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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Mon "carnet de voyage" au darley flying start

Autres informations / 21.12.2015

Mon "carnet de voyage" au darley flying start

DARLEY FLYING START

MON "CARNET DE VOYAGE" AU DARLEY FLYING START

Après une année passée entre l’Irlande, l’Angleterre et les États-Unis, l’Australie marque le début de la deuxième année du programme Darley Flying Start. Fanny Cyprès revient sur les quatre derniers mois passés dans cet incroyable pays.  

C’est au terme d’un long périple que nous posons nos valises à plus de 250 km de Sydney, au milieu de nulle part : bienvenue dans la Hunter Valley, à Scone, la version australienne du Kentucky ou de la Normandie.

Comme lors de nos précédentes destinations, nous sommes chaleureusement accueillis par le haras de Darley, ainsi que tous les prestigieux haras de la région qui nous ouvrent grand leurs portes : Vinery, Segenhoe, Arrowfield, Widden, Yarraman, Coolmore… Les paysages sont vraiment à couper le souffle. Les prairies, qui se comptent en milliers d’hectares, s’intercalent entre les vignes, mais aussi les mines de charbon. Si Darley et Coolmore se mènent une lutte sans merci sur les rings de ventes et les hippodromes, ces deux piliers du monde du pur-sang travaillent main dans la main depuis plusieurs années afin d’empêcher l’ouverture d’un site d’exploitation minière aux portes de leur haras. Ce scénario m’a tout fait rappelé celui de la mise en danger des terres de Nonant-le-Pin …

Outre les mines, les pur-sang cohabitent ici avec des Charolais (décidément, ils me poursuivent), mais aussi, et ce n’est pas un mythe, des kangourous et des serpents ! Nouvel hémisphère donc et nouvelles méthodes d’élevage, car la douceur du climat permet de laisser les chevaux dehors tout au long de l’année. Ainsi, le rituel curage de boxe se transpose ici en ramassage manuel de crottins dans les paddocks ! Les poulinières proches de leur terme sont quant à elles littéralement sous le feu des projecteurs dans les petits paddocks de l’unité de poulinage. Ici, on ne s’embête pas vraiment à manipuler les nouveau-nés avant plusieurs semaines, par contre ils sont dressés dès le plus jeune âge à suivre leur mère, elle-même tenue en longe depuis un quad ! J’ai aussi été fascinée par le mode d’élevage des yearlings que je trouve plutôt ingénieux. Bien qu’ils soient élevés en troupeau dans des prairies gigantesques, un système de petits parcs de contention placés à l’entrée de chaque paddock permet non seulement la manipulation des yearlings en cas de besoin (blessures mineures, maréchalerie), mais surtout cela permet d’avoir un programme de régime diététique adapté à leurs besoins respectifs. 

Sur le plan académique, la phase australienne met l’accent sur le développement de notre style de leadership, grâce à un module de leadership et management des organisations dans l’enceinte de la prestigieuse Université de Sydney. Ah Sydney… des monuments emblématiques, une nature luxuriante, des plages paradisiaques à dix minutes du centre ville, une baie époustouflante… c’est indéniablement une des villes les plus agréables au monde.  Et durant le printemps australien, que ce soit à Sydney ou à Melbourne, les courses sont en pleine effervescence avec pour apogée la mythique semaine du Melbourne Cup à Flemington.

Il faut dire que notre promo est sacrément chanceuse car après avoir assisté au deuxième "Arc" de Trêve (Motivator) et à la Triple couronne d’American Pharoah,  voilà qu’une première femme jockey (Michelle Payne) remporte la "course qui arrête une nation" ! L’engouement pour les chevaux européens s’est réaffirmé cette année lors de la "grande semaine" avec notamment le succès du pensionnaire d’Antoine de Watrigant, Gailo Chop (Deportivo), qui s’est octroyé au courage les Mackinnon Stakes (Gr1). Cette victoire récompense aussi l’homme derrière OTI Racing, Terry Henderson, un supporter de longue date des chevaux européens. Il a contribué de manière significative à mon cheminement professionnel, lors de mon premier passage en Australie deux ans auparavant. Et puis, dans les VRC Oaks (Gr1), la talentueuse Jameka (Myboycharlie) a permis d’offrir une nouvelle victoire de classique à son père Myboycharlie.

Ce séjour en Australie s’est terminé par un stage d’un mois que j’ai eu la chance d’effectuer au Victoria Racing Club, la société organisatrice des courses à Flemington, responsable entre autre du festival du Melbourne Cup. J’ai travaillé au sein de l’équipe de James Ross, manager du développement stratégique des courses. Après une escale mémorable sur le chemin du retour pour assister au Hong Kong Cup, il est temps de recharger les batteries et de faire le plein de gastronomie française avant la prochaine destination : Dubaï !

D’ici là, je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d’année, en vous donnant rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles aventures !