Ils nous ont quittés en 2015 (2e partie)

Autres informations / 18.12.2015

Ils nous ont quittés en 2015 (2e partie)

ILS NOUS ONT QUITTÉS EN 2015

L’année touche à sa fin et Jour de Galop rend hommage, en plusieurs volets, à ceux qui nous ont quittés en 2015.

 

PAT EDDERY

Patrick James John, dit Pat, était un jockey de légende né en Irlande en 1952 et disparu le 11 novembre à 63 ans. Il avait raccroché les breeches en 2003 après plus de trente-cinq ans de carrière et onze Cravaches d’or, autant qu’un certain Lester Piggott. Avec plus de 4.600 succès, il n’est devancé que par Sir Gordon Richards (environ 4.800 victoires et vingt-cinq titres). Il signe un contrat d’apprentissage chez l’Irlandais Seamus Mc Grath – chez qui il restera deux années, avant que Levmoss (Le Levanstell) ne remporte l’"Arc" en 1969 – puis chez l’Anglais de Cheltenham, Herbert (dit Frenchie) Nicholson, jusqu’en 1972. Il décroche le titre de meilleur apprenti en Grande Bretagne en 1971, et dans la foulée, signe un contrat de monte pour Peter Walwyn (1973 à 1980), puis pour Robert Sangster (1981 à 1986). C’est pour le compte de ce dernier qu’il enlève son premier Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) avec Detroit (Riverman). Enfin, il signe un contrat de monte pour Khalid Abdullah qui le lie de1987 à 1994. C’est avec les couleurs du prince saoudien qu’il enlève deux "Arcs" consécutifs, avec Rainbow Quest (Blushing Groom) sur tapis vert en 1985, puis avec Dancing Brave (Lyphard) en 1986. L’année suivante, il remporte une quatrième fois l’épreuve avec Trempolino (Sharpen Up).

En 2005, Pat Eddery prend sa licence d’entraîneur. Son meilleur pensionnaire, Hearts of Fire (Firebreak), a gagné le Gran Criterium de Milan (Gr1) sous la selle d’Olivier Peslier.

 

LÉON FLAVIEN

Décédé en janvier à 92 ans, Léon-Pierre Flavien était né en juillet 1923 au Lude, dans la Sarthe, et avait débuté à Maisons-Laffitte comme apprenti chez Charles Bariller, puis chez Noël Pelat. Léon Flavien a monté son premier gagnant en 1941. La célèbre écurie Jean Stern lui a fait signer un contrat de première monte qu’il a honoré pendant dix-huit ans avant de rejoindre celle de Marcel Boussac. S’il n’a jamais été Cravache d’or, il est monté à plusieurs reprises sur le podium. Léon Flavien a été le partenaire de Phaëton (Sicambre), gagnant du Grand Prix de Paris (Gr1), de Birum (Arbel), lauréat du Grand Prix de Paris (Gr1) pour André Bélinguier, de Carvin (Marino), de Fine Top (Fine Art), de Hautain (Sky High), d’Aglaé Grace (Mousson), lauréat du Prix de Diane (Gr1), de Sigebert (Alizier), deuxième du Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1)… Il décide de mettre un terme à sa carrière de jockey en 1974, après plus de 2.000 victoires. Entraîneur à Lamorlaye pendant trois ans, il s’est ensuite reconverti dans la restauration en Normandie. Léon Flavien est l’éleveur de Valdance (Vaguely Pleasant), gagnant du Prix Ferdinand Dufaure en1998.

 

STEFAN FRIBORG

Propriétaire suédois, Stefan-Vilhelm Friborg est décédé le 18 février dans sa soixante-huitième année. Ses intérêts en France étaient managés par Patrick Barbe, qui lui avait déniché une certaine Natagora (Divine Light). Achetée 30.000 euros aux ventes d’octobre alors qu’elle était yearling, cette pensionnaire de Pascal Bary a aligné les succès en France et en Angleterre. À 2ans, elle s’était notamment imposée dans les Prix du Bois (Gr3), Robert Papin (Gr2), puis dans les Cheveley Park Stakes (Gr1) après une deuxième place dans le Prix Morny (Gr1). Pour sa rentrée à 3ans, Natagora enlève le Prix Imprudence (L), une préparatoire aux 1.000 Guinées (Gr1) qu’elle remporte. Dans le Prix du Jockey Club, elle finira au troisième rang. Aucune pouliche n’était montée sur le podium depuis Bella Paola (Ticino) en 1958. Stefan Friborg avait également acheté un cheval brésilien, Gloria de Campeao (Impression). Sous la responsabilité de Pascal Bary, il enlève, ce qu’aucun français n’avait encore réussi, le Dubai World Cup (Gr1), monté par un pilote brésilien. L’année précédente, il y avait pris la deuxième place.

