Le discours d’édouard de rothschild devant le comité de france galop

Autres informations / 16.12.2015

Le discours d’édouard de rothschild devant le comité de france galop

LE DISCOURS D’ÉDOUARD DE ROTHSCHILD DEVANT LE COMITÉ DE FRANCE GALOP

 

« Monsieur le président de séance,

Madame le Contrôleur d’État,

Monsieur le représentant du ministère de l’Agriculture,

Mesdames & Messieurs les membres du nouveau Comité de France Galop,

 

Au cours des quatre dernières années, n’étant plus impliqué dans la gestion au quotidien de France Galop, j’ai pris le temps d’observer l’univers des courses et de l’élevage. J’ai suivi l’évolution du monde économique et j’ai également voyagé à la rencontre d’acteurs hippiques à l’étranger.

 

Les courses ne vivent pas en vase clos, coupées de toute réalité. Quand le chômage progresse, les enjeux PMU sont impactés ; quand la majorité de l’utilisation d’internet se fait via des terminaux mobiles et non plus par des ordinateurs, nous ne pouvons pas y faire abstraction, comme si cela ne nous concernait pas.

 

J’ai pris ces deux exemples car, dans chacun des cas, les solutions que nous devons rechercher passent par une vision d’ensemble, au-delà des questions techniques, comme le programme des courses.

 

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je suis candidat pour défendre les fondamentaux du Galop parce qu’ils ont été impactés ces dernières années, au plan des allocations, des primes à l’éleveur, du partenariat avec l’État, du taux de T.V.A., des courses P.M.H. et du maillage territorial.

 

Je suis également candidat pour faire évoluer le système pas à pas, partout où l’action de France Galop peut être améliorée : dans la relation aux propriétaires et aux socioprofessionnels, dans l’accueil du public, dans les services numériques et dans la recherche de nouvelles recettes.

 

Le galop français : où en est-il aujourd’hui ?

 

Le tableau est contrasté.

 

Récemment, Arqana a communiqué sur ses résultats 2015.

L’agence de ventes a établi un nouveau record de chiffre d’affaires annuel. Sur les cinq dernières années, la croissance des ventes aux enchères et des transactions amiables post-ventes s’établit à + 63 %. Le prix moyen global a lui aussi enregistré un plus haut historique, en hausse de 6 %. Enfin, l’année 2015 a été marquée par le prix record de 2.600.000 euros lors de la vente des yearlings d’août, battant ainsi un record vieux de plus de dix ans.

 

Pourquoi évoquer Arqana alors que nous sommes chez France Galop ?

 

Parce que le marché est une réalité tangible et qu’il révèle des tendances économiques concrètes.

 

Si, en plat comme en obstacle, nos ventes publiques sont en hausse constante, si le marché à l’amiable hors ventes est extrêmement dynamique, c’est pour deux raisons principales :

- les acheteurs français et étrangers ont confiance dans notre élevage, dans nos courses et dans nos professionnels ;

- ces mêmes acheteurs ont confiance dans l’avenir de notre modèle de financement car personne n’investit dans un secteur ou une marque considéré en déclin.

 

Connaissez-vous beaucoup de secteurs de l’économie française qui, aujourd’hui, attirent autant d’investisseurs étrangers que les courses au galop qui, par ailleurs, créent des emplois non délocalisables ?

 

Cette confiance est rare.

Pourquoi nos chevaux, nos courses et nos professionnels sont-ils dignes d’une telle confiance ?

 

Mes réponses sont claires.

- Nos chevaux prouvent chaque année leur qualité sportive en France et à l’étranger, en plat comme en obstacle, d’Ascot à Cheltenham, en passant bien sûr par nos hippodromes.

- Notre parc d’étalons est en amélioration constante. Nous allons battre cette année des records en matière de génétique disponible, avec des étalons de plat capables de rivaliser avec les meilleurs étalons anglais et irlandais et des étalons d’obstacle qui n’ont pas d’égaux dans les îles britanniques.

- Nos familles maternelles françaises brillent avec leur descendance jusqu’au Japon.

- Nos professionnels donnent confiance aux investisseurs : les deux tiers des yearlings vendus en août chez Arqana restent à l’entraînement en France. C’est la plus belle des récompenses pour l’école française des entraîneurs et des jockeys que l’on s’arrache de par le monde. C’est aussi la preuve de l’attrait de notre système.

