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Philippe augier : « mettre en œuvre des réformes partagées »

Autres informations / 14.12.2015

Philippe augier : « mettre en œuvre des réformes partagées »

PHILIPPE AUGIER : « METTRE EN ŒUVRE DES RÉFORMES PARTAGÉES »

Maire de Deauville, Philippe Augier a annoncé sa candidature à la présidence de France Galop vendredi. Il explique à Jour de Galop les motivations de son engagement.

 

Jour de Galop. – Vous avez officiellement déclaré votre candidature vendredi. Quelles sont les raisons qui vous ont décidé à vous lancer dans ce combat ?

Philippe Augier. – France Galop porte une filière économique et sociale à laquelle j’ai consacré vingt-cinq ans de ma vie et à laquelle je reste très attaché. Cette filière est à la croisée des chemins. Elle a des atouts extraordinaires et une valeur ajoutée considérable par rapport au reste de l’Europe. Mais elle connaît aujourd’hui des difficultés organisationnelles et financières ; elle doit faire face à des enjeux majeurs qu’il faut maîtriser et tout cela dans un monde qui change extraordinairement vite, du fait du développement des nouvelles technologies et de la mondialisation. Il s’agit donc d’assurer sa modernisation ou ce sera le déclin. Personnellement, je n’ai pas senti une offre de candidatures consciente de l’importance de ces enjeux et j’ai donc songé à m’engager.

 

Vous êtes le dernier candidat à vous déclarer. Pourquoi avoir choisi ce timing ?

Je n’y songeais absolument pas. Depuis ma cooptation, nombreux ont été ceux qui sont venus m’encourager à cet engagement. Et avant de leur répondre positivement, j’ai voulu échanger avec tous ceux sans lesquels les évolutions ne peuvent se faire : les ministères, le PMU, le Trot, les propriétaires, les éleveurs, les entraîneurs, Louis Romanet pour l’international… Et j’ai échangé également avec Bertrand Bélinguier pour avoir des éclairages sur son dernier mandat.

 

Et que vous ont dit les personnes que vous avez rencontrées depuis quelques semaines pour évoquer votre candidature ? Quelles sont leurs attentes vis-à-vis de vous ?

J’ai senti chez tous mes interlocuteurs une conscience de la nécessité de réformer en s’appuyant sur nos atouts et une manifestation de confiance compte tenu de ce que j’avais réalisé auparavant, tant dans ma vie professionnelle à l’Agence qu’à la mairie de Deauville. Je pense qu’aujourd’hui, il faut un président tendu vers les réformes à construire avec l’ensemble des acteurs. Il s’agit de fixer des objectifs clairs, une stratégie pour les atteindre et de définir les moyens permettant la mise en œuvre. Je présenterai mardi un projet complet au Comité lors de mon discours de candidature.

 

Votre image est indéfectiblement liée à Deauville et à ses ventes. En souhaitant présider France Galop, vous vous adressez à une base socioprofessionnelle plus large et vous devrez affronter des problèmes plus variés. Quelle vision avez-vous de l’intérêt général ?

Lorsque je dirigeais les ventes de Deauville, j’ai toujours pris en compte l’intérêt général. Je vous rappelle d’ailleurs que j’ai créé les ventes d’octobre pour donner accès aux petits éleveurs aux ventes de Deauville. Cela m’a donné l’occasion de voyager partout en France et de rencontrer les professionnels éleveurs, entraîneurs et propriétaires et donc d’avoir une conscience précise des problèmes variés qui se posent. Il ne peut y avoir de politique efficace sans la prise en compte de l’ensemble de ces intérêts.

 

Vous avez connu du succès à la tête de l’Agence française, qui est une entreprise, et à la tête de la Mairie de Deauville, qui est plus comparable à une association : quels points positifs ou négatifs, dans ces deux contextes très différents, vous inspirent pour diriger France Galop ?

Je pense que France Galop est une association qui doit être dirigée comme une entreprise. J’ai vécu la même chose à la mairie de Deauville que je dirige comme une entreprise, en associant tout le monde au projet. Cela nous a replacés au premier rang des villes de tourisme et j’ai réussi à fédérer tous les acteurs économiques, sociaux et même politiques de la ville.

 

Si vous ne deviez retenir qu’une priorité d’évolution, pour France Galop, laquelle choisiriez-vous ? Ou, pour le dire autrement, quel sera votre premier champ d’action ?

Il n’est pas possible de ne citer qu’une action. Tout est lié : la recette, l’organisation, l’attractivité, le programme, etc. Tout est lié. Et nous allons nous attaquer à tout. J’ai mon plan pour cela. Mais il faut un Conseil d’administration cohérent et engagé, une Direction générale forte et un personnel remotivé. J’ai mon plan pour cela et je le présenterai mardi.

 

Projetons-nous à la journée de mardi. On connaît vos soutiens du côté de Génération Galop et de certains cooptés. Mais il vous faudra plus de voix pour être élu. Comment comptez-vous convaincre les actuels soutiens d’Édouard de Rothschild et de Loïc Malivet de voter pour vous ?

Je ne raisonne pas en termes de clans ou d’alliances. Les deux derniers mandats ont souffert de cela. Nous relancerons France Galop si nous nous unissons derrière un projet, avec une équipe que je présenterai mardi pour le mettre en œuvre.

 

Vous avez effectivement dit que vous annonceriez au Comité les noms de vos vice-présidents et des membres de votre Conseil d’administration. Avez-vous contacté ces personnes ? Et, sans forcément dévoiler des noms, peut-on avoir une idée de ce qui a guidé vos choix ?

Mon premier critère de choix des membres du Conseil d’administration sera celui d’un engagement objectif au service de l’intérêt général, doublé d’une compétence. Je choisirai également des personnes exemptes de chicayas politiques. Parmi ceux auxquels je tiens, certains peuvent voter pour d’autres au premier tour, je leur ai parlé et les ai laissés libres. Ça leur allait bien. Je n’ai promis aucun poste pour des voix, contrairement à certaines pratiques.

 

On sait que l’articulation avec le PMU et avec le Trot sera décisive pour avancer, quelles sont vos relations avec les deux autres grandes composantes de l’Institution des courses ?

J’ai toujours été en lien avec les dirigeants du PMU dans les dernières années : Bertrand Bélinguier, Philippe Germond avec lequel je m’entendais particulièrement bien, et Xavier Hürstel qui poursuit une politique très dynamique. J’apprécie aussi Denis Banizette, élément clé du problème des retraites. Quant au trot, j’ai toujours dialogué très facilement avec ses dirigeants. Je vous rappelle que j’en connais bien les problématiques, ayant osé créer l’Agence française du trot à Deauville. Et je crois que nous ne pouvons rien faire de fondamental les uns sans les autres, même s’il faut parfois savoir résister à des exigences qui pourraient s’appuyer sur certaines de nos faiblesses. Pour bien dialoguer, il faut être fort.

 

Un mot pour conclure ?

Je pense que l’on peut réformer et relancer France Galop dans sa structure actuelle. Mais il n’y a pas de grande réforme sans concertation en amont des décisions. Et sans pédagogie en aval. Mes premiers pas consisteront à rencontrer tout le monde : direction générale, personnel, PMU, Trot, Ministres et à faire le tour des régions dans le premier trimestre 2016. C’est un engagement. Je veux échanger avec tous pour connaître la totale réalité de la situation afin de mettre en œuvre des réformes partagées.