monstre

de Tiznow avaient battu Giant’s Causeway et Mick Kinane. Là, ce

fut le tour de Sakhee et de votre

serviteur ! J’ai eu un parcours parfait, dans le dos de Tiznow, et mon

cheval était facile dans le tournant. Je l’ai sorti – sans chercher les

photographes comme avec Swain – et il a pris l’avantage droit comme un I.

C’était sans compter avec l’envie de gagner de Tiznow. Le monstre a gratté

centimètre après centimètre sur nous et il a gagné. Une défaite difficile à

digérer mais il faut rendre hommage à un lutteur extraordinaire et à l’art de

son jockey. »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=H0QqdYJeCts)

 

5       MARIA

DI SCOZIA

            Premio

Trebbia

            Milan, le

28 juin 1986

« C’étaient mes débuts. Je montais une pouliche des frères

Botti et elle faisait écurie avec Nina

Hagen, montée par mon père, Gianfranco, mais la meilleure était la mienne.

Tête et corde, avec  mon papa derrière,

je me sentais comme le roi du monde, mais ma pouliche, Maria Di Scozia, ne

voulait pas accélérer. À deux cents mètres du poteau, mon père a donné un grand

coup de cravache à Maria Di Scozia. Pas de réaction. Puis Papa a vu que Marcel

Depalmas arrivait très fort côté corde avec Perzechella. Alors il a préféré s’occuper de sa pouliche, Nina

Hagen, qui a sauvé l’honneur de la famille et l’argent des parieurs en gagnant

la course. Moi, j’ai fini troisième. Quelle leçon… »

 

6       MISIL

            Eclipse

Stakes

            Sandown, le

3 juillet 1993

« Cette course ne fut pas une mauvaise monte mais une

défaite assez douloureuse, parce que je montais un cheval italien, qui

appartenait à un groupe de petits propriétaires milanais et était entraîné par

Vittorio Caruso. J’avais hérité sa monte de mon père après sa retraite. Je

voulais vraiment gagner avec lui une belle course à l’étranger et mes vieux

confrères (Kinane, Eddery, Rouse, Roberts) à Sandown m’ont gardé au chaud, en

fermant la porte. J’ai eu le passage trop tard et j’ai échoué d’un nez face à Opera House. L’expérience aide

beaucoup. Maintenant, cela m’arrive beaucoup moins souvent, de rester dans la

boîte, et c’est nettement plus facile de me faire respecter par les

jeunes ! »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=xa7MOw9Hruk)

 

7       FANTASTIC LIGHT

            Sheema

Classic

            Dubaï, le

24 mars 2001

« Ah, pourtant je le savais qu’avoir Yutaka Take

endormi derrière ton cheval est très dangereux… Fantastic Light dominait la course, il a pris l’avantage sans

forcer et j’ai pensé pendant un court instant que c’était fait. Eh bien

non ! Stay Gold a gagné d’un

nez. Normalement, on tire toujours des leçons de ses propres erreurs… mais pas

toujours : dans le Hong Kong Vase, à la fin de la même saison, j’ai pris

l’avantage assez tôt avec Ekraar,

qui s’est détaché, mais encore une fois, Yutaka est sorti du néant avec Stay

Gold et nous a battus… »

Pour voir la course, cliquez ici (https://www.youtube.com/watch?v=S_5PblYnOx8)