Ils nous ont quittés en 2015 (1re partie)

Autres informations / 17.12.2015

Ils nous ont quittés en 2015 (1re partie)

ILS NOUS ONT QUITTÉS EN 2015

L’année touche à sa fin et Jour de Galop rend hommage, en plusieurs volets, à ceux qui nous ont quittés en 2015.

Par Maximum

 

Maurice ALEXANDRE

Décédé le 16 janvier dans sa 90e année, Maurice Alexandre a été le directeur du PMU pendant 30 ans, de 1955 à 1985. Il succédait à son beau-père, Marcel Josenhans, cofondateur du PMU avec André Carrus. De 1968 à 1988, il a été assisté de Pierre Carrus (le fils d’André). Passionné de technologie, Maurice a installé le premier "totalisateur" sur un hippodrome. C’était en 1962, à Cagnes. Maurice avait été fait Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

 

Joseph AUDON

Joseph Nicolas Eugène (dit Jo) Audon, le père de Loïc et le grand-père de Jo Junior, est décédé le 30 novembre 2015 à l'aube de ses 84 ans. Il fut un grand jockey d’obstacle avant de devenir entraîneur. Natif de Nice, son grand-père, aussi nommé Joseph, était cocher de fiacre et son père entraîneur de trotteurs à Nice. Ses deux frères restent fidèles aux trotteurs, alors que lui se dirige vers les pur-sang, même s’il savait atteler et driver.

En 1944, à 13 ans, il entre au service de Dick Kalley (père de Willy) à Maisons-Laffitte, arrivant de Mont-de-Marsan. Il rejoint ensuite Marius Toche, qui entraîne des représentants parisiens de madame Dick Kalley, à Marseille. Il monte son premier gagnant à Marseille en selle sur Francœur, le 6 mai 1948, devançant un certain Lucien Planard avec qui il restera très lié. Après douze succès en plat les deux premières années et quelques kilos en plus, il bifurque vers l’obstacle avec, dès 1949, trois gagnants. Il remonte à Paris, notamment chez Joseph Ginzbourg pour lequel il remporte quelques succès de prestige avec Best Seller, Franc Tireur, Chamant d’Or. De cette période, il aimait à rappeler son incroyable victoire dans le Grand Steeple-Chase d'Enghien 1960, où il était resté bloqué avec Pipo IV (pour Olivier Léonard) au sommet de la butte avant de revenir de nulle part pour s'imposer. Après 198 succès, sa dernière monte sera une victoire : c’était le 9 juin 1963 à Nancy, dans un cross, en selle sur un hongre de 12ans, Aliblablack. Le cheval portait les couleurs de Charles Lamotte d’Argy était entraîné par Jo Audon ! Il venait de s’installer sur le centre de Chantilly, après avoir obtenu sa licence d’entraîneur à l’issue d’une période d’assistant chez Mike Bartholomew, lequel lui enverra six chevaux la première année. Il sera ensuite le préparateur de Nellio, El Toro, Claude le Lorrain (Grande Course de Haies 1987 devant Gacko), entre autres....

Avant de nous quitter, Jo aura transmis sa passion et surtout son amour du cheval – il n’a pas hésité à aller rechercher Nellio, devenu étalon, dont on lui avait dit qu’il était maltraité – aux deux générations Audon suivantes : Loïc, sa femme Sylvie, et son petit-fils Jo.

 

Jean-François BERNARD

Né en août 1950, Jean-François Bernard est décédé le 26 mai 2015 à 65 ans. L’entraîneur, installé à La Teste depuis 1983, a gagné les plus grandes courses de pur-sang arabes. C’est avec un pur-sang anglais, Baroud d’Honneur (Highest Honor), qu’il a enlevé ses premiers Groupes. Il avait débuté pour la casaque d’Isabelle Desmarais, puis pour celle de sa fille, Axelle Nègre.

Gentleman-rider, stagiaire chez Pierre Biancone, il a débuté à La Teste chez Gérard Delmas (l’oncle d'Axelle Nègre) puis est devenu entraîneur privé pour Yves Frémiot au haras d'Ayguemorte. Deux ans plus tard, il décroche sa licence d'entraîneur public et gagne sa première course en 1981 grâce à Vallon Vert. Il "s’expatrie" en 2002 à Abu Dhabi, puis à Oman, accompagné de sa compagne Élisabeth Garel. Il revient définitivement en 2005, toujours à La Teste. Depuis sa disparition, Élisabeth a repris l’effectif.