- Je n’oublie pas non plus nos terres d’élevage, sur lesquelles nos emplois ne sont pas délocalisables. Depuis quelques années, de grands éleveurs, qui, en d’autre temps, auraient acheté des terres en Angleterre ou en Irlande, recommencent à acheter des haras en France, malgré un contexte social et fiscal jugé décourageant.

 

 

 

La confiance : France Galop n’y est pas étranger. Pourquoi ?

 

En organisant des courses d’une exemplaire régularité, jugées avec précision, en luttant sans relâche contre le dopage, en maintenant un haut niveau de sécurité, en entretenant des infrastructures d’entraînement au plus haut niveau mondial, en assurant un financement très solide, des allocations payées rapidement, des services administratifs qui régulent et organisent l’activité, sans parti pris. Nous avons là un modèle de service public au service des activités privées.

 

Lorsque je présidais France Galop, j’ai plaidé notre cause auprès de la Mairie de Paris pour pérenniser Auteuil en proposant de restituer les pelouses à la Ville de Paris. En l’absence de cet accord, nous aurions pris, à ce moment-là, le risque de sacrifier le temple de l’obstacle.

 

Dans le même esprit, j’ai défendu le 2/3-1/3, qui doit être sacralisé.

 

L’obstacle, ses chevaux de pur-sang et les AQPS sont des domaines dans lesquels nous excellons. Il faut y pousser notre avantage.

 

Je fais un constat : notre élevage d’obstacle est le meilleur d’Europe. Alors je prends un engagement : lui donner encore plus d’occasions d’exprimer son potentiel en augmentant le nombre de courses black type à Paris et en régions notamment pour les femelles. Des efforts très prometteurs ont été récemment effectués en ce sens. Il faut continuer dans cette voie en faisant la promotion de bonnes courses à conditions qui existent déjà. Ainsi, nous resterons dans une enveloppe existante.

 

C’est un dossier simple mais essentiel que nous ouvrirons très rapidement avec les associations professionnelles et les sociétés régionales concernées pour obtenir un résultat rapide. Les bénéfices ne tarderont pas, pour les éleveurs et les propriétaires, dans la valorisation sportive et financière de leur travail, de leurs chevaux et de leurs souches.

 

Ce sera aussi très positif pour les sociétés de courses locales qui auront l’opportunité d’accueillir pour la première fois un Groupe 3 en obstacle sur leurs hippodromes.

 

Pour résumer, je vous dirais que j’ai la même confiance que ceux qui achètent des chevaux chaque année en France. Et je ne doute pas que vous aussi, vous la partagez.

 

Pour autant, sous réserve d’être taxé de démagogue électoraliste, je ne peux me contenter de souligner les points positifs du galop français.

 

Il existe des enjeux majeurs qui sont loin d’être résolus. Je pense notamment aux nombreux entraîneurs et éleveurs qui connaissent parfois des situations économiques très difficiles. Et au-delà, je ne peux pas ignorer que France Galop perdra plus de 40 M€ cette année. Il va sans dire que des efforts sensibles s’imposent et que nous devons nous pencher sérieusement sur la demande de l’État de fermer un hippodrome.

 

Les défis que nous devrons relever, dans les quatre années qui viennent, peuvent être regroupés en trois grandes familles :

 

- ne pas accepter que la baisse des enjeux PMU soit une fatalité ;

 

- enrayer la baisse du nombre de propriétaires français ;

 

- refuser le recul continu de la place que nos courses occupent dans la société civile.

 

Evoquons d’abord la baisse des enjeux PMU, particulièrement au galop.

 

En toute objectivité, le PMU et France Galop sont coresponsables de cette baisse.

 

Le PMU, parce qu’il doit d’urgence accélérer sa mutation dans une double direction : la simplification du pari hippique et le numérique. Il a déjà fait beaucoup d’efforts mais n’est pas encore allé assez loin dans la facilitation de l’accès au pari.

 

Je vous cite ici trois exemples précis :

 

- le PMU étudie actuellement un nouveau jeu capable de répondre aux attentes d’un public de novices que nous devons conquérir : le Super Simple. Ce nouveau client parieur touchera quoi qu’il arrive si son cheval finit dans les trois premiers, en touchant un peu plus si le cheval gagne et un peu moins s’il est deuxième ou troisième.

