La vente d’automne passe la barre des 8 millions d’euros

Autres informations / 19.11.2015

La vente d’automne passe la barre des 8 millions d’euros

LA VENTE D’AUTOMNE PASSE LA BARRE DES 8 MILLIONS D’EUROS

VENTE D’AUTOMNE

ARQANA, J3. La vente d’automne Arqana s’est achevée ce mercredi à Deauville

avec une vacation consacrée aux yearlings à vocation plat. Cette session

supplémentaire avait été créée l’an passé et a donc été reconduite cette année.

Le top price s’est établi à 43.000 euros pour une fille d’Air Chief Marshal présentée par le tout

jeune haras de Castillon (l’antenne normande de la famille Jeffroy, dirigée par

Benoît) et adjugée à Marc-Antoine Berghgracht. Globalement, les chiffres de

cette dernière journée sont en repli par rapport à ceux de 2014, qui avaient

dépassé les attentes de l’agence. Mais l’objectif de cette session est d’offrir

une porte de sortie pour les animaux ne répondant pas aux critères des autres

rendez-vous d’Arqana sur ce segment de marché, et dans ce sens, elle a rempli

son office. Le taux de vendus connaît une baisse sensible, passant de plus de

80 % à 72,73 %, et le prix moyen recule lui aussi de plus de 11 %,

à 7.817 euros.

Sur les trois jours, cette vente d’automne enregistre un

nouveau record. Pour la première fois de son histoire, le chiffre d’affaires

passe nettement la barre des 8 millions d’euros, à 8.289.500 euros. La

progression est proche de 10 % par rapport à 2014, qui était déjà une

année record. Le prix moyen se rapproche des 20.000 euros, à 19.844 euros, ce

qui représente une hausse de 10 %. Seul le taux de vendus est en repli de

5 points, s’établissant à 75 %, le signe que l’offre a sans doute atteint

les limites de la capacité d’absorption du marché. Olivier Delloye, directeur

général d’Arqana, a analysé : « Le

choix de regrouper les chevaux à l’entraînement, les stores et les yearlings

d’obstacle sur cette vente s’est avéré très payant, et nous a permis cette

belle réussite. Le marché de l’obstacle est actuellement très porteur, grâce à

la demande anglo-irlandaise, mais également française. Les résultats de cette

vente sont positifs, alors même que samedi, nous nous posions la question de

son maintien, pour les raisons que vous connaissez. »

Ce rendez-vous était aussi le dernier de l’année consacré

aux yearlings. Au total, 1.033 yearlings ont été vendus cette année chez

Arqana, soit une quarantaine de moins qu’en 2014, mais pour un chiffre

d’affaires qui a dépassé les 65 millions d’euros, alors qu’il était de

62.484.000 euros l’an dernier. Olivier Delloye a commenté : « Après des années 2013 et 2014 qui

avaient enregistré des hausses respectives de 26 et 15 % du chiffre d’affaires,

nous parvenons encore cette année à faire progresser celui-ci de 4 %. La

hausse est donc plus contenue, mais reste satisfaisante. Par rapport aux

volumes réalisés en 2010, c’est une progression de 57 % ! Le prix moyen

progresse de 7 % par rapport à 2014. Seul le nombre de yearlings vendus fléchit

légèrement, signe d’une sélectivité légèrement accrue du marché des yearlings.

Mais pour la deuxième fois de notre histoire seulement, nous avons dépassé la

barre des mille yearlings vendus à Deauville. »

 

LE TOP POUR UNE FILLE D’AIR CHIEF MARSHAL

#491    F         Air Chief Marshal & Fenella’s Link, par Linamix          43.000 €

