Génération galop en réunion publique à deauville

Autres informations / 21.10.2015

Génération galop en réunion publique à deauville

GÉNÉRATION GALOP EN RÉUNION

PUBLIQUE À DEAUVILLE

« À

l’approche de l’élection des représentants socioprofessionnels au Comité de

France Galop, le groupe de réflexion Génération Galop a organisé à Deauville

une réunion publique. Cent cinquante personnes étaient présentes le lundi 19

octobre, pour découvrir les candidats et leurs idées. Génération Galop sera

candidate dans deux collèges pour les élections socioprofessionnelles :

éleveurs et propriétaires. Les listes sont respectivement conduites par Georges

Rimaud, qui dirige les haras de Son Altesse l’Aga Khan, et Christian de

Villeneuve, propriétaire depuis plus de vingt ans et vice–président de

l’hippodrome de Clairefontaine. Georges Rimaud explique : « Nous avons une équipe diversifiée, composée

de personnalités passionnées et riches en compétences, unie pour offrir une

nouvelle croissance. Nous sommes rassemblés par les valeurs suivantes. L’esprit

d’entreprise, c’est décider de gérer la filière comme nous gérons nos élevages,

avec du bon sens paysan, le souci de la bonne gestion, mais surtout en

remettant nos clients au cœur de la démarche. L’ouverture, c’est oser

s’inspirer des modèles qui fonctionnent ailleurs et particulièrement à

l’étranger. La modernité et l’audace, c’est oser tenter des solutions nouvelles,

en prise directe avec notre temps, avec les exigences des marchés modernes. La

confiance en l’avenir et la passion des chevaux : c’est ce qui nous réunit

tous et nous donne l’envie d’investir pour aller chercher la croissance plutôt que

de nous entre-déchirer sur la répartition d’un gâteau qui, dans les conditions

actuelles, est voué à s’amenuiser ».

Génération

Galop présente une stratégie de croissance pour redynamiser le Galop français, articulée autour de

cinq axes principaux :

  • améliorer l’image des courses pour restaurer

    l’intérêt du public et des medias ;

  • redynamiser le propriétariat et encourager

    l’investissement ;

  • renforcer l’attractivité et la

    compétitivité de nos courses et de nos élevages au plan national et

    international ;

  • développer les enjeux pour relancer le moteur

    financier de la filière ;

  • moderniser l’organisation de la filière

    et de la maison-mère pour gagner en efficacité et qualité de service, dans le respect

    des fondamentaux (association, mutualisation, bénévolat).

Jean-Louis

Burgat, consultant média, journaliste et producteur, à porté avec conviction

des idées innovantes pour améliorer l’image des courses, insistant notamment

sur le fait que « les courses perdent de

leur attrait car elles se déshumanisent : à la télé, les chevaux n’apparaissent plus que derrière

les boîtes de départ. On ne voit plus l’entourage, donc l’émotion

disparaît ». Il ajoute que « l’ADN

des courses, c’est le spectacle, le sport et le jeu » et que l’image

des courses est un enjeu central pour l’avenir du Galop. Sans amélioration de

celle-ci, les efforts menés sur les autres volets (propriétariat, enjeux,

élevage…) ne pourront porter leurs fruits car la popularité de notre sport

dépend essentiellement de son attrait médiatique et de sa capacité à partager

son spectacle, ses émotions et ses histoires.

Philip

Prévost-Baratte, propriétaire et préentraîneur

quant à lui, a abordé le sujet du propriétariat. Outre les mesures pour

recruter de nouveaux propriétaires et celles pour choyer et fidéliser les

actuels en soutenant les allocations et en trouvant des solutions pour

faciliter l’assujettissement à la T.V.A., il précise qu’il est nécessaire de

valoriser les victoires et insiste sur le fait qu’aujourd’hui « les propriétaires

associés ou porteurs de part sont complètement mis de côté. Or il n’y a pas de

petits propriétaires, chacun met ce qu’il peut pour vivre sa passion

».

La

question de l’attractivité de l’élevage a été portée par Georges Rimaud pour

qui France Galop et les institutions doivent prendre conscience de la réalité

et du poids économique de l’élevage. Il a fait valoir la nécessité de créer un

environnement favorable pour encourager les jeunes éleveurs, leur donner les

outils et surtout la confiance en l’investissement pour améliorer leur

jumenterie et attirer des étalons de qualité sur le sol français. Cela passe

par une meilleure valorisation de nos compétiteurs (notamment via un

programme plus étoffé pour les juments en obstacle) et de nos courses de

Groupe, en menant une politique proactive de recherche de partants à l’étranger

pour nos épreuves les plus prestigieuses et en défendant activement leurs ratings

au Pattern Committee.

Le volet

dédié aux enjeux a été soutenu par Christian de Villeneuve, ancien directeur de

journaux et vice-président de l’hippodrome de Clairefontaine. Selon lui, la

conquête de nouveaux parieurs repose sur la capacité des courses à se

moderniser et à renvoyer une image positive du parieur, qui doit être considéré

comme un acteur à part entière de notre sport. Il a notamment insisté sur le

fait que « la croissance des enjeux

passe par la reconquête d’un public qui aimera les courses d’abord pour les

courses, le jeu arrivera ensuite tout naturellement ». Il a également

souligné la nécessité de stimuler des enjeux par le lancement de nouveaux jeux

innovants (duels, ante-post betting...)

Il a

suggéré également de travailler sur l’augmentation du nombre moyen de partants

par course, à travers :

  • une

    meilleure adaptation du programme des courses aux effectifs à

    l’entraînement ;

  • un

    lissage des opportunités de courir sur l’ensemble de l’année ;

  • la

    création de mini-meetings ;

  • une

    simplification des conditions des courses rendant plus fluide le passage d’une

    catégorie à l’autre ;

  • la

    restauration d’une véritable "course-événement" le week-end,

    présentant un double attrait sportif et sur le plan du jeu ;

  • la

    mise en place d’un "secrétaire des courses" (équivalent du racing secretary sur les hippodromes

    anglo-saxons), chargé d’optimiser le nombre de partants par course à l’aide d’une relation

    suivie avec les entraîneurs et de mesures incitatives : course

    subsidiaire, réouverture des engagements, deuxième stade de supplémentation…

George

Rimaud a clos la réunion en abordant le sujet de la nécessaire modernisation de

l’organisation de la filière, en « insufflant

un esprit créatif et entrepreneurial pour restaurer l’attractivité de notre

sport ». Ajoutant qu'

« on ne peut pas se contenter de

réduire les coûts, comme l’exige l’État, il faut aussi investir pour la

croissance ». Ceci implique une discussion sans tabou afin de décider de ce

qui est bon pour la filière dans son ensemble, sans protectionnisme ni défense

d’intérêts catégoriels. Enfin, il a salué l’efficacité du bras administratif de

France Galop pour l’organisation et la supervision des courses en soulignant la

nécessité de développer des outils modernes pour faciliter la confection du

programme et permettre la création de passerelles entre les différents

hippodromes régionaux.

Les

hippodromes gérés par France Galop devront également bénéficier d’une plus

grande autonomie de gestion afin de devenir des centres de profits animés de

manière active et dynamique. Il a ensuite proposé la création d’un bras

commercial au sein de France Galop doté des moyens humains et financiers

nécessaires pour mettre en œuvre la communication (notamment les outils

internet), le marketing, la recherche de partenariats... L’objectif est que ces

fonctions soient assurées avec la plus grande efficacité et un

professionnalisme inégalé, de manière à offrir une qualité de service irréprochable

à l’ensemble des clients de France Galop. Il en va de la pérennité de la

filière. »