 

- le tracking system. Dans les pays où un tracking system a été mis en place, les opérateurs ont constaté un net abaissement de la moyenne d’âge des parieurs. Clairement, ce système permet un suivi des courses et des éléments virtuels proches des codes du jeu vidéo qui plait à un public jeune. C’est d’autant plus productif qu’à l’autre bout de la chaîne, le tracking system plaît aussi aux parieurs experts qui y voient un outil d’analyse supplémentaire ;

 

- un dernier exemple : puisque les paris sportifs sont en expansion, il faut que le PMU puisse pousser la logique de couplage, entre un pari sportif et un pari hippique, en proposant des reports entre les différents sports. Cela demandera du travail pour convaincre l’Arjel. C’est cependant un sujet prometteur.

 

Imaginez l’évolution du chiffre d’affaires des paris hippiques en ligne si l’on peut proposer un jeu "Super Simple" à tous les parieurs qui ont misé sur un match du championnat de Ligue 1 !

 

J’ai évoqué la coresponsabilité de France Galop dans la baisse des paris hippiques.

 

Concrètement, il en va de la raison d’être de France Galop, de pouvoir écrire un programme et des conditions de courses qui offrent des opportunités de courir à toutes les catégories de chevaux, toute l’année, réconciliant ainsi les impératifs de la compétition et ceux du pari hippique.

 

Il y aura donc plus de courses réunissant au moins 14 partants.

 

La stratégie et les actions du PMU relèvent autant de notre responsabilité que de la sienne. Nous devons nous impliquer davantage à ses côtés, au quotidien.

 

Cela passe aussi par une relation différente avec le Trot.

 

Soyons lucides et honnêtes sur ce thème : nos relations actuelles ne sont pas assez harmonieuses, fluides et transparentes. Nous en avons récemment eu une dure illustration. Alors que quelques jours avant, nos amis trotteurs étaient d’accord pour dire que la stratégie du payant était la meilleure en matière de vidéo, ils ont publié un nouveau site internet sur lequel toutes les vidéos sont gratuites. Ce virage à 180°, effectué sans concertation avec nous, nous amène à réfléchir sur la réalité du marketing commun des courses et sur celle du Comité stratégique.

 

Je passe sur le fait que, quand on étudie en détail le nouveau site internet du trot, il est un outil résolument tourné vers le grand public et vers les parieurs…

 

Là encore, cela dénote d’un manque de coordination évident avec le PMU qui semble le mieux placé pour s’adresser aux parieurs.

 

L’évolution du PMU passe aussi par l’accélération très positive de son internationalisation à laquelle France Galop doit être associé parce que la race du pur-sang est mondiale.

 

Nous avons donc un rôle à jouer et des parts de marché à gagner partout.

 

Partout où le PMU gagnera, le galop français gagnera deux fois :

- par les enjeux additionnels et donc par le retour à notre filière ;

- par le développement des relations commerciales avec les pays où le PMU s’implantera car ceux-ci auront plus que jamais à cœur d’acheter, d’élever et de faire courir "français".

 

Le système de jeu français, le pari mutuel, est dominant dans le monde. Vous le savez : contrairement aux apparences, le pari mutuel pèse pour 80 % des enjeux mondiaux avec des pays comme le Japon, Hongkong, les États-Unis et la France contre 20 % pour la cote fixe.

 

Je vous ai dit que les grands défis étaient au moins au nombre de trois. Je voudrais maintenant évoquer celui de la diminution du nombre de propriétaires français.

 

Sur ce sujet, la responsabilité de France Galop est pleine et entière.

 

C’est un problème capital dont nous n’avons pas toujours mesuré l’ampleur mais il convient dès à présent de s’en préoccuper très sérieusement, même si, par chance, la majorité de nos propriétaires ne se sont pas encore découragés et que la Commission des propriétaires a beaucoup travaillé durant ces quatre dernières années.

 

Ma proposition repose sur une approche commerciale de ce sujet. Quand nous parlons de la relation avec les propriétaires, faisons évoluer notre vocabulaire et notre état d’esprit, en parlant d’un service commercial.

 

Le Département Propriétaires de France Galop et le F.R.B.C. doivent être considérés comme des services clients.

 

Le Département Propriétaires de France Galop doit devenir une Direction commerciale des propriétaires, le F.R.B.C. doit devenir une Direction commerciale internationale… et le service marketing de France Galop doit devenir une Direction commerciale grand public.

 

Comment organiser cette évolution ?

 

Aujourd’hui, le Département Propriétaires de France Galop comprend quatre salariés ; en passant à dix, l’accueil sera meilleur sur les hippodromes et les démarches au quotidien seront facilitées. France Galop pourra mener des opérations de recrutement plus fréquentes et plus efficaces.

