Ils nous ont quittés en 2015 (3e partie)

Autres informations / 19.12.2015

Ils nous ont quittés en 2015 (3e partie)

ILS NOUS ONT QUITTÉS EN 2015

Suite et fin de l’hommage rendu à ceux qui nous ont quittés cette année…

 

JEAN-MARC MOQUET

Ce courtier français (Atlantic Thoroughbred Consulting) est décédé fin juillet à quarante-six ans, chez lui, à Nozay, dont il était originaire. Il avait commencé sa carrière au Haras du Logis (du temps de la famille Bozo) avant d’être diplômé après des études à l’Irish National Stud. Suivront des stages en Australie chez Colin Hayes, en Nouvelle-Zélande à Cambridge Stud, dans le Kentucky chez William Farish (Lane’s End Farm) et en Irlande à Derrinstown Stud et Oldtown Stud (famille de Burgh). Il fut ensuite, pendant quinze ans, le manager de Kiltinan Castle Stud, le haras irlandais de Lord Lloyd-Webber, avant de rentrer au pays en 2012.

 

MADAME PAUL DE MOUSSAC

Marguerite-Marie, veuve (depuis 1995) de Paul Augier de Moussac, s’en est allée à son tour le 4 novembre dans sa quatre-vingt-treizième année. Son mari avait débuté par les trotteurs (comme son père Henry, éleveur en Vendée) puis l’achat d’un pur-sang "à réclamer" va faire naître sa passion pour l’élevage. Il achète en 1962 une propriété à Ticheville qui, après de gros travaux, va devenir le Haras du Mézeray sous le management d’Antoine Bozo. Après le décès du propriétaire des lieux, c’est le fils de la famille, Charles-Henri, qui reprend la direction du haras, privé du temps du patron et plutôt commercial par la suite. Sous l’ère de Marguerite, plusieurs bonnes pouliches vont faire parler d’elles, telles qu’Amonita, Lune d’Or, Alpine Rose (en association), ou Coquerelle. En l’honneur de la réussite de la famille, le Prix Paul de Moussac est créé en 2006 à Chantilly en lieu et place du Prix de la Jonchère.

 

THEODORE NADOR

Crack jockey d’obstacles, Théodore (Théo pour les intimes), d’origine hongroise, né en avril 1926, a été tête de liste en 1959 (quarante-quatre victoires, à égalité avec Pierre Biancone). Il a débuté en 1942 comme apprenti chez William Head (à Maisons-Laffitte) pour qui il a enlevé le Prix La Barka en 1951. Avec trois victoires, il codétient le record de victoires dans le “Président” (pour Antoine Monnat, entre autres) et il fut l’un des premiers jockeys de George Pelat. Il prendra ensuite sa licence d’entraîneur en 1964 et raccroche en 1982. Beaucoup d'anciens se souviendront de sa tentative dans un Prix Gillois avec Xanthor, où il fit un tour de piste avec une selle fendue en deux et l'arçon brisé ; il tomba lourdement à la dernière haie alors qu'il luttait encore pour la victoire. Il fit aussi partie des jockeys français fair-play, qui encadrèrent Fred Winter, en selle sur Mandarin (mors cassé), lors de son succès dans le Grand Steeple-Chase de Paris 1962. Avant de nous quitter fin juillet à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, il avait transmis sa passion à ses deux fils, Michel et Philippe (entraîneurs dans le Centre-Est).

 

CHRISTIANE NEGREL

Christiane Négrel, (Spaltino de son nom de jeune fille) s’en est allée le 23 janvier à soixante-neuf ans laissant dans la peine son époux Guy, la fine cravache d’obstacle (tête de liste en 1976), et ses deux fils, Christophe et Laurent. Guy, Marseillais de naissance, s’était imposé notamment dans le Grand Steeple-Chase de Paris 1976 avec un élève de Domingo Perea, Piomarès. Il avait raccroché au début des années 80. Christiane et Guy s’étaient connus à Cagnes, lors d'un meeting d'hiver et allaient fêter leurs quarante-huit ans de mariage.

 

SIR PETER J. O’SULLEVAN

La “voix des courses anglaises” s’est tue fin juillet à quatre-vingt-dix-sept ans. Cet Irlandais, commentateur de la BBC pendant cinquante ans (de 1947 à 1997), a été anobli par la Reine en 1997, quelques semaines après avoir pris le micro pour la dernière fois. Il a commenté l’Arc de Triomphe pendant trente ans. Outre la radio et la télévision, il était très présent dans la presse écrite. En 1986, il devient membre du Jockey Club anglais et fait même partie du Hall of Fame de l’hippodrome d’Aintree. Il avait connu le succès en tant que propriétaire avec Be Friendly, vainqueur du Prix de l’Abbaye de Longchamp en 1968.

