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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

patricia butel : « nous sommes peu nombreuses à entraîner des sauteurs et c’est une fierté d’avoir remporté ce gr3 »

Autres informations / 12.01.2016

patricia butel : « nous sommes peu nombreuses à entraîner des sauteurs et c’est une fierté d’avoir remporté ce gr3 »

LE MAGAZINE

 PATRICIA BUTEL : « NOUS SOMMES PEU NOMBREUSES À ENTRAÎNER DES SAUTEURS ET C’EST UNE FIERTÉ D’AVOIR REMPORTÉ CE GR3 »

 Les femmes ont pris le pouvoir dimanche sur l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer. Une demi-heure après le succès d’Alexandra Rosa avec Serienschock (Sholokhov) dans la Grande Course de Haies de Cagnes (L), Patricia Butel est devenue la première femme entraîneur à remporter le Grand Prix de la Ville de Nice (Gr3) avec Flavin (Pomellato). La professionnelle mansonnienne est revenue avec nous sur ce succès, sur Flavin, son meeting cagnois, ses espoirs et sa trajectoire dans le monde des courses.

 

Jour de Galop. – Vingt-quatre heures après sa victoire dans le Grand Prix de la Ville de Nice (Gr3), comment se porte Flavin ?

Patricia Butel. – Flavin est rentré à Maisons-Laffitte ce lundi soir. Il a très bien voyagé et a bien pris sa course. Nous verrons comment il sera d’ici quelques jours. Mais c’est un cheval qui n’est jamais raide. Nous n’avons pas encore d’idées précises pour la suite de sa carrière. Dans l’immédiat, il va faire un break car il a couru trois fois durant le meeting. Flavin ne sera donc pas revu avant le printemps. Je ne pense pas qu’il préfère Auteuil ou Enghien. C’est un cheval aussi performant sur chacun de ces deux hippodromes.

 

Vous êtes l’une des rares femmes entraîneurs à avoir gagné un Groupe en obstacle. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je suis fière d’être la première femme entraîneur à gagner le Grand Prix de la Ville de Nice (Gr3), qui est une course importante. Nous sommes peu nombreuses à entraîner des sauteurs et c’est une fierté d’avoir remporté ce Gr3 avec Flavin. C’est l’aboutissement du travail bien fait. C’est une récompense pour les efforts de toute l’équipe, avec mon compagnon Jean-Luc Beaunez qui monte les chevaux et assure lui aussi leur entraînement. En réunissant nos forces, nous réussissons à avoir des résultats. Et puis il faut aussi une part de chance, puisque nous étions nombreux au départ du Grand Prix.

 

Le meeting d’obstacle cagnois s’est terminé le dimanche 10 janvier. Quel bilan faites-vous de votre mois sur la côte d’Azur ?

Notre meeting est en demi-teinte. Certains chevaux nous ont agréablement surpris, d’autres nous ont déçus. Au rang des satisfactions, des chevaux comme Great Alana (Great Pretender), Jazz Poem (Pomellato) ou encore Cross in Hand (Silver Cross) ont répondu présent. Nous savions que nous n’avions pas les mêmes cartouches que les années précédentes. Mais nous avons fini en apothéose avec la victoire de Flavin dans le Grand Prix.

 

En 2015, vous vous êtes distinguée à Auteuil avec deux AQPS : Chicname de Cotte (Nickname) et Bel Canto Valtat (Network). Comment vont-ils ?

Chicname de Cotte a passé quelques jours chez Jean-Jacques Lenouvel, qui l’avait débourré. Il vient de rentrer à l’écurie ce lundi. Vous le reverrez au printemps, peut-être en steeple car il est dressé dans cette discipline.

Quant à Bel Canto Valtat, il a eu du mal à se retrouver après sa chute dans le Prix Daniel Lescalle à Auteuil. Nous avons donc fait l’impasse sur l’automne. Il est parti chez monsieur Powell et doit revenir à l’écurie. C’est un tout bon cheval.

 

Vous entraînez aussi bien des chevaux d’obstacle que de plat. Est-ce un choix ?

Nous n’avons pas beaucoup de chevaux d’obstacle, mais c’est une discipline méticuleuse et gratifiante. C’est un travail de longue haleine. Quand vous gagnez à Auteuil, vous êtes le roi du monde car vous prenez conscience du travail accompli en amont pour arriver à ce résultat. Paradoxalement, j’ai peur lorsque mes chevaux courent en obstacle. Mais lorsque vous gagnez, après avoir amené le cheval au top, c’est quelque chose de fabuleux. Car en obstacle, il y a beaucoup de réglages à faire et il n’y a pas le droit à l’erreur. En plat, c’est différent, car le cheval a de la vitesse ou il ne l’a pas. Le travail aussi est différent dans cette discipline.

 

Depuis combien de temps entraînez-vous des chevaux de la famille Papot ?

Cela fait deux ans que j’ai des chevaux de la famille Papot à l’entraînement. Monsieur Papot m’avait appelé un jour et j’étais surprise car je pensais qu’il ne me connaissait pas. Ils avaient remarqué mes résultats et ils m’ont dit qu’ils aimeraient me confier des chevaux. Voilà comment tout a commencé ! C’est un grand honneur pour moi d’entraîner pour la famille Papot et pour Magalen Bryant, et d’avoir été choisie au milieu de professionnels comme Guy Cherel ou Guillaume Macaire.

 

Comment êtes-vous "tombée" dans le monde des courses ?

J’y suis arrivé par le biais de mon oncle, Maurice Prod’homme. Gamine, je montais à cheval puis suis montée en tant que cavalière, notamment chez Patrick Rago. Un jour, j’ai eu envie d’acheter un cheval et j’ai passé mon permis d’entraîner, que j’ai obtenu en 1989. J’étais secrétaire médicale à Maisons-Laffitte et j’avais des horaires souples, ce qui me permettait de monter le matin et de revenir le soir à l’écurie après le travail. J’ai eu sous ma responsabilité des chevaux comme Zahar (Zayyani), gagnant de Quinté, et Pascalo (True Brave), deuxième du Prix Montgomery (Gr3). Et un beau jour, j’ai décidé de franchir le pas et de devenir entraîneur à plein temps. C’était une décision risquée, compliquée, car je n’avais pas de propriétaires. C’était une aventure osée, mais j’étais et je suis passionnée. Je suis devenue entraîneur public en 2004, toujours à Maisons-Laffitte, où j’ai trente-cinq chevaux à l’entraînement.