 

Quelle est financièrement la différence, entre quatre et dix personnes, dans une maison qui en emploie plusieurs centaines ? Elle est mineure mais pour vous, qui aimez aller aux courses et voudriez pouvoir y inviter vos amis dans de bonnes conditions, la différence sera énorme.

 

Voilà un investissement bénéfique : je suis certain que ces salariés supplémentaires seront rentables grâce à leur action de recrutement et de fidélisation.

 

En effet, de nouveaux propriétaires, ce sont des ressources nouvelles pour toute la filière, depuis l’éleveur jusqu’à l’entraîneur ; des propriétaires actuels qui retrouvent le chemin des hippodromes et n’hésitent plus à venir accompagnés, ce sont également des ressources nouvelles pour toute la filière.

 

Avec un service commercial mieux armé, parce que le Département Propriétaires est notre service commercial, nous faciliterons aussi les agréments de propriétaires en simplifiant encore la démarche et en accélérant le traitement des dossiers.

 

Et le même raisonnement peut être appliqué au F.R.B.C. qui mérite d’être redéveloppé avec nos partenaires.

 

Au regard de l’organisation, nous devons travailler différemment en bâtissant des relais en régions et à l’étranger. Arqana est un véritable modèle, avec ses correspondants dans chaque grand pays de courses, qui sont présents au quotidien pour relayer l’information venant de France et pour diriger les acteurs locaux vers la France.

 

En régions, nous avons la chance d’avoir un maillage géographique exceptionnel qui fait la spécificité et la force du modèle français : sachons en jouer, en mobilisant les sites, les bénévoles des associations locales et les salariés des sociétés de courses régionales.

 

Je connais le dynamisme, par exemple, d’une association comme l’Apgo dans l’Ouest qui, sans relâche, agrège et séduit de nouveaux propriétaires. C’est un modèle pour nous tous.

 

Chez France Galop, il y a aussi des actions simples, guidées par le bon sens, à mener.

 

Je vous cite, à titre d’exemple, l’affaire toute récente des cartes de propriétaires pour les membres des écuries de groupe. France Galop n’est là, ni pour punir, ni pour humilier. Il est là pour faciliter la vie de ses utilisateurs. C’est au fournisseur de faire l’effort, pas au client.

 

Combien cela coûte-t-il de mettre une photo sur une carte ? Un peu d’argent bien sûr, un peu de temps aussi. Mais pouvez-vous mesurer la différence que constitue l’effort fourni pour produire et offrir une carte avec sa photographie à chaque membre d’une écurie de groupe par rapport au sentiment positif d’appartenance que cela procure à son propriétaire ? Il n’y a, selon moi, pas de question à se poser.

 

Enfin, j’aborde le troisième grand défi : celui de la place des courses dans la société civile.

 

Que faire pour que les Français recommencent massivement à s’intéresser aux courses ?

 

La communication a été la grande absente de ces dernières années. On a beaucoup parlé de marketing ; très peu de communication.

 

Ces deux activités étant très différentes, être performant en matière de marketing ne signifie pas être bon en communication. Le marketing façonne le produit, c’est la communication qui en fait un succès. Il faut une patience et une persistance incroyable pour bien communiquer. Il faut être tous les jours sur tous les fronts.

 

Concernant la communication, je vous cite volontairement trois exemples très différents mais aussi importants les uns que les autres :

 

- Notre présence sur les grandes chaînes de télévision au quotidien : à partir du 1er janvier, le Quinté ne sera plus diffusé par France télévision, chaîne nationale. Notre accord n’a pas été reconduit. Nous allons donc être diffusés le week-end et en semaine par L'Équipe 21 et c’est 0,3 % de part d'audience.

 

Cette situation est anormale et très préjudiciable pour les courses. Nous devons repenser notre diffusion en nous rapprochant des opérateurs Internet pour être présents sur les "boxes" mais aussi sur YouTube et Daily Motion qui sont à la recherche de contenus de qualité et qui offrent une visibilité séduisante auprès d'un public beaucoup plus jeune. Pourquoi ne pas envisager également un partenariat fort avec BeIN Sport ?

 

- Les réseaux sociaux : nous devons les accaparer. J’y reviendrai.

 

- La découverte des courses et de l’élevage pour les plus jeunes : il s’agit d’inviter les enfants de toutes les écoles de France pour solliciter leur curiosité. Dans certaines villes comme Chantilly, ce système existe déjà. Vous avez comme moi, vu, en semaine, des enfants sur l’hippodrome des Princes des Condé. Combien d’entre nous aiment les courses, d’abord et avant tout, parce qu’ils y sont allés, enfants ? Nous sommes presque tous dans ce cas. En ouvrant nos portes aux scolaires, en semaine, nous assurons une partie de notre avenir.

