Gianluca bietolini se plaît en france

Autres informations / 11.02.2016

Gianluca bietolini se plaît en france

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 GIANLUCA BIETOLINI SE PLAÎT EN FRANCE

Photo Gianluca Bietolini

Gianluca Bietolini est désormais un entraîneur français. Le professionnel installé à Maisons-Laffitte vient de terminer sa première saison complète avec une licence française et a reçu un très beau cadeau : « J’ai été contacté par Hervé Barjot qui a décidé de m’envoyer trois chevaux : deux  pouliches de 3ans, Proudofyou (Tizway) et l’inédite Mondelice (Montjeu), plus une de 2ans par Redoute’s Choice. Deux autres sont attendues la semaine prochaine. C’est mon premier propriétaire français et je pense que cette confiance vaut plus que gagner une bonne course. Cela veut dire que mon travail ici est apprécié. Je tiens à remercier monsieur Barjot et ses associés. »

Gianluca Bietolini est également devenu un mansonnien A.O.C. : « Le centre d’entraînement est très beau. Il y a moins de chevaux, donc plus de place pour travailler, qu’à Chantilly par exemple. En plus, Paris est à 20 minutes en RER. Pour moi qui habitais Rome, c’était aussi important de trouver un bon endroit pour travailler ».

Mais nous ne sommes pas là pour parler tourisme. Les résultats de la première saison française de Gianluca Bietolini sont bons. En 2015, il a gagné dix-neuf courses avec à la clé 581.000 euros de gains (primes incluses). C’est presque aussi bien que lors de sa meilleure saison italienne, en 2007. Cette année-là, avec soixante-treize chevaux différents, l’écurie avait gagné 655.000 euros. À ce sujet, l’entraîneur précise : « Et c’était avant le début de la crise du galop italien, quand les allocations étaient encore assez importantes. »

L’aventure mansonienne, qui avait commencé avec six chevaux en septembre 2014, a pris un tournant sérieux : « J’ai trente-cinq chevaux à l’écurie et je pense arriver à quarante dans quelques semaines, dont treize ou quatorze 2ans. Huit sont déjà dans la cour. Sont attendus en avril trois poulains de monsieur Ramsey et j’en ai encore deux au débourrage. En ce moment, il n’y a pas un "très bon" à l’écurie. Le meilleur est Kloud Gate (Astonomer Royal), un 4ans de la Razza della Sila, qui a terminé son année 2015 avec deux places au niveau Listed. Il peut encore progresser. C’est un cheval qui a de la tenue et qui adore le terrain lourd. Il y a un bon programme pour lui en France ».

 

Photo Kloud Gate

 

Gianluca Bietolini a très vite compris comment organiser son travail en France : « Le galop est ici beaucoup plus actif qu’en Italie. Il faut bouger, avoir un peu d’esprit d’initiative. J’ai beaucoup fait tourner mon effectif. Je trouve que c’est bon pour les propriétaires. C’est assez facile de réclamer un cheval honnête, gagner une course puis le revendre. On ne devient pas riche mais quand même, pour un petit propriétaire, c’est agréable de retrouver sur son compte France Galop un peu d’argent supplémentaire. Il s’amuse et il peut réinvestir. Cela manque beaucoup en Italie, où les choses bougent peu. »

L’Italie ne manque vraiment pas à Gianluca, sauf pour le soleil et la cuisine. À ce sujet, il nous a expliqué non sans humour : « Je me suis découvert des talents de cuisinier. Je copie les recettes d’un site italien – GialloZafferano – et je me débrouille pas mal. » Gianluca le Mansonnien ne regrette pas son choix : « Je ne suis ni André Fabre ni Alain de Royer Dupré. Donc je dois m’adapter au système et beaucoup travailler. C’est vrai que le programme français est bien fait et que presque chaque cheval à "sa" course. Mais il faut la dénicher et voyager beaucoup. Une autre chose très importante est de ne pas se tromper de catégorie. Si on vise trop haut il n’y a pas moyen de gagner un rond ! »

L’écurie Bietolini a gagné trois courses en ce début de saison, dont deux avec des 3ans bien nés, comme Normandy Kitten (Kitten’s Joy) qui n’a pas mal couru mardi à Chantilly. Il a fini deuxième d’une "D". Wicked Wink (Distorted Humor) a gagné une "F". L’entraîneur explique : « La semaine prochaine, nous aurons des partants à Cagnes-sur-Mer, à Chantilly mais aussi à Angers et à Mont-de-Marsan. Je pense avoir plusieurs bons engagements. Pour une petite écurie comme la mienne, c’est très important de ne pas se déplacer pour rien. » C’est certainement pour cela qu’il a reçu ses premiers chevaux français…