Tour des haras : haras de la haie neuve

Autres informations / 18.10.2015

Tour des haras : haras de la haie neuve

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Mondevert

 

 

 

ALAIN RÉGNIER

 

Jour de Galop. – Comment avez-vous

découvert l’élevage de chevaux de course ?

Alain Régnier. – Nous sommes partis

de rien en 1991. Auparavant, nous étions dans l’élevage de porcs et nous

faisions un peu de pensions pour les trotteurs. Nous avions nos connaissances

en termes d’élevage et nous avons eu la chance de rencontrer les bonnes

personnes au bon moment, et d’avoir notamment la confiance d’Emmanuel de

Seroux.

 

L’élevage est une activité difficile :

quelle est votre motivation pour relever le défi jour après jour ?

Nous

élevons pour voir les chevaux en course, c’est cela notre motivation. Aucune

journée ne ressemble à la précédente. Nous nous remettons en question

régulièrement. C’est notre plaisir de rêver lorsque nous élevons. Nous voyons

grandir les poulains, puis ils passent en vente et ils courent. Récemment, nous

étions à vingt mètres du box de Trêve et Alec Head est venu nous voir pour nous

dire : « Monsieur Régnier, vous

qui faite de l’élevage, saurez-vous me dire pourquoi elle est meilleure que les

autres ? Elle a été élevée de la même façon que les autres, si vous

trouvez la personne vous me l’envoyez, mais, elle, c’est une crack ! »

Tous les chevaux sont élevés de la même manière et après, nous rêvons d’avoir

un champion.

 

Quand vous repensez aux meilleurs chevaux

conçus au haras, vous souvenez-vous des critères qui vous avaient poussé à

choisir tel ou tel étalon ?

Nous

achetons des étalons qui conviennent à nos juments et nous rentrons des juments

qui conviennent à nos étalons. J’ai toujours cru en Storm Cat qui a une grande production et est un très bon père

d’étalons. C’est ce que nous recherchons : un étalon qui ne soit pas qu’un

père, mais aussi un fils d’un père d’étalons. Nous pensons que Pedro the Great aura ce profil. Le

croisement Sunday Silence et Storm Cat, c’est extraordinaire, donc

on copie, mais à notre échelle. Les chevaux, c’est comme à l’école, il faut se

mettre à côté de la personne qui travaille le mieux ! Nous n’avons fait que

copier ce qui se fait à l’étranger pour l’adapter à notre façon.

 

Selon vous, que faut-il privilégier dans

le mariage jument/étalon : vitesse/fond, vitesse/vitesse, fond/fond ?

Nous

allons plus à des croisements de vitesse. Nous cherchons à obtenir des produits

précoces et nous allons aux ventes Arqana v.2, à Osarus. Nous visons

essentiellement le marché de chevaux précoces et rapides. Par ailleurs, nous

avons la chance d’avoir une clientèle fidèle.

 

Quel est selon vous le critère déterminant

pour qu’un yearling d’octobre fasse monter les enchères ?

Je

pense qu’en octobre, il faut avoir des chevaux bien faits en privilégiant le

modèle pour aller aux courses. En août, selon moi, la vente arrive un mois trop

tôt. Nous voyons d’ailleurs la différence entre cette vente et celles qui se

déroulent en septembre.

 

Qui est, pour vous, le plus grand éleveur

de l’histoire ?

Ils

sont deux : Alec Head et Jean-Pierre Dubois. Ils auraient pu faire du

dressage, ils auraient été les meilleurs, ils auraient pu faire du concours,

ils auraient été les meilleurs. Ce sont deux personnages clés pour notre

élevage. Alec Head et Jean Pierre Dubois ont été chercher du sang nouveau aux États-Unis

et ils ont fait quelque chose qui ne se faisait pas à l’époque. Cela a

marché !

 

Quel est votre champion préféré dans toute

l’histoire ?

Trêve !

La voir en action était un réel plaisir. Elle a été extraordinaire. C’est une

très belle histoire.

 

Racontez-nous votre plus belle histoire

aux ventes de Deauville.

La

première fois que nous avons vendu un poulain au mois d’août à Deauville, en

1996, représente notre plus beau souvenir. Je l’avais acheté foal, puis nous

l’avions revendu yearling. C’était Dionello

qui fut un bon cheval de course. Après, chaque yearling vendu a son histoire personnelle

et chaque vente est le résultat du travail de toute une équipe ! Enfin le

haras de la Haie Neuve c’est aussi et avant tout sa très belle aventure avec Verglas.