 

ANDREE PAYEN

C’est le lundi 2 février qu’est décédée dans sa quatre-vingt-dixième année Madame Marcel Payen, née Andrée Bosard, propriétaire de galopeurs, bien connue et appréciée dans le monde des courses. Pendant près de soixante ans, Andrée a eu plusieurs bons chevaux chez la famille Plaine, Marcel à Maisons-Laffitte puis dans l’Est chez son fils Jean-Pierre et sa belle-fille Magdalena.

 

JEAN-YVES PÉRÈS

Né à Lorient, Jean-Yves Pérès est décédé le 7 février dans sa soixante-sixième année. Turfiste assidu depuis plus de quarante ans, il avait attendu de vendre son entreprise de publicité pour prendre ses couleurs (chevronnées rose et noir), d'abord au trot, puis au galop (en 2001), où il connaît ses premiers succès. Il devient aussi éleveur sans sol. En 2001, son premier achat, Tibbie Shiels, à l’entraînement chez Patrick Monfort, fera partie de ses premières poulinières. Éclair de Lune, à l’entraînement chez Yves de Nicolay, avait été jugée digne de participer au Prix de Diane 2009. Troisième du Prix de la Nonette, elle est aussitôt vendue à la vente de "l’Arc" à destination des États-Unis où elle s’impose dans les Beverly D Stakes (Gr.1) pour les couleurs de Richard L. Duchossois (le patron d’Arlington Park qui, par ailleurs, avait débarqué en 1944 sur les plages normandes). Alinade, Amavie, Myakoda, Caudan (les produits de sa première jument), Symphonic Man et Paraiyor (achetés "à réclamer"), Demon Dancer, Levitski, Molitor (achetés yearling) et bien d'autres, ont ainsi apporté bien des joies à ce passionné trop tôt disparu.

 

JEAN-JACQUES PIQUET

La Société des Courses de Toulouse a perdu son administrateur le 18 février. Jean-Jacques Piquet, âgé de soixante-huit ans, était un vrai passionné de sport hippique. Il avait été gentleman-rider, propriétaire-éleveur et même permis d’entraîner. Il entretenait avec succès une écurie de plat chez son ami Jean-François Bernard, mais également quelques chevaux de CSO qu’il travaillait lui-même. Toujours joyeux et de bonne humeur, il était un bénévole extrêmement disponible et précieux. Sa vie et sa mort furent marquées par la tragédie puisqu'il s'est éteint à la suite de la sauvage et gratuite agression dont il fut victime le 5 septembre 2014, sans jamais reprendre connaissance.

 

YANN POIRIER

Un dramatique accident s’est produit le lundi 9 février à Soucelles au Haras du Chêne (associé au label : des Mottes) que Yann Poirier avait créé de toutes pièces en 1993. Frappé à la tête par un coup de pied d’une pouliche qui s’était échappée dans la cour, Yann est projeté au sol et succombe à ses blessures à quarante-quatre ans. Né à Angers, le frère d’Arnaud avait passé quatre années en Irlande, chez l'Aga Khan et chez Mohammed Al Maktoum. Il a appris la gestion et les activités de la filière hippique en suivant l'exigeant cursus de l'Irish National Stud. En 1992, il est responsable du Haras du Logis où il ouvre une section débourrage tout en assurant la partie élevage, notamment les poulinages et les saillies d'étalons. En 2001, il épouse Anne-Marie, une Hollandaise, qui lui donnera deux filles, Charlotte et Juliette.

 

Mme BERNARD PRUNAULT

Mme Bernard Prunault, née Christiane Hamon, était bien connue dans l’ouest de la France, tout particulièrement en Ille-et-Vilaine et sur les hippodromes de Bretagne. Elle nous a quittés en avril à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Mère de Patrick (ex-gentleman-rider et entraîneur) et belle-mère de Xavier-Louis Le Stang, elle avait déclaré ses couleurs depuis près de quatre décennies.

 

SUSANNA SANTESSON

Depuis 2001, son nom était indissociable des épreuves internationales réservées aux amateurs. Secrétaire Générale de la Fédération Internationale des Gentlemen-riders et des Cavalières, Susanna Santesson s’est soudainement éteinte le 2 avril à l'hôpital de Francfort après y avoir été admise peu de temps avant le décollage d’un vol. D'origine allemande, elle avait monté pendant de nombreuses années en tant que cavalière. De l’avis des cavaliers amateurs qu’elle côtoyait à longueur d'année, elle était un peu leur Madame de Fontenay.