            Acheteur : MAB Agency

            Vendeur : Haras de Castillon

Pour son premier consignment à Deauville, le tout jeune haras de Castillon de Benoît Jeffroy a réalisé une belle vente en cette dernière journée. Le lot 491, une pouliche grise issue d’Air Chief Marshal et de la placée de Listed Fenella’s Link (Linamix), a atteint les 43.000 euros, à l’issue d’une bataille entre Éric Libaud et Marc-Antoine Berghgracht. La mère a déjà produit Drifting Mist (Muhtathir), placée de Groupe en Irlande. Marc-Antoine Berghgracht, qui a signé le bon, nous a dit : « C’est une belle pouliche, bien née, et il n’y en avait pas beaucoup comme elle aujourd’hui, surtout avec une mère par Linamix. Je l’ai achetée pour un entraîneur deauvillais qui adore les gris [Georges Doleuze, ndlr]. Elle va porter la même casaque que Gengis, celle de Claire Stephenson. » Marc-Antoine Berghgracht avait acheté Gengis à la vente d’octobre 2011.

 

NICK WILLIAMS FAIT CONFIANCE À SOLDIER OF FORTUNE

#636    M        Soldier of Fortune & Southwold, par Take Risks           30.000 €

            Acheteur : Nick Williams

            Vendeur : Jedburgh Stud

Nick Williams a été séduit par ce fils de Soldier of Fortune, présenté par Jedburgh Stud, et dont la mère est une sœur de la placée de Listed Caointiorn (Stormy River). Pour cela, il a dû venir à bout de Stéphane Wattel, et il a ainsi pu signer le bon à 30.000 euros. L’entraîneur anglais nous a dit : « J’ai déjà deux produits de Soldier of Fortune âgés de 2ans à la maison, et je les aime beaucoup. Ce sont des chevaux durs, qui peuvent aller aussi bien en plat qu’en obstacle. C’est aussi le profil de ce poulain. »

 

UN "WHIPPER" PRÉCOCE POUR GÉRARD LANCRY

#485    M        Whipper & Eva Kant, par Medicean        25.000 €

            Acheteur : Jean-Pierre Gauvin

            Vendeur : Haras de Grandcamp

Jean-Pierre Gauvin a dû monter jusqu’à 25.000 euros pour se faire adjuger le lot 485, un fils de Whipper présenté par le haras de Grandcamp. Eva Kant (Medicean), sa mère, s’était placée troisième du Critérium de Vitesse (L), à 2ans. Accompagné de Gérard Lancry, l’entraîneur nous a dit : « Il plaisait beaucoup à M. Lancry, qui cherchait un poulain précoce. Celui-ci est fait en 2ans, il a de la puissance et marche bien. J’apprécie aussi la production de Whipper. »

 

UN NEVEU DE SOAVE ATTEINT LES 24.000 €

#634    M        Soldier Hollow & So Oder So, par Areion 24.000 €

            Acheteur : Georges Mullins

            Vendeur : Haras des Faunes

Ce poulain présenté par le haras des Faunes est le premier produit d’une sœur de deux bons chevaux, Sacho (Dashing Blade) et surtout Soave (Dashing Blade), gagnant de Grs3 et qui a aussi produit des lauréats à ce niveau. Son père est l’allemand Soldier Hollow, et pour l’acheter, Pat Fennessy a dû aller jusqu’à 24.000 euros. Il nous a dit : « Sa page de pedigree parle pour lui. Soldier Hollow produit aussi bien en plat qu’en obstacle, et sa mère est issue d’une très bonne famille allemande. C’est un beau poulain, très athlétique, fait en cheval de course, pour lequel aucun plan n’est encore vraiment arrêté. »

 

PAUL NATAF MISE SUR YOUMZAIN

#633    M        Youmzain & Snow Jasmine, par Exceed and Excel        23.000 €

            Acheteur : Paul Nataf

            Vendeur : Haras de Castillon

En fin de vacation, Paul Nataf a levé la main à 23.000 euros pour un fils de Youmzain et d’une jument restée inédite en course, dont il s’agit du premier produit. Cette Snow Jasmine (Exceed and Excel) est issue d’une gagnante des Albany Stakes (Gr3), Nijoom Dubai (Noverre), qui est aussi sœur de la gagnante classique Samitar. Le poulain était présenté par le haras de Castillon, et le courtier nous a dit : « Youmzain a produit plusieurs chevaux intéressants, et même des 2ans, un créneau sur lequel on ne l’attendait pas forcément. C’est un beau poulain, qui sortait du lot aujourd’hui, et dans ce cas, les enchères montent. Il va aller à l’entraînement chez Alex Pantall. »