 

Mais en matière de communication, un sujet domine : c’est le numérique. Je vais être un peu brutal, pour avoir toute votre attention.

 

Au cours des quatre prochaines années, France Galop pourrait décider de transformer ses courses de plat en courses au trot, de déménager son siège en Allemagne, de faire les transformations les plus délirantes, ce ne serait rien à côté de la mutation numérique majeure que nous nous devons d’effectuer.

 

Le monde du numérique est en évolution constante. Nous vivons actuellement sous l’ère de l’internet mobile qui modifie profondément nos usages et accélère tout : la densité et la rapidité de l’information, le nombre et l’intensité des échanges via l’explosion des réseaux sociaux et surtout le commerce, particulièrement l’achat de services.

 

Le raz de marée des véhicules de tourisme avec chauffeurs comme Uber en est la meilleure illustration. Celui-ci aurait été impossible sans l’internet mobile qui rapproche l’entreprise de service et le consommateur à chaque instant de sa vie.

 

Où en est France Galop ?

- nous avons un site internet qui aurait été à la pointe en 2005, voire en 2000 ;

- nos incursions sur les réseaux sociaux sont timides, insuffisantes et manquent souvent de pertinence ;

- nous sommes en jachère au niveau de l’internet mobile, même si nous avons offert au public des hippodromes, une application mobile les jours de grands prix.

Ces deux derniers volets commencent cependant à nous préoccuper mais cela se limite généralement aux grands prix et aux informations institutionnelles qui n’intéressent pas le grand public.

 

Nous devons rapidement adopter une stratégie numérique globale, en faisant appel aux meilleures entreprises du domaine.

 

Internet fait partie des investissements productifs. Nous avons aujourd’hui entre 10 et 15 ans de retard ; j’en ferai une priorité pour que dans quatre ans, nous soyons à l’heure. Nous devons impérativement progresser dans le numérique pour communiquer avec nos clients et en recruter de nouveaux.

 

Aujourd’hui, vous recevez comme moi un SMS quand un de vos chevaux est engagé et une petite photo s’il gagne… Pourquoi ne pas envoyer au propriétaire la vidéo de son cheval, sur son téléphone portable, quinze minutes après une victoire ?

 

Dans l’internet comme ailleurs, soyons user friendly. Trop souvent, nous sommes encore dans une culture du monopole où l’on répond mais où l’on ne sollicite pas le client final.

 

C’est cela qu’il faut faire évoluer. Car cela peut se révéler décisif pour changer les relations de France Galop avec les professionnels et avec le reste de la société.

 

Lequel d’entre vous, autour de cette table, ne consulte pas son téléphone portable plusieurs fois par jour pour autre chose que téléphoner ou relever ses emails ? Lequel d’entre vous n’a jamais utilisé son téléphone pour consommer un service ou un produit ?

 

Je parlais des meilleures entreprises du domaine sur lesquelles nous pourrons nous appuyer, en matière de communication, de connaissance de nos clients et de e-commerce.

 

Cette stratégie numérique, celle de tous les grands sports, doit naturellement s’appliquer au nouveau Longchamp mais aussi à tous les grands hippodromes parisiens et de régions, que nous devons connecter de la même façon pour en faire des lieux de conquête et de fidélisation d'un nouveau public.

 

Le défi du recul des courses dans la société civile, c’est aussi celui de l’accueil du public sur nos hippodromes.

 

Si nous voulons regarnir nos hippodromes, nous devons réunir le sport et le jeu : le cheval dans sa dimension sportive et le pari hippique.

 

Sur le sport, nous sommes performants. Concernant le pari, il faut en refaire un élément d’animation et de motivation du public.

 

Maintenant que nous avons plusieurs opérateurs en ligne, nous devons leur proposer de participer à l’animation de nos hippodromes, où l’on peut tout à fait jouer en ligne sur son smartphone. Bâtissons un partenariat gagnant-gagnant : les nouveaux opérateurs auront intérêt à faire venir du monde aux courses s’ils ont le droit d’y travailler leur clientèle. La variété de l’offre sera un stimuli important.

 

 

Ensemble, nous avons fait des constats et je vous ai fait plusieurs propositions. Je voudrais maintenant vous dire un mot sur l’évolution nécessaire de la culture du galop français.