 

Mme Joseph BIANCONE

Mme Joseph Biancone, de la première génération des "Bianconis" en région parisienne, était l’une des personnalités de Chantilly. Elle est décédée en juin à l’âge de 105 ans. "Mamy" était l’épouse de Joseph – "Papy", décédé en mai 1995 à 89 ans –, la mère de Pierre dit "Pierrot", né en novembre 1929, et la grand-maman de toute une équipe de jockeys au service de son petit-fils, l’entraîneur Patrick-Louis.

Pierre est le fils unique de ses parents, qui s’étaient rencontrés en Provence à l’époque où Joseph était jockey. "Papy" avait débuté apprenti chez Émile Atkinson au Pontet (Avignon), où il restera jusqu’en 1932 au service du propriétaire Pierre Thomas. Puis il est appelé au service de Jean Etchepare, dont les chevaux étaient confiés, dans le Béarn, à Renaud de Tauzia. Leur association durera treize ans. Joseph a monté en course jusqu’en 1962, où il était âgé de 56 ans. À partir de 1945, il s’était installé à son compte à Donzac jusqu’en 1965, avec un intermède à Aurillac pour Antonin Issartier. L’année suivante, il monte à Paris et n’entraîne plus que quelques chevaux pour la casaque de son épouse au sein de l’écurie de son fils.

Pierre, qui a débuté aux côtés de son père chez Renaud de Tauzia, est monté à la capitale chez Alec Head à Maisons-Laffitte, du temps d’Aly Khan, puis chez Léon Gaumondy. Jockey d’obstacle (deux fois tête de liste), il s’installe comme entraîneur à Lamorlaye en 1965. L’écurie est la première de la rue Charles Pratt.

 

Hubert BOURGEAIS

En février, Hubert Bourgeais, 67 ans, est retrouvé mort à Tiercé (Maine-et-Loire), à quelques kilomètres de Soucelles, là où Yann Poirier avait perdu la vie une semaine plus tôt. Le père de Jérôme Bourgeais (ancien jockey et désormais responsable des pistes au Mans) est tombé de cheval sur la piste du haras du Châtaignier, propriété de Baudoin de la Motte Saint-Pierre. Éjecté de sa monture, Hubert a été touché aux cervicales. L'alerte a été donnée un peu plus tard par un membre de sa famille, mais les secours n'ont pu que constater le décès. Connu pour sa bonne humeur quotidienne, Hubert était un passionné, qui a sillonné la France des hippodromes. Sa casaque (chevronnée blanc et mauve) a brillé depuis des décennies. Tout d'abord par l'intermédiaire du bon Pollen d'Or, à la fin des années 1970, puis Jeudi d'Août, Tarmont de Mozé, Reinette d'Or, Malicieuse, spécialiste du cross de Saumur, et plus récemment Reine de Mai. Propriétaire-éleveur, ex-gentleman-rider, ex-entraîneur devenu permis d'entraîner, Hubert venait régulièrement donner un coup de main à son beau-fils, Anthony Grégoire, qui occupait les lieux depuis une dizaine d'années. C’est dans la commune de Champigné, où il a longtemps officié, que la famille Bourgeais a ses racines depuis plusieurs générations.

 

Véronique BRIAT

Directrice depuis quatre ans de l’Afac (Association française du cheval arabe de course), Véronique s’est éteinte brutalement à son domicile, le 8 juin, à 46 ans. Ayant l'amour du cheval ancré en elle et connaissant parfaitement son univers, elle avait accumulé énormément d'expérience dans des haras des États-Unis, outre-Manche et en France. Ainsi, elle a travaillé au sein du haras du cheikh Hamdan Al Maktoum, Shadwell, de 1998 à 2010. Adorant se rendre le plus possible sur les hippodromes, elle était joyeuse, toujours prête à rendre service et son travail était vraiment très apprécié au sein de l'Afac.

 

Richard CARVER Jr

Décédé début décembre à 98 ans, Richard Carver Jr a exercé le métier d’entraîneur à la même époque que son père, également prénommé Richard, d’où la nécessité d’ajouter un signe distinctif. C’est ainsi que ses pensionnaires étaient différenciés de ceux de son père jusqu’à la retraite de ce dernier, né à Chantilly et décédé en 1979. Richard Carver était le fils de Mathilda Carter, issue d’une grande famille d'entraîneurs anglais installés en France depuis le milieu du XIXe siècle, et de William Carver, grand jockey et fils de Thomas-Richard, également entraîneur.

