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Philippe bouchara : « loïc est gonflé ! c’est moi qui ait eu l’idée de rapprocher les éleveurs et les propriétaires ! »

Autres informations / 26.01.2016

Philippe bouchara : « loïc est gonflé ! c’est moi qui ait eu l’idée de rapprocher les éleveurs et les propriétaires ! »

ACA

 PHILIPPE BOUCHARA : « LOÏC EST GONFLÉ ! C’EST MOI QUI AIT EU L’IDÉE DE RAPPROCHER LES ÉLEVEURS ET LES PROPRIÉTAIRES ! »

Président du Syndicat des propriétaires jusqu’en 2013, Philippe Bouchara réagit aux propos tenus par le président du Syndicat des éleveurs, Loïc Malivet, lors de l’Assemblée générale des éleveurs du Sud-Ouest, samedi à Pau. Loïc Malivet expliquait avoir, à l’époque, « un schéma en tête, avec des personnes à proposer. Philippe Bouchara a commencé à proposer des noms, mais le projet n’a pas avancé. J’ai insisté pendant six mois, puis j’ai posé les mains (...) Il avait envie de le faire, mais après il fallait avoir la volonté. »

 

« Ce n’est ni de la faute de Loïc Malivet, ni de la mienne »

« Après les élections de 2011, nous avons réalisé que les listes qui s’en sortaient le mieux étaient les listes transversales et horizontales. Après en avoir discuté d’abord avec Louis Romanet et Michel Henochsberg, l’idée m’est venue de créer, en France, une force équivalente à l’américaine Toba [Thoroughbred Owners and Breeders Association, qui réunit les propriétaires et les éleveurs dans une et même association, ndlr].

La première personne à laquelle j’en avais parlé à l’époque était Tim Richardson, lequel m’a expliqué que cela était assez compliqué… L’idée était de rassembler le Syndicat des propriétaires et le Syndicat des éleveurs, avec un président chapotant l’ensemble et deux vice-présidents, un pour les propriétaires et un pour les éleveurs. Peu de temps après les élections, j’en ai parlé avec Loïc Malivet, lequel m’a dit que c’était compliqué mais qu’il était possible de créer un pont entre les deux syndicats, une sorte de Comité de trois ou quatre membres. J’ai proposé des noms et, après, les choses n’ont pas avancé, mais ce n’était ni de sa faute ni de la mienne. Nous nous entendions très bien et nous sommes allés ensemble aux élections de 2011. Mais il y a actuellement un problème, car Loïc Malivet ne s’entend pas avec l’actuel président du Syndicat des propriétaires, Patrick Fellous : ils se disent juste bonjour et cela n’est pas idéal pour créer une nouvelle passerelle là où d’autres forces se sont rapprochées. Je pense qu’il est un peu facile de la part de Loïc Malivet d’aller chercher les raisons de son échec dans le passé. Et c’est d’autant plus gonflé que c’est moi qui ait eu l’idée de ce rapprochement ! Ce n’est pas grave d’être battu : il faut réfléchir à la raison de l’échec et repartir de plus belle. Il est important de passer les bons accords. Mais il est un peu énervant d’être désigné comme une cause de l’échec après avoir siégé quatre ans ensemble, d’autant plus qu’il ne s’est rien passé depuis les deux ans où je ne suis plus à la tête du Syndicat des propriétaires. C’est important pour moi de rétablir la vérité. »

 

« Les membres du Comité ne sont pas manipulables »

« J’ai également été choqué par le terme qu’a utilisé Loïc Malivet en parlant des membres du Comité, qu’il décrit comme "manipulables". Ils ne sont pas manipulables. Une élection à France Galop est très complexe, avec les socioprofessionnels, les cooptés et les présidents des sociétés de courses de région. C’est plus simple au trot, où l'on vote pour des personnes individuelles, qu’au galop où il s'agit de listes. Être candidat à la présidence implique des alliances préalables… or Loïc Malivet y est allé quasiment en candidat libre ! Évidemment, lorsque vous appelez un membre du Comité pour lui demander de voter pour vous, il est rare qu’il vous réponde "non". S’il vous dit "peut-être" ou "je vais réfléchir", c’est plutôt mal parti. Quant au "oui", c’est une valeur qui peut évoluer dans le temps. »

 

« Les deux syndicats doivent se renouveler ou bien ils risquent de disparaitre »

« Je suis d’accord avec Loïc Malivet sur le fait qu’il n’y a pas de renouvellement au sein des deux syndicats. Nous y retrouvons toujours un peu les mêmes personnes. Le Syndicat des éleveurs et le Syndicat des propriétaires doivent se remettre en question et trouver une solution pour "s’horizontaliser", sans quoi ils risquent de disparaître. Même le terme de syndicat est un peu passé : aujourd’hui, y compris pour qualifier les syndicats d’entreprise, on parle plus de fédération ou de confédération. Il y a un vrai travail de reconstruction à faire du côté des deux syndicats – qui ont toujours été des partenaires privilégiés – durant les deux années à venir, et ce encore plus du côté du Syndicat des propriétaires. Ils doivent apprendre à négocier, même si je pense que, pour le moment, le Syndicat des propriétaires est trop faible par rapport à celui des éleveurs. Il risque d’être complètement absorbé. Au Syndicat des éleveurs, il y a aussi les éleveurs sans sol, qui font cela par passion et payent des pensions aux haras… ces haras étant eux-mêmes représentés par le Syndicat des éleveurs.

En 2016, les deux grands syndicats professionnels doivent travailler autour de ces thèmes : créer des passerelles ? (R)assembler ? Fusionner ? Ou créer autre chose ? »