 

Nous devons nous ouvrir sur l’extérieur en matière de ressources pour gagner en efficacité, quand il le faut.

 

Le sponsoring est pour nous, aujourd’hui, un élément de faiblesse. Pourquoi ne pas nous associer à des professionnels du métier ? Sortons de la logique de pensée que nous pouvons être performants et efficaces dans tous les métiers.

 

Quand je parle d’une nouvelle culture, je pense aussi à une culture de l’efficacité.

 

Aucun sujet ne doit plus être ouvert, à France Galop, sans une feuille de route précise, des objectifs clairs, des moyens adaptés et un rétro-planning. C’est le modèle de fonctionnement de toutes les entreprises à la recherche de croissance. Nous devons appliquer ces méthodes.

 

Vous êtes tous, autour de cette table, des chefs d’entreprise, des dirigeants, des cadres. Vous savez ce que veut dire « travailler avec son argent ».

 

Il faut introduire les mêmes réflexes aux collaborateurs de France Galop. Il faut les aider à définir des caps clairs et des objectifs précis.

 

Il existe ici aujourd’hui, un grand enjeu de management et vous devez tous y prendre votre part.

 

C’est pourquoi je proposerai, à chacun autour de cette table, d’échanger régulièrement, sur le thème de votre choix, avec les salariés de France Galop. Vous allez beaucoup les aider et vous allez aussi découvrir des choses. Toute la société-mère progressera.

 

Pour organiser notre travail d’élus, je souhaite donner plus de pouvoir au Comité car il est la seule vraie expression de la filière hippique. On ne peut pas se contenter, pour caricaturer, de lui faire élire le président et les instances et de voter le Code des courses. Il doit être plus proactif dans les grandes orientations.

 

Je veux créer des groupes de réflexions thématiques réunissant à chaque fois un nombre réduit de membres du Comité : entre quatre et six seulement. Ce seront de petits groupes dynamiques qui se réuniront pendant une durée courte, deux heures. La première demi-heure sera consacrée à l’exposé du problème par un membre du Conseil d’administration ou par un salarié de France Galop ; l’heure centrale sera pour les questions-réponses et le débat ; la dernière demi-heure pour arbitrer une décision. C’est une méthode qui fonctionne parfaitement dans l’entreprise : elle fonctionnera aussi chez France Galop.

 

Enfin, je veillerai à une consultation systématique des Conseils du plat et de l'obstacle avant toute décision du Conseil d'administration concernant la politique de chaque spécialité.

 

 

Avant de solliciter votre vote, je voudrais vous faire part d’une réflexion plus personnelle, pour moi qui ai connu ici le succès et l’insuccès.

 

Aucun des candidats autour de cette table ne fait de sa victoire une affaire personnelle. Il y a des façons beaucoup plus simples pour flatter un ego que de devenir président ou membre du Comité d’une association comme France Galop.

 

Dans votre cas comme dans le mien, c’est quoi la politique ?

 

C’est donner de son temps, bénévolement, au service de nos idées. S’engager, c’est assumer le fait de prendre des coups, pas toujours mérités.

 

Alors oui, on peut aussi tomber dans la facilité en disant que toutes les promesses sont des mensonges. Mais vous qui êtes autour de cette table, vous le savez aussi bien que moi : quand on fait des propositions, on les porte en conscience parce que l’on pense qu’elles sont bonnes. Quand on est à l’intérieur, comme vous et moi, on sait bien qu’il faut à la fois beaucoup de passion et d’abnégation pour endosser ces responsabilités.

 

La motivation que nous avons à siéger ici, tous ensemble, est tellement loin de la caricature qu’on en fait parfois à l’extérieur.

Nous ne sommes pas venus autour de cette table pour accompagner le déclin des courses françaises mais pour leur donner les moyens de durer et de croître.

 

Pour conclure, je crois que le président de France Galop a trois devoirs :

- d’abord, permettre à tout le monde de vivre, du réclamer au Groupe 1 ;

- ensuite, donner les moyens aux équipes de la société-mère et aux bénévoles des sociétés régionales d’accomplir leurs missions dans de bonnes conditions : l’organisation, la sécurité, la régulation, les allocations ;

- enfin, ouvrir de nouveaux centres de profit, en recrutant de nouveaux propriétaires et en fidélisant les propriétaires actuels, en offrant un meilleur produit aux parieurs, en développant le sponsoring et tout ce que l’on peut vendre autour des courses.

 

Nous sommes tous intéressés à la réussite du galop français.

 

Merci de votre attention. »