Haras de l’aumônerie

Autres informations / 14.11.2015

Haras de l’aumônerie

HARAS

DE L’AUMÔNERIE

14130 SAINT-HYMER

 

Julie Mestrallet

 

 

Jour de Galop. – Comment avez-vous

découvert l’élevage de chevaux de courses ?

Julie

Mestrallet – J’ai toujours été en contact avec

les chevaux. Ma mère a longtemps développé un élevage de chevaux de sport. J’ai

moi-même fait partie de l’équipe de France en C.S.O.

poneys et juniors. La partie courses hippiques, je l’ai vraiment

découverte lors de mon activité professionnelle à la clinique

équine vétérinaire de Falaise. J’y ai travaillé pendant sept ans, notamment au

service du docteur Stockwell. C’est là que je me suis frottée au monde des

courses. J’ai commencé à m’intéresser aux résultats en courses des chevaux

suivis par la clinique et j’ai eu un déclic. Lorsque je me suis installée à mon

compte en 2011, en reprenant le haras familial, j’ai décidé d’arrêter les

chevaux de concours pour me lancer dans l’élevage de pur-sang.

 

L’élevage

est une activité difficile : quelle est votre motivation personnelle pour

relever le défi jour après jour ?

La difficulté de l’élevage provient

aussi de la "matière"

que l’on travaille : il s’agit d’êtres vivants, avec tous les aléas que

cela comporte. Mais c’est aussi ce qui rend l’élevage si passionnant. Pour ma

part, j’apprécie particulièrement l’élevage du pur-sang, car son cycle est plus

rapide et plus court que celui des chevaux de sport. Dans les courses, on vend

des foals ou des yearlings. Cela n’a rien à voir avec le concours où le marché

s’adresse souvent à des chevaux d’âge dressés. On sait plus vite où on en est

dans les courses. Le cycle comptable et les retours sur investissement sont

plus rapides.

 

Quand

vous repensez aux meilleurs chevaux conçus au haras, vous souvenez-vous des

critères qui vous avaient poussé à faire tel ou tel croisement ?

Je manque encore de recul pour répondre

à cette question. Nous avons trois poulinières en nom propre au haras et quatre

ou cinq à l’année pour des clients. Le reste de notre activité se concentre sur

la préparation des yearlings d’octobre et novembre et des foals de décembre.

J’accueille aussi beaucoup de poulinières de passage au premier semestre, car

nous sommes situés au cœur d’une région riche en sites d’étalonnage.

 

Selon

vous, que faut-il privilégier dans le mariage jument/étalon : vitesse/fond,

vitesse/vitesse, fond/fond ?

Notre politique est de ramener de la

vitesse et de la précocité, dans une démarche aussi dictée par le marché.

Quelquefois, nous pouvons aussi nous laisser guider par un coup de cœur pour un

étalon. Pour ses performances par exemple. Quant aux productions de nos trois

poulinières, deux sont destinées au marché, l’autre est exploitée par ma

famille.

 

Faire

naître un poulain d’une jument inédite, est-ce rédhibitoire, un simple risque

ou n’est-ce pas un problème ?

Ce n’est absolument pas un problème à

mes yeux, tant qu’il y a un bon pedigree. Par bon pedigree, j’entends une

famille qui produit des chevaux qui vont aux courses sans "trou"

notoire. J’aime bien aussi qu’il y ait une forte présence de juments en haut du

pedigree pour que celui-ci vive grâce à leur production.

 

Qui est, pour vous, le plus grand éleveur de

l’histoire ? Et pourquoi ?

La famille Wertheimer, sans

hésitation. Ils ont su sélectionner leurs juments et leur élevage produit des

éléments de premier plan avec une très grande régularité. Mon rêve a toujours

été de mettre un pied dans cet élevage. Cela s’est réalisé en achetant une

jument de chez eux, O’Keefe (Peintre Célèbre).

 

Et votre champion préféré dans toute l’histoire ?

Je dirais Anabaa

(Danzig). J’ai eu la chance de le voir en course et de le côtoyer au haras, à

l’époque où je travaillais à la clinique vétérinaire de Falaise. Il a une

histoire incroyable et un pedigree exceptionnel. C’était un champion sur les

pistes, malgré des problèmes de santé majeurs [on lui a diagnostiqué le syndrome de Wobbler lorsqu’il était yearling

et Anabaa a été condamné pour les courses avant de remporter deux Groupes 1

à l’âge de 4ans, ndlr].

 

Racontez-nous votre plus belle histoire aux ventes de

Deauville.

Il s’agit de l’achat de

notre poulinière O’Keefe en novembre 2012. J’ai dépassé le budget

que nous nous étions fixé et quand j’ai appelé ma mère, après son acquisition [pour 19.000 €, ndlr], pour lui

annoncer la nouvelle, il y a eu un "blanc" au téléphone. Elle avait du mal à réaliser que

nous l’avions obtenue. C’est un beau souvenir qui me restera.