Tour des haras : haras de saint-vincent

Autres informations / 15.10.2015

Tour des haras : haras de saint-vincent

TOUR

DES HARAS

 

 

HARAS DE

SAINT-VINCENT

64800 Saint-Vincent

 

Ludivine

Charles et Thierry Dalla Longa

 

Jour de

Galop. – Comment avez-vous découvert l’élevage de chevaux de course ?

Thierry Dalla

Longa. – Par un ensemble de rencontres et de circonstances.

Je viens à la base du milieu du concours et du complet. J’ai ainsi développé

une expérience initiale à l’étranger dans ces disciplines et je suis passé par

le bataillon de Joinville grâce au Centre Sportif d’Equitation Militaire

(CSEM). Ensuite, je suis entré au service de Renée-Laure Koch, au haras du

Maury, en tant que responsable d’élevage, où j’ai aussi beaucoup appris. C’est

là que j’ai vraiment découvert l’élevage du cheval de course, de tout ce qui

l’entoure et des différents acteurs de cette filière. C’est là aussi que j’ai

rencontré Ludivine [Charles, ndlr] en 2004, alors cavalière d’endurance

passionnée, et qui allait devenir ma compagne. Curieux, avec l’envie

d’apprendre et non cloisonné dans une discipline, j’ai ensuite accepté la

proposition de Jacques Ortet pour être son premier garçon en 2005. Immergé dans

le centre d’entraînement du domaine de Sers, j’ai réellement pu mesurer

l’ampleur de ce milieu et vivre de beaux moments de courses. Ludivine m’a quant

à elle suivi à Pau, toujours cavalière d’entraînement, puis elle s’est lancée

dans la pension au repos après que nous avons acheté le haras de Saint-Vincent,

puis dans l’élevage en 2011, à la suite de quoi je l’ai rejointe pour

travailler à ses côtés. Nous avons eu un réel coup de cœur pour ce haut lieu

d’élevage, situé dans un site d’exception, sur un terroir parfait pour élever

et qui a connu de grandes heures au XXe siècle sous l’ère Lestorte.

 

L’élevage est

une activité difficile : quelle est votre motivation personnelle pour

relever le défi jour après jour ?

Ce qui nous motive, c’est la qualité. J’ai 40 ans et

Ludivine 36, et nous voulons prouver que nous pouvons produire des chevaux de

premier plan dans notre région. Les grands élevages du Sud-Ouest sont

quelquefois un peu vieillissants et nous voulons faire partie de la relève

ambitieuse. Notre objectif est d’entrer dans la partie 1 du catalogue d’Arqana

en août. Pour l’instant, notre courte expérience s’est limitée à la v2. Nous

avons créé l’entité HSV Agency qui regroupe notre activité vente et courtage?

alors que l’élevage se réalise sous le label haras de Saint-Vincent. Nous avons

une douzaine de juments en association ou en nom propre et le même nombre qui

appartient à des clients.

 

Selon vous,

que faut-il privilégier dans le mariage jument/étalon : vitesse/fond,

vitesse/vitesse, fond/fond ?

En terme de croisement, nous ne suivons pas de règles aussi

précises. Nous essayons d’aller à des étalons confirmés et faisons attention à

la complémentarité. Pour ce qui est des distances, nous n’allons pas aux

extrêmes. Je n’achète pas de poulinières qui évoluaient en course sur plus de

2.100m. Quant aux étalons, nous sommes allés cette année à Makfi, Siyouni, Le Havre, Kendargent, Rajsaman

 

Faire naître

un poulain d’une jument inédite, est-ce rédhibitoire, un simple risque ou

n’est-ce pas un problème ?

Pour moi, cela ne pose aucun problème. Je peux privilégier

une jument inédite avec un très bon pedigree et une lignée maternelle "béton"

à une jument de pedigree similaire mais ayant beaucoup donné en course avec des

performances moyennes. Bien évidemment la question ne se pose pas si ses

performances sont remarquables, c’est ce que nous recherchons tous, pedigree,

modèle et performances…

 

Qui est, pour vous, le plus grand éleveur de

l’histoire ? Et pourquoi ?

Jean-Luc Lagardère. C’était

un personnage hors norme, autant dans sa vie professionnelle que dans les

courses. Il a beaucoup donné à ces dernières et vivait l’élevage de manière

passionnée. J’aurais aimé avoir eu la chance de le rencontrer. Aujourd’hui,

dans ma génération, je dirais qu’Henri Bozo m’inspire. Il voit juste et montre

à beaucoup d’entre nous la voie à suivre.

 

Et votre champion préféré dans toute l’histoire ?

Je me limiterai aux chevaux

que j’ai côtoyés, et donc des chevaux français. Rubi Ball en obstacle,

un cheval que je montais chez Jacques Ortet. Et Avenir Certain en plat.

Nous avons eu la chance de la recevoir yearling, juste après les ventes. Et

elle est ensuite revenue se reposer à la maison après ses grands succès. Nous

bénéficions du soutien de nombreuses personnes mais Jean-Claude Rouget a été le

premier à nous accorder sa confiance, et aujourd’hui, grâce à lui, nous avons

le bonheur de recevoir au haras de grands champions. La confiance qu’il nous a

accordée nous a permis de faire nos preuves et d’arriver là où nous en sommes

aujourd’hui…Même si la route à parcourir est encore longue…

 

Racontez-nous votre plus belle histoire aux ventes de

Deauville.

Toutes les ventes réussies,

réalisées à leur juste prix, sont une satisfaction. Je n’ai pas encore de belle

histoire, mais dernièrement, en septembre, la vente d’une yearling vendue

45.000 euros, fille de notre étalon "maison" Loup Breton, fut

un bon moment.

 

Quel est selon vous le critère déterminant pour

qu'un yearling d'octobre fasse monter les enchères ? Que privilégiez-vous quand

vous inscrivez un yearling en octobre ?

Je pense que cette vente se joue plus sur le physique et la capacité à

bien se déplacer. Les pedigrees sont normalement un ton en-dessous de ceux

d’août et les deux mois supplémentaires permettent aux yearlings de se

développer. La tonicité et le déplacement me paraissent primordiaux pour cette

vente. Pour notre part, nous avons bénéficié d’une arrière-saison favorable

pour la préparation des yearlings, cela compte aussi.