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Limitons les surcharges dans les groupes en obstacle !

Autres informations / 28.10.2015

Limitons les surcharges dans les groupes en obstacle !

 

Par

Christopher Galmiche, journaliste à Jour de Galop

 

Soixante-douze kilos. C’est le poids que le champion Milord Thomas a dû porter dans le Prix

Héros XII (Gr3), sa dernière préparation au Prix La Haye Jousselin (Gr1). Les

conditions de courses de ce Gr3 indiquent que « les surcharges sont accumulées jusqu'à concurrence de quatre kilos pour

les 5ans, de six kilos pour les 6ans et au-dessus pour les sommes reçues

(victoires et places) en steeple-chases ». Et comme Milord Thomas

affiche des gains en relation avec ses brillantes performances (victoires dans

le Grand Steeple-Chase de Paris 2015 et le Prix La Haye Jousselin 2014), on lui

a imposé une surcharge de six kilos par rapport au poids de base de 66 kilos pour

les 6ans et plus. Mais cela engendre un problème à la fois technique et

médiatique.

 

Un problème

technique et médiatique

Les lauréats de Groupe avec un tel fardeau ne sont pas

nombreux dans les palmarès d’Auteuil. Pour retrouver la trace d’un lauréat de “Héros

XII” avec 72 kilos, il faut remonter El

Paso III, en 2002. "El Paso" était entraîné par Bernard Sécly. Le

maître-entraîneur avait insisté à l’époque sur la difficulté de remporter une

préparatoire avec un tel poids, et surtout sur les marques que cela pouvait

laisser sur le physique du cheval. Il s’agit du problème technique engendré par

cette surcharge pondérale.

Mais il y a aussi des incidences médiatiques. Et celles-ci

ne sont pas neutres pour la promotion de notre activité auprès des amateurs et

du grand public. Si un champion arrive invaincu sur son grand objectif, il est

plus facile de communiquer sur lui, d’attirer du monde et donc d’assurer la

promotion d’un événement. La saison de Trêve

est là pour le prouver. L’attente autour de la championne a été grande le jour

du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), en particulier parce que Trêve avait

réalisé une saison tellement parfaite que tout le monde s’était convaincu

qu’elle était devenue invincible. L’invincibilité a une aura toute particulière

dans l’imaginaire du public. Alors quand il faut commencer à expliquer les raisons d'une

défaite avec des motifs tarabiscotés, cela gâche un peu le "buzz". On

n’imagine pas les footballeurs du Real Madrid ou du PSG devoir jouer avec les

yeux bandés sous prétexte que c’est un match amical de début de saison !

C’est un peu le mal

de notre sport que cette notion de handicap, qui en vient même à contaminer les

courses de Groupe…

Pour communiquer sur des champions sauteurs comme Milord

Thomas, qui court relativement peu dans l’année (sept sorties en moyenne), le

voir réaliser des performances sans handicap serait un gros plus. Car nous

verrions ainsi plus souvent la vérité sur la piste et le meilleur aurait plus

de chance de s’imposer à chaque fois. Le public s'attache bien plus à un cheval qui gagne souvent,

car il devient un "ami". Pourquoi notre système cherche-t-il à

empêcher cela ?

 

Et pourquoi pas un plafond à 70 kilos ?

Bien sûr, il ne s’agit pas de donner des passe-droit aux

champions, mais pourquoi ne pas limiter ces fameux six kilos de surcharge par

rapport au poids de base. Par exemple avec un plafond de 70 kilos ? Nous

aurions ainsi des courses préparatoires plus limpides, moins faussées par le

poids attribué aux champions. Et je ne crois pas que cela réduirait le nombre de partants,

car les places sont bien dotées jusqu'au septième.