Elle était l’âme de la Fegentri, accompagnant dans leurs déplacements les jeunes cavaliers engagés dans les différents circuits réservés aux amateurs, effectuant le tour de la planète chaque saison au gré des étapes des deux championnats du monde placés sous sa responsabilité, l’un réservé aux gentlemen-riders, l’autre aux cavalières.

 

BERNARD SÉCLY

Doyen des entraîneurs en activité jusqu’à sa retraite en juin 2010, Bernard Sécly s’est éteint le 12 septembre à l’âge de quatre-vingt-quatre ans (il était né en mai 1931). Il avait eu sous sa responsabilité des monuments d’Auteuil comme Al Capone II (sept fois vainqueur du Prix La Haye-Jousselin) et Katko (triple lauréat du Grand Steeple-Chase de Paris) mais aussi un spécialiste d’Enghien, le Wertheimer Northerntown (triple vainqueur du Grand Steeple-Chase). Il est le recordman du nombre de victoires dans le Grand Steeple-Chase de Paris. Bernard avait appris le métier au contact de Joseph Ginzbourg et Maurice d’Okhyusen, entraîneurs à Maisons-Laffitte où Bernard débutera en 1957. C’est en 1968 qu’il s’expatrie à Lamorlaye, rue Charles Pratt où il va entraîner un certain Cadoudal. Il était aussi un excellent maître d’apprentissage puisque sortiront de chez lui Élie Lellouche (qui avait débuté chez William Head), Philippe Ménager, Guy Guignard, Jean-Luc Kessas, Jean-Yves Beaurain (associé à Al Capone). Julien Augé fait partie des dernières promotions d’apprentis. Un émouvant hommage lui a été rendu début novembre lors de la journée du Prix La Haye Jousselin, en présence de son épouse, Dany, et de son frère.

 

OMAR EL SHARIF

Immense acteur de cinéma (Lawrence d’Arabie, Docteur Jivago), brillant joueur de bridge, mais aussi propriétaire-turfiste passionné, Omar Sharif était né en 1932 à Alexandrie. Il est décédé le vendredi 10 juillet d’une crise cardiaque au Caire (après avoir été affaibli par la maladie d’Alzheimer). Il avait commencé sa vie professionnelle dans l’entreprise de bois précieux de son père, puis avait débarqué un jour à Londres pour y apprendre le métier d’acteur.

"Les courses, vous le savez, c’est ma grande passion" était son slogan devenu culte, du temps où il donnait ses pronostics pour un journal hippique. Grand ami de Maurice Zilber, de David Smaga, il avait été propriétaire de Blinis, de Dedini, de Lixirova et de son dernier joyau, Don Bosco

 

GUY THIBAULT

Guy Thibault est décédé le dimanche 8 mars à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Ancien élève de l’école du Haras du Pin, il a consacré sa vie et son talent d’écrivain à retracer l’histoire des courses au galop et de l’élevage après avoir été journaliste hippique, courtier et manager. Il était entré en 1954 à la rédaction du magazine Courses et Élevage à la demande de son fondateur, Jean Romanet. Il signera pendant de longues années ses articles sous le nom de Maximum (du nom d’un gagnant de la Gold Cup après avoir été acheté "à réclamer" par Jacques de Brémond).

C’est en 1966 qu’il entreprend sa carrière d’écrivain avec la publication de l’ABC des Courses. Suivront dix-sept autres ouvrages dont plusieurs à l’initiative de France Galop, mais aussi quelques-uns à la demande de particuliers, tel que Casaque Bleue et Blanche pour la famille Wertheimer suivi de Cent ans d’Élevage.

 

RAYMOND TOUFLAN

Le Mansonnien Raymond Touflan est né en août 1922 d’un père nommé Louis, entraîneur à Pornichet en son temps. Il a quitté le parc définitivement le 16 juillet à l’aube de ses quatre-vingt-treize ans, après avoir débuté comme apprenti chez son père puis garçon de voyage chez Charles Bariller. Il prendra sa licence d’entraîneur particulier en 1951, mais seulement pour deux années. Il revient sur le devant de la scène en 1963 avec comme premier client Érick Henin. Il va occuper un temps le 8, avenue Marengo, l’ancien établissement de William Head. C’est de là que vont sortir ses deux champions, Theia (la seule mansonnienne gagnante du Critérium des Pouliches) et surtout Kendor, le dernier mansonnien vainqueur de la Poule d’Essai des Poulains. Le fils de Kenmare, propriété d’Adolf Bader, fera parler de lui ensuite au haras. Jacques Foresi (ancien élève de Jacques Fricotelle) et Thierry Gillet, entre autres, sortiront du lot comme apprentis. Raymond sellera son dernier partant en 1990.