 

JACQUES GENEAU

Né en novembre 1940, Jacques Geneau a débuté comme apprenti-jockey chez Jean Laumain. Il se dirige assez rapidement vers l’obstacle et les entraîneurs se l’arrachent. Il montera pour Daniel Lescalle, puis pour la famille Pelat. Détenteur de 526 succès, il sera tête de liste en 1966 (51 victoires) et en 1968 (43 victoires), dauphin de Maurice Prod’homme en 1962, 1963 et 1965 (49 victoires). En 1967 (42 victoires), il est deuxième de ce même classement derrière Christian Mahé, et troisième en 1970 derrière Alain Grimaux et Michel Chirol. Jacques Geneau raccroche la cravache et obtient sa licence d’entraîneur en 1973. Installé à Maisons-Laffitte, il était le mentor d’un certain Dom Helion (Tapioca). Ce dernier a gagné entre 1973 à 1975 les Prix Cambacérès, (le futur) Alain du Breil, La Barka et La Haye-Jousselin. Grey Rabbit lui offre le Prix Ferdinand Dufaure 1974. Mais en 1988, Jacques Geneau est attaqué par deux individus à moto au retour d'un entraînement. Il est grièvement blessé par balle. Sa vie bascule, il reste paralysé des deux jambes. Il terminera sa vie à Perpignan où il décède le 28 mai dernier dans sa soixante-quinzième année.

 

RAYMOND GOLEO

Parti de rien, Raymond Goléo s’est hissé sur le podium de chaque défi qu’il s’est lancé au cours de sa vie. Celui qui fut président de la Société hippique de la Loire et président de la Fédération du Centre-Est depuis 2011 s’est éteint le 27 janvier à soixante-treize ans. Le monde du cheval en particulier, et le Forez en général, ont perdu un illustre représentant. Président de l'hippodrome de Feurs, ancien chef d'entreprises, bénévole hors norme, homme public ayant passé un quart de siècle au service de sa commune, il n’a cessé de travailler pour dynamiser et mettre en valeur son hippodrome. Il transforme le champ de course, obtient la première réunion PMU puis le premier Quinté Plus à Feurs en 2008. Son lien avec les chevaux est une longue aventure éprise de passion. En 1978, Raymond achetait sa première jument. Quelques années plus tard, alors élu aux côtés du maire de Feurs, il devient membre de la Société hippique de la Loire. Passionné par le football et la chasse, pour lesquels il a toujours su conserver une place dans sa vie débordante de chef d'entreprises et d'élu, Raymond a découvert et appris la vie d'une société hippique.

 

NADJA GOVAERT

Nadja Govaert a participé à la création de l’agence Osarus en juin 2008 avec Guy Blasco et Frédérique Lingua. Ils seront rejoints par Emmanuel Viaud et Sylvian Hureau (l’ancien jockey palois, gendre de Guy Blasco). La directrice administrative est décédée le 4 septembre à Caen, à quarante-trois ans, non loin de chez elle. Malgré la maladie, elle avait assisté aux ventes de trotteurs organisées par son agence à Argentan le 31 août.

 

EDY GUBELLINI

Professionnel de renom dans la discipline du trot, Edoardo Gubellini est décédé le 16 août à 78 ans, d’une crise cardiaque. Il était le fils de Pietro, grand jockey de plat vainqueur, notamment, du Grand Prix de Paris (Gr1) 1938 avec un certain Nearco (Pharos).

 

WERNER HEFTER

C’est au lendemain du Derby allemand que l’entraîneur Werner Hefter est décédé, le 6 juillet, à soixante et un ans. Ancien jockey, il s’était installé entraîneur sur le site de Baden-Baden (Iffezheim) en 1990. On se souvient de la victoire de son pensionnaire Dartagnan d’Azur (Slickly) dans le Prix André Baboin (Gr3) 2014. Ses antécédents médicaux – victime d’un accident vasculaire cérébral en octobre 2011 – devaient le contraindre à arrêter le métier le 1er septembre. Carmen Bocksai le remplaçait alors dans des écuries flambant neuves.

 

ROGER HIVET

Journaliste à Paris-Turf durant trente-huit ans, Roger Hivet s’est éteint à Pont-l’Evêque en février, à soixante et onze ans. Grand reporter, il avait couvert plusieurs grands événements à l'étranger, au trot et au galop. Mais c'est au contact des socioprofessionnels que ce journaliste de terrain était le plus à l’aise et où il avait su se faire apprécier.

 

HENRI DE LA CHAUVELAIS

Le comte Henri Bellier de la Chauvelais est décédé à soixante-dix-neuf ans à son domicile de Moulins-le-Carbonnel (Sarthe) le 17 février. Ancien officier, excellent cavalier, il demeurera l'illustration de "l’homme de cheval" par excellence, comme s'en prévalent volontiers les courses pour mettre en avant leur haute dimension sportive.

Le monde des courses gardera le précieux souvenir de sa souveraine distinction, alliant sportivité, civilité, courtoisie, respect d'autrui et des traditions, discrétion et élégance dans le succès comme dans l'épreuve. Il restera également dans nos mémoires pour la constante réussite de sa casaque (jaune à bande verte) au galop depuis des décennies, en particulier avec la production de son propre élevage et en association avec son épouse (Marie-France Férault de Falandre).

Son palmarès est éloquent et il fut bâti de concert avec Hubert d’Aillières, puis Jacques de Chevigny, Guy Bonnaventure, Didier Soubagné, Jean-Marie Béguigné, Thierry Lemer et autres. Bamiyan (Kouroun) fut son dernier bon cheval, en remportant le Prix du Pin (Gr3) 2014. Il est issu de Kouroun (Kaldoun), gagnant du Prix Daphnis (Gr3) pour les mêmes couleurs, et de Baena (Verglas). Cette dernière constitue, avec Reine de Lenza (un achat provenant de madame François Dupré), la base de son élevage.

 

JEAN-LOUIS LE CHAUX

Jean-Louis Le Chaux, très connu et apprécié dans sa région des Côtes-d'Armor (Canihuel en particulier), est décédé subitement le 19 février dans sa soixante-dix-neuvième année. Il était l'un des derniers à perpétuer l'élevage familial qui date du début du siècle dernier. C'était un homme compétent et discret, qui a contribué à la renommée et au maintien du cheval de Corlay pendant près d'un demi-siècle. Par amour pour ses couleurs, Jean-Louis était encore, fin 2014,  propriétaire d’un cheval, à l’entraînement chez Christophe Lotoux.

 

YVON LELIMOUZIN

Ancien jockey de plat et d’obstacle, il raccroche ses bottes en 1966 pour rentrer au service de la Société d’encouragement. Il va, jusqu’à sa retraite, bichonner les pistes du centre d’entraînement et plus particulièrement celles des Aigles. Il deviendra l’éleveur de Cirrus des Aigles (Even Top). Si son élève est sur le point de terminer sa carrière, Yvon, pour sa part, est parti depuis le mois de janvier.

 

COMTE ARTUS DE MAILLE

Ancien président de la Société des courses de La Guerche-Nevers (Cher), Artus de Maillé a également exercé la fonction de commissaire sur l’hippodrome de Vichy. Il est décédé à Paris à l’âge de quatre-vingt-neuf ans le 11 décembre.

 

COMTE PIERRE DE MONTESSON

Grand propriétaire-éleveur au haras des Coudraies (à Francheville, dans l’Orne), le comte Pierre de Montesson s’est éteint à quatre-vingt-seize ans, le 25 mai, quelques jours seulement après un doublé de ses élèves Kotkikova XX (Martaline) et Kobrouk (Saint des Saints) dans le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1). Katko (Carmarthen), issu du même élevage et de la même souche, avait remporté cette épreuve en 1987 sous la coupe de Bernard Sécly. Le Manceau de naissance déclare ses couleurs en plat en 1958, avec des couleurs suggérées par son épouse (décédée en avril 2011). Il avait eu une belle réussite dans les deux disciplines, d’Une de Mai ou Toscan à Katko ou Kotkijet (Cadoudal). Sur ses terres, qu’il possède depuis 1938, une cinquantaine de poulinières, trotteur et pur-sang (ces dernières presque toutes issues d’une seule et même mère, Kotkie), se côtoyaient ces derniers temps. Il faut se rappeler que Pierre de Montesson a été également président de la Secf pendant une dizaine d’années.