 

JEAN-PIERRE GAUVIN INVESTIT DANS LA FAMILLE DE SAÔNOIS

#613    M        Youmzain & Santaflore, par High Yield   21.000 €

            Acheteur : Jean-Pierre Gauvin

            Vendeur : Haras de Nonant-le-Pin

Jean-Pierre Gauvin entraînait la mère de ce poulain, Santaflore (High Yield), qui a remporté cinq courses. Elle appartient à la même famille que Saônois, qui lui a offert un succès dans le Prix du Jockey Club (Gr1). Comme Saônois, elle a été élevée au haras de Nonant-le-Pin. L’entraîneur a dû monter jusqu’à 21.000 euros pour se la faire adjuger. Il nous a dit : « J’aimais beaucoup sa mère, et il descend d’une souche que je connais bien ! J’aime aussi beaucoup Youmzain comme étalon. Je vais m’associer avec deux de mes propriétaires, Guy Somme et Philippe Matzinger. »

 

LA SŒUR D’ATORA BÉRÉ POUR RUPERT PRITCHARD-GORDON

#565    F         Della Francesca & Monatora, par Hector Protector       20.000 €

            Acheteur : Rupert Pritchard-Gordon

            Vendeur : Haras de la Haie Neuve

Cette pouliche présentée par le haras de la Haie Neuve est la sœur de trois gagnants, dont Masterblaster (Sunday Break), qui avait fait le top à Osarus en 2014, et qui a gagné son maiden en plat, avant de poursuivre sa carrière en haies. Atora Béré, sa propre sœur, avait montré de la précocité, et c’est justement ce que cherchait Rupert Pritchard-Gordon, signataire du bon à 20.000 euros. Félicité par Alain Régnier, complètement amoureux de sa pouliche, Rupert Pritchard-Gordon nous a dit : « C’est une pouliche très athlétique, qui est faite en pouliche précoce. Il y a aussi de la précocité dans sa famille. Je l’ai achetée pour un client existant et elle va rester en France. »

 

Aplat

UNE NOUVELLE VOIX À ARQANA

Les personnes présentes à Deauville ce mercredi ont pu découvrir un nouveau visage et entendre une nouvelle voix à la tribune d’Arqana. Le fait est assez rare pour être souligné : Aurélie Branère, 29 ans, est devenue l’une des premières femmes à jouer le rôle d’auctionneer dans une vente de pur-sang en Europe. L’agence australienne Inglis travaille avec une femme, et des essais avaient été faits dans les années 1990 par l’Agence Française, mais son intervention a fait le buzz sur internet ! Aurélie Branère nous a raconté : « Mon père, Jean-Louis Branère, a été courtier et a travaillé pour Arqana avant de prendre sa retraite, et ma mère élève des chevaux de sport dans l’Orne. J’ai commencé à travailler chez Arqana comme job d’été, en étant hôtesse puis spotteuse. J’ai aussi vendu des chevaux de sport chez Fences et des trotteurs à la vente de Magny Cours, mais c’est en effet la première fois que j’interviens à Deauville. Pour une femme, la difficulté est que notre voix porte moins que celle d’un homme. Mais je n’ai pas senti de réticences lors de mes passages à la tribune. Je dois évidemment  encore m’améliorer, mais j’adore faire cela. Éric Hoyeau m’a surtout conseillé de faire preuve d’autorité et de ne pas me laisser impressionner. C’est en effet très important ! » Éric Hoyeau a commenté : « Il faut aller dans le sens de l’histoire ! Des femmes commentent les courses sur Equidia, elles sont nombreuses aussi à travailler à Arqana, il était donc assez logique de faire cet essai, qui s’est bien passé. Les voix féminines ont certainement moins de puissance, mais elles peuvent compenser par leur finesse. »