Richard Carver Jr a débuté sa carrière d’entraîneur en 1934 pour la terminer 46 ans plus tard, en 1980. Il a eu pour premiers clients Lord Derby et Lady Granard. Son palmarès s’orne de plusieurs grands succès dont le Grand Prix de Paris (Gr1) avec Popof (1954) et avec Roll of Honour (1970), le Prix de Diane (Gr1) avec Barquette (1959) et Belle Ferronnière (1963). Il avait remporté également le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1) avec Guadanini (1978). Lassalle lui a apporté un succès de prestige à Ascot en 1973 en remportant l’Ascot Gold Cup (Gr1). La même année, il remportera le Prix du Cadran (Gr1).

Son meilleur pensionnaire reste Hard to Beat, vainqueur du Grand Critérium et du Prix Lupin (Grs1) pour Stéphan Skolow. Il va s’imposer dans le Prix du Jockey Club (Gr1) pour les couleurs japonaises de Junzo Kashiyama qui l’avait acheté quelques jours avant.

Richard Carver Jr compte également des succès en obstacle dont la Grande Course de Haies d’Auteuil en 1960 avec Poutje Elday.

Son père avait gagné le Derby d’Epsom 1948 avec My Love, pour l’association de S.A. l’Aga Khan III et Léon Volterra, devant son compagnon d'écurie Royal Drake, appartenant à Léon Volterra : un jumelé français assez rare. Il a arrêté sa carrière en 1960 pour cause de cécité.

 

Paul CÉSARI

Ancien président de la Fédération du Sud-Est, le docteur Paul Césari est décédé chez lui le 4 juin dans sa 91e année, sur les hauteurs de Toulon où il s’était retiré après son dernier mandat en 2003 (atteint par la limite d’âge). C’est au début des années 70, lors de la fusion des Sociétés de Toulon et de Hyères, que Paul Césari succède à Jean Barletta à la tête de la Société hippique du Var. Au début des années 80, il est élu à la présidence de la Fédération tout en continuant à élever des trotteurs. Il est inhumé dans sa Corse natale.

 

André CHAPATTE

Propriétaire-éleveur avec son fils Paul, André Chapatte est décédé le 8 août dans sa 92e année, à la veille de la réunion annuelle donnée par la Société des courses de Sillé-le-Guillaume dont il fut le président de 1952 à 2000, puis le président d’honneur. Sa casaque a surtout brillé en obstacle avec notamment le steeple-chaser Princelou, à l’arrivée des Prix Maurice Gillois et Ferdinand Dufaure sous la coupe de Nicolas Madamet. Son épouse, Denise, était partie un an plut tôt, en septembre 2014.

 

Lucien CHEVROLLIER

Le "commandant" est décédé en juillet dans sa 91e année. Il était éleveur dans le Segréen, à Nyoiseau, d’où il était natif. Militaire de carrière dans le milieu médical, il était veuf de Paule Tessard. Bien que néophyte, il avait consacré une partie de sa retraite à l’élevage de chevaux d’obstacle et s’était forgé un joli palmarès grâce notamment au champion Édredon Bleu, lauréat de plusieurs Groupes 1 outre-Manche après avoir été exploité en France par Michel Peltier. Riquita Bleue, Régence Bleue, Queiros Bleu, Turban Bleu, Étoile Bleue et Iota Bleu, à l'honneur à Auteuil ou dans les Grands "Steeple" provinciaux lui avaient également offert de grandes satisfactions sous les entraînements de René Cherruau, Guy Cherel ou Xavier Guerot.

 

Sylvia COUTURIÉ

Madame Sylvia Couturié nous a quittés le mardi 28 juillet à 87 ans. Le jour-même, son petit-fils, Henri-François Devin, signait une victoire avec Zeppelin sous les couleurs familiales à Chantilly, où il est installé comme entraîneur depuis 2013. C’était quelques semaines après la deuxième place de Physiocrate dans le Prix de Diane sous les couleurs de l’association Devin : mère et filles (Sophie et Victoria, l’aînée de la fratrie). La fille de Doctor Dino et d’une mère par Kaldounévées est un pur produit du haras du Mesnil, créé par la famille Couturié. Sylvia était la fille de Jean Couturié et d’Élisabeth (née Raoul Duval), celle que l’on surnommait "la grande dame du Mesnil". Elle était la sœur ainée de Marguerite, mariée au comte Bertrand de Tarragon, décédé en 2013.

 

Docteur Philippe CURTI

Dentiste de profession, le docteur Philippe Curti nous a quittés le 16 février à 71 ans. Il était le président-fondateur de l’Adep (Association des éleveurs du Pin) et l’ancien président-fondateur, de 1995 à 2007, de l’A.N.S.F. (Association nationale du selle français). Son nom reste associé au mouvement de prise en charge de leur destin par les éleveurs. Dans le monde des courses, il est associé à Or Noir de Somoza, dont il était l’éleveur avec sa femme, au haras de la Grande Maison près du Merlerault.

 

Jean-Claude DEBOUDAUD

L’ancien journaliste Jean-Claude Deboudaud est décédé le 27 avril à 74 ans. Il a collaboré à de nombreux médias, tels l’AFP, Antenne 2, France Inter, Le Meilleur et Spécial Dernière dont il était toujours pronostiqueur. À partir de 1971, il avait assuré également la rubrique hippique du Courrier Cauchois. Depuis une vingtaine d’années, il vivait à Solomiac, dans le Gers, avec sa femme, Françoise, et son fils, Olivier, tous deux propriétaires de trotteurs.

 

Henry DELAGE

Naisseur du célèbre champion olympique Jappeloup, issu du croisement d'un trotteur et d'une jument pur-sang, Henry Delage s'est éteint le 10 avril, à 88 ans. À la suite des succès de son protégé, ce restaurateur bordelais crée des marques de vêtements et de vin au nom du cheval. Il est aussi fondateur du Jumping international de Blaye, dont il était président d’honneur.

 

Jean DESOUTTER

Jean Desoutter est décédé début janvier à 84 ans, chez lui, à Saint-Paul-les-Dax. Il était le père des jockeys d’obstacle Denis, Olivier et Jean-Pierre. Denis Desoutter a remporté le Prix du Président de la République pour Jean-Pierre Totain, et Jean-Pierre Desoutter, décédé en 2010, est le père de Nathalie. Entraîneur après avoir été jockey, Jean Desoutter a remporté notamment le Grand Prix de Pau 1965, en selle sur Château d’Angais, pour l’entraînement de Roger Goaille.

 

Jean DETONY

Après avoir été jockey au service de la famille Bates, Jean Detony a ensuite effectué, pendant trente-deux ans, une carrière au service des Sociétés de courses parisiennes. Il est décédé à 86 ans, en avril, en région parisienne.

 

Henri DIACONO

Natif de Tunis, Henri "Riton" Diacono était journaliste et a été commentateur officiel de l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer pendant de longues années. Il livrait ses pronostics à Radio Monte-Carlo. Il avait débuté son apprentissage à l’AFP avant de devenir correspondant de Paris-Turf pour le Midi tout d’abord. Dans les années 80, il intègre la rédaction parisienne, dont il était l’un des piliers. À la fin du siècle dernier, à la retraite, il retourne dans son pays natal et pose ses valises à Kelibia. Il est décédé en janvier.

 

Annie et Bruno DONGUY

Le 26 janvier, Annie et Bruno Donguy sont décédés à Chantilly. Annie, âgée de 58 ans, était la mère de Bruno, âgé de 27 ans. Le patronyme Donguy est bien connu dans la région, depuis des décennies. Annie est née dans ce milieu équin, son père Gilbert, décédé en 2001, étant entraîneur, tout comme son frère, Érick jusqu’en 2004. Elle avait gagné dans les épreuves réservées aux amateurs et avait aussi été l'une des premières cavalières à affronter les jockeys.

 

Hervé DUCHESNE

La vie d’Hervé Duchesne avait basculé le 6 décembre 1986. Aux alentours de 11 heures ce matin-là, au centre d'entraînement de Nort-sur-Erdre, il doit sauter Quiroga AC, partant à Auteuil. Malheureusement, le jeune jockey de 20 ans (né en août 1966) se retrouve à terre. Le diagnostic est cruel, le Breton natif de Vannes restera paralysé jusqu’à son décès